Prévention du cancer : améliorer l’information sur les facteurs de risques

mardi 8 septembre 2020, par Bruno Benque

Les messages d’information traitant du cancer sont quelque peu brouillés ces derniers temps, du fait de l’omniprésence du COVID-19 dans les médias. Cette tendance est confirmée par un sondage réalisé par Odoxa selon lequel le cancer aurait été éclipsé durant le confinement pour la plupart des français. On y apprend en outre que les messages de prévention contre le cancer doivent être mieux ciblés, la malbouffe et l’inactivité physique n’étant pas encore considérés comme des facteurs de risques majeurs.

Accaparés par la gestion de la pandémie de COVID-19, les établissements de Santé et les centres de soins ont fortement réduit leurs activités les plus fréquentes.

La plupart des messages d’information sur le cancer éclipsés par le confinement

La lutte contre le cancer a ainsi été particulièrement impactée et de nombreux tests de dépistage, d’examens de diagnostic ou de suivi des patients ont été reportés, les patients y regardant à deux fois avant de se déplacer vers les structures de soins qu’ils considéraient, souvent à juste titre, à risque de contagion. La Ligue contre le cancer a estimé que, sur les 400 000 nouveaux cas de cancer détectés chaque année en France, 30 000 malades n’auraient pas été diagnostiqués pendant cette période. Cette information a convaincu l’agence Enderby à commander une enquête à Odoxa au sujet des effets de la crise sanitaire sur l’information des populations sur le cancer.

Cette enquête a été réalisée en ligne les 25 et 26 février 2020 auprès d’un échantillon de 1004 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Elle a mis en lumière, tout d’abord, la disparition des messages de prévention et de sensibilisation sur le cancer, les sondés estimant à 89 % que ces messages d’information sur le cancer ont été éclipsés par le confinement. Ils sont, par ailleurs, 70 % à rapporter que les messages de prévention n’ont toujours pas retrouvé leur visibilité depuis le déconfinement alors que ce taux n’excédait pas 33% avant la crise sanitaire.

La malbouffe et l’inactivité physique trop peu considérés en tant que facteurs de risques

Si l’on cible les tranches d’âges, on s’aperçoit que les moins de 50 ans sont très critiques par rapport à l’information sur le cancer. 42 % d’entre eux s’estiment en effet mal informés et, pour 59 % d’entre eux, on ne parle pas suffisamment de la maladie et, d’autre part, les messages n’ont pas de réel impact sur les comportements et l’hygiène de vie des personnes, pour 56 % alors qu’ils sont bien présent dans le paysage audiovisuel.

Parmi ces facteurs de risques, les Français placent en tête le tabagisme, suivi de près par les pesticides, l’alcool, la pollution et l’exposition au soleil. On constate toutefois que les risques liés à une alimentation déséquilibrée et à une absence d’activité physique ne font toujours pas écho dans leur quotidien, la plupart d’entre eux considérant ces deux thématiques comme mineures pour le risque de cancer. Enderby rappelle dans ce cadre qu’en France, le nombre de nouveaux cas de cancer pouvant être prévenus par une alimentation en lien avec les recommandations sanitaires du ministère de la santé s’élève à 19 000 pour une année, l’inactivité physique ayant généré près de 3 000 nouveaux cas de cancers chez l’adulte en 2015, un chiffre qui risque fortement d’augmenter pour l’année 2020 du fait du confinement du printemps dernier.

Les réseaux sociaux pour atteindre les plus jeunes

Quant aux canaux d’information, ils sont constitués à 62% par les professionnels de Santé, à 55% par les recherches sur Internet et à 20 % par les réseaux sociaux (41 % des 18-24 ans). Et, comme l’on pouvait s’y attendre, les messages prodigués par le Gouvernement (54 %) et les laboratoires pharmaceutiques (47 %) sont accueillis de façon moins confiante que ceux issus des professionnels de santé (89 %) ou des associations de patients (87 %).

L’ensemble de la population s’estime enfin globalement bien informée sur le dépistage (61 %) et sur les facteurs aggravant le risque de cancer (59 %). Mais les chiffres baissent lorsque l’on aborde les questions des traitements (50 %), du vécu d’un patient atteint de cancer (47 %), de la recherche (46 %) ou du rôle des aidants (45 %).

Il est donc grand temps, selon la formule consacrée, de « remettre l’église au centre du village » et de mettre en sourdine le sujet du COVID dans les médias, car s’il est de l’ordre du sensationnel, il n’apporte plus rien aux malades potentiels que ce qu’ils savent déjà, en termes de vivre ensemble et de gestes barrières. Car c’est bien le cancer qui est à combattre en priorité, les messages devant se concentrer tout d’abord sur le comportement et les habitudes de vie des personnes, qui, nous l’avons constaté dans ce sondage, ne sont pas encore bien assimilés en tant que facteurs de risques.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


Partager cet article

TOUT L’ÉQUIPEMENT DES CADRES DE SANTÉ

IDE Collection a regroupé tout le matériel nécessaire au management de vos équipes : livres, revues, fournitures, stylos, tenues, idées cadeaux...

Découvrir nos produits

Vous recrutez ?

Publiez vos annonces, et consultez la cvthèque du site EMPLOI Soignant : des milliers de profils de soignants partout en France.

En savoir plus