Promouvoir l’éducation thérapeutique au niveau national

mardi 8 décembre 2020, par Bruno Benque

La baisse du taux de prise en charge des patients en oncologie mise en lumière par une récente étude réalisée par Unicancer nous renvoie à la faible culture de nos compatriotes en matière d’éducation thérapeutique. En ce sens, le travail réalisé par Emma Torres, et qui lui a valu d’obtenir la bourse de recherche paramédicale AP-HP, résonne comme un rappel à l’ordre. Elle a en effet conçu un programme transversal dont le but est d’évaluer l’amélioration de l’adhésion des patients au traitement contre la tuberculose. Ce travail pourrait assurément être appliqué sur un champ plus large.

Un communiqué diffusé par l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) le 27 novembre 2020 a annoncé le verdict de la bourse de recherche paramédicale « Parcours de Soins en oncologie ou en maladies infectieuses » élaborée par l’AP-HP, avec le soutien de MSD France et l’appui de la Fondation de l’AP-HP pour la Recherche.

Un travail de recherche paramédicale sur la prise en charge de la tuberculose

Cette bourse de recherche, dotée de 50 000 €, a été décernée à Emma Torres, infirmière à l’hôpital Saint Antoine (AP-HP), pour son projet « Prise en charge infirmière hospitalière et extra-hospitalière de la tuberculose - FOLLOWTUB ». Alors que l’incidence de la tuberculose est de nouveau en augmentation en Ile-de-France, ce travail entre en cohérence avec les tendances épidémiologiques. Et il nous rappelle que le COVID-19, même s’il occupe une part importante de nos préoccupations du moment, n’est pas la seule menace sanitaire à laquelle il faut prêter attention.

Étudier la complétude du traitement contre la tuberculose

Le communiqué AP-HP précise que la « plus forte dynamique a été observée à Paris avec une augmentation de 23,4 % de l’incidence », et qu’un « des enjeux majeurs est l’observance au traitement. En effet, les données de l’INVS (2008-2014) rapportent un pourcentage de traitement mené à son terme dans les tuberculoses pulmonaires de 73,2%. Parmi ces cas, 20,2% avaient une issue potentiellement défavorable, dont 45% perdus de vue, ce qui engendre un risque de rechute et de contagiosité pour l’entourage ». Il y est question ensuite de promotion de l’éducation thérapeutique sur la complétude du traitement, une action à la base de l’étude d’Emma Torres. Elle a initié en effet un programme transversal dont le but est d’évaluer l’amélioration de l’adhésion des patients au traitement.

Une chute du taux de prise en charge des patients en oncologie

Le défaut de complétude des traitements, mais également le report des rendez-vous de consultations ou d’explorations biomédicales est un problème important, aujourd’hui, notamment à cause du risque déclaré des patients de se voir infectés par le virus du COVID-19. Ce phénomène est très marqué en oncologie, comme le montre une nouvelle étude menée par Unicancer. Ce travail objective, entre mars et juillet 2020, une chute de la prise en charge des nouveaux malades de 6,8%, avec un pic à 21% en avril et mai, qui n’a pas été compensé les mois suivants, dans les hôpitaux faisant partie d’Unicancer uniquement. Il en résulte, après extrapolation, un risque de voir se déclarer 1 000 cancers de plus dans un avenir proche, un chiffre qui pourrait monter à 6 000, selon cette enquête, si l’on prend en compte l’ensemble des établissements de Santé.

Promouvoir l’éducation thérapeutique à l’échelle nationale

Nous voyons apparaître donc sous nos yeux un nouveau problème de Santé publique, dont l’origine n’est ni infectieuse ni environnementale, mais culturelle d’une certaine façon. L’éducation thérapeutique doit aujourd’hui se présenter comme un facteur d’amélioration de la prise en charge des patients au niveau national, surtout dans le contexte pandémique actuel, alors que les médias ciblent essentiellement le COVID dans leur couverture quotidienne de l’actualité sanitaire. Ce problème est quelquefois évoqué mais ne provoque pas la même réaction sensationnelle que les hospitalisations dues à la pandémie ou que la prochaine campagne de vaccination, dont on ne connaît pas encore la date de début ni le produit qui sera sélectionné.

Alors oui, le travail d’Emma Torres résonne fort aujourd’hui. Et il pourrait donner des informations importantes s’il élargissait son champ d’action en dehors de la tuberculose...

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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