Vaccination des soignants : réfléchir à deux fois sur le sens de nos missions

mercredi 21 juillet 2021, par Bruno Benque

Alors que des études scientifiques récentes confirment l’efficacité de la vaccination à deux doses contre le Sars-covid-2, l’obligation vaccinale ne fait pas encore l’unanimité, surtout chez les soignants. Pourtant, le conseil d’État vient de valider les dispositions législatives en préparation au gouvernement et l’Académie de Médecine recommande la vaccination de tous les français de plus de 12 ans. Il est donc grand temps que les professionnels paramédicaux, qui sont les plus réticents, réfléchissent à deux fois sur le sens de leurs missions et ne succombent pas aux scandaleux pass sanitaires factices.

Depuis l’allocution que le Président de la République a diffusée le 12 juillet 2021, les commentaires vont bon train dans la communauté soignante.

Le Conseil d’État valide les dispositions gouvernementales du 12 juillet

La montée en charge du variant Delta du virus sars-Covid-2, réputé plus contagieux que les autres formes du même virus, oblige les autorités à une série de nouvelles mesures pour le contrer, notamment l’élargissement du passe sanitaire et le déremboursement des tests PCR et antigéniques de convenance. L’avant-projet de Loi prévoit d’autre part l’isolement obligatoire pour une durée de 10 jours de toute personne trouvée contaminée par le SARS-CoV-2. Les textes législatifs devraient d’ailleurs être publiés très prochainement, le Conseil d’État ayant validé, le 20 juillet 2021, l’ensemble des dispositions prises par le gouvernement dans ce cadre.

Une deadline de vaccination pour les soignants

Mais c’est sur le thème de la vaccination obligatoire que des voix s’élèvent et que des manifestations, plus ou moins improvisées, ont occupé l’espace public depuis une semaine, alors que l’Académie Nationale de Médecine recommande, dans un communiqué du 19 juillet 2021, recommande la vaccination contre la Covid-19 de tous les Français âgés de 12 ans et plus. Si cette disposition reste encore un concept assez flou pour qui ne souhaite pas voyager, se rendre dans des lieux culturels ou se réunir entre amis dans un bar ou un restaurant, elle est très concrète pour les personnels soignants et autres intervenants auprès des personnes vulnérables. Le fait qu’une date, le 15 septembre 2021, ait été annoncée comme deadline leur met un peu de pression, d’autant que les mesures prévues pour les récalcitrants sont pour le moins persuasives.

Les scandaleux faux pass sanitaires

Rappelons s’il en était encore nécessaire que les résultats d’une étude publiée le 14 juillet 2021 dans le Lancet Regional Health Europe montrent que le schéma de vaccination à deux doses confère une protection de 88% contre la souche d’origine du virus, de 86% contre le variant alpha et de 77% contre le variant bêta. Reste à connaître l’impact de la vaccination sur le variant Delta. Dans ce contexte, les soignants ne souhaitant pas être vaccinés restent toutefois très nombreux et certains d’entre eux pourraient, pour contourner la Loi, utiliser de scandaleux faux pass sanitaires qui ont fleuri dès l’annonce du 12 juillet et que l’on peut se procurer contre paiement, bien entendu. Mais s’ils sont encore nombreux, il semble qu’une partie de cette population se soit rangée du côté des « légalistes ».

Les paramédicaux en désaccord majoritaire avec l’obligation vaccinale

Un sondage en ligne réalisé entre le 9 et le 13 juillet 2021 auprès des professionnels de santé inscrits sur Medscape et auquel 1550 personnes ont répondu, révèle que sur les 730 qui exercent en France métropolitaine (473 médecins, et 257 autres professionnels de santé dont 106 infirmiers), 74% soient favorables à l’obligation vaccinale des soignants. Chez les autres soignants, 58% des personnels infirmiers sont contre, un taux qui descend à 36% chez les autres professionnels de santé (non-médecins). les arguments contre cette obligation sont à chercher dans les obstacles à la liberté individuelle, dans le « trop légiférer » ou dans la promotion d’un discours convaincant plutôt que coercitif.

D’autres déclarent avoir des doutes sur la sécurité et l’efficacité des vaccins. Nous les renvoyons donc vers l’étude scientifique citée plus haut et leur rappelons humblement que le sens de leur activité professionnelle est bien la prise en soins des personnes malades, fragiles et/ou vulnérables et qu’à cet égard, ils doivent tout mettre en œuvre pour éviter la propagation du virus Sans-covid-2. Et donc se faire vacciner sur le champ...

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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