Quelques propositions pour une politique sanitaire efficiente

mercredi 8 janvier 2020, par Bruno Benque

Comment peut-on réformer le système de Santé, le moderniser, le rendre plus efficient afin qu’il mette dans de meilleures dispositions les patients et les professionnels ? À partir d’une conférence donnée récemment par Michel Yahiel, un article publié par le Lab LISA émet quelques propositions. La convention médicale et le rôle de la CNAM font partie des choses essentielles à moderniser.

Les politiques sanitaires se succèdent, les nouvelles réformes remplacent les anciennes, mais les problèmes persistent, voire s’accumulent selon le statut de patient ou de professionnel que l’on endosse.

Michel Yahiel donne sa vision des actions à mener sur le système de Santé

Un article récent publié sur le site du Lab LISA traite de ce sujet, en particulier de la manière dont le gouvernement a pris ce dossier en mains en cours de législature alors que ce thème ne figurait que très peu dans les arguments de campagne en 2017. Il est question ici du rôle des collectivités locales, de l’organisation de la présence territoriale des services publics comme sujets d’intérêt majeur d’une bonne réforme du système de Santé. Les auteurs nous renvoient aux derniers États généraux de la médecine spécialisée, organisés par l’UMESPE les 22 et 23 novembre 2019, au cours de laquelle Michel Yahiel, ancien Directeur de France Stratégie et ancien Conseiller social à l’Elysée, a donné sa vision des progrès qu’il restent à faire.

Rajeunir la convention médicale et venir en soutien à la CNAM

Car pour élaborer une bonne politique sanitaire, il faut une stratégie, « au sens fort du terme », ainsi que des outils législatifs, mais pas que... L’orateur écorne en effet la convention médicale, qui règle l’organisation de la « médecine de ville » depuis 1971. « Belle innovation à l’origine. Mais on prendra vite conscience de son obsolescence en songeant à l’évolution des conditions d’exercice entre 1971 et 2019 », remarquent les auteurs de l’article qui, d’autre part, s’interrogent sur la vocation de la CNAM à traiter à la fois le déploiement des processus industriels en matière de systèmes d’information ou de remboursement et la gestion du risque. Si elle se montre armée pour assumer le premier, il semble qu’elle ait besoin de renforts pour optimiser le second.

Le rôle des institutions sanitaire à redéfinir, pour une plus grande efficacité métiers

Ils prônent en effet de faire intervenir également des institutions comme les collectivités locales, les ARS, voire les mastodontes hospitaliers comme l’AP-HP. Le but étant de les faire interagir entre eux et de coordonner leurs actions alors que ces acteurs sont historiquement organisés en silos et suivent des trajectoires souvent singulières voire opposées dans certains cas. Dans ce cadre, « quel rôle pour des administrations centrales nécessairement allégées ? Quel rôle pour une Agence nationale de santé, qui ne soit pas le cumul des difficultés des organisations existantes ? Franchira-t-on jamais le pas d’une action territoriale sous la pleine responsabilité des collectivités locales ? »

Les propositions du Lab LISA revendiquent, sur cette thématique, « une plus grande efficacité métier des administrations, une agence nationale responsable (missionnée, autonome et rendant des comptes) et des collectivités locales pleinement compétentes. » Pour le plus grand bien des patients et des professionnels...

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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