Ma Santé 2022 : quelques dispositions relatives au management

mardi 27 novembre 2018, par Bruno Benque

Le management dans les établissements de santé fait l’objet de plusieurs dispositions contenues dans le projet « Ma Santé 2022 ». Anne Beinier, Conseillère technique auprès du Ministère, en a détaillé quelques unes lors de son intervention au cours de la 27ème Journée des cadres de santé organisée par l’ANCIM le 23 novembre 2018. Elle est revenue également sur les changements prévus sur le champ du financement des hospitalisations ou la gestion des urgences notamment.

À l’occasion de la 27ème Journée des cadres de santé organisée le 23 novembre 2018 à Bordeaux, la Conseillère technique de la Ministre Angnès Buzyn, Anne Beinier, était invitée pour évoquer les prochains changements qui devraient intervenir concernant le système de Santé.

Les grandes lignes du projet « Ma Santé 2022 »

Son propos avait pour objet de clarifier notamment les dispositions prises dans le projet « Ma Santé 2022 », la stratégie de transformation en profondeur de l’ensemble du système. Celle-ci, a-t-elle annoncé en préambule, s’intègre dans un vaste processus de 40 mesures traitant également du grand âge et de l’autonomie, du plan d’accès aux soins ou de la prise en charge en psychiatrie notamment. Elle a ainsi décrit les 9 chantiers qui sont mis en place dans le cadre de « Ma Santé 2022 », sur les champs de la régulation des soins non programmés, de la gradation des prises en charge, des GHT, de la pertinence ou du numérique, entre autres. La conseillère a annoncé ensuite qu’une Loi était en préparation pour formaliser l’ensemble de ces dispositions.

De nombreuses dispositions relatives au management dans les établissements de santé

Sur le thème du management et de la reconnaissance des acteurs de ce secteur, elle a mis l’accent sur la réforme des ressources humaines que ce projet comportait, en particulier sur la gestion du changement dans les pratiques, des nouveaux métiers ou des nouveaux fonctionnements en équipe. Elle a également mis en lumière la volonté des tutelles de « redonner du sens aux activités paramédicales afin d’accompagner les professionnels qui s’engagent au quotidien sur la voie d’une meilleure qualité de vie au travail. C’est une priorité », a-t-elle annoncé.

Elle a ensuite argumenté sur la participation probable de représentants des managers au sein des Commissions Médicales d’Établissements (CME) des établissements de Santé. Dans le même ordre d’idées, elle a fait remarquer que les cadres de terrain avaient été associés à la concertation relative aux Communautés de Professionnels Territoriaux de Santé (CPTS). Enfin, sur le thème de l’ouverture de l’hôpital vers la ville, ou dans le cadre des hôpitaux de proximité comme du développement de l’ambulatoire, des cadres de santé coordonnateurs ayant des missions transversales pourraient être créés afin de promouvoir les interactions entre les différents projets en cours au sein des établissements de Santé.

Financement forfaitaire ciblé et gestion des soins non programmés

Sur un plan plus général, elle a évoqué les effets pervers de la tarification à l’activité (T2A), confirmant que des prises en charge ciblées, comme le diabète ou l’insuffisance rénale allaient faire l’objet d’une réforme de financement afin de leur appliquer une enveloppe forfaitaire. Elle a rappelé d’autre part que le groupe de travail sur les hôpitaux de proximité était en train de plancher sur un modèle pertinent dans le but de labelliser 500 ou 600 établissements. Elle est revenue enfin sur la régulation des actes non programmés et des urgences. Une réorientation des urgences de ville a ainsi été décidée, les médecins généralistes participant à ce service étant désormais appelés à exercer jusqu’à 20h pour répondre aux besoins, n’excluant pas de retarder cet horaire jusqu’) 22h.

Ce dernier point a fait réagir quelques participants faisant état d’une responsabilisation à acquérir par les usagers qui encombrent les services d’urgences pour de la « bobologie ». La Conseillère a du, en fin de session, essuyer quelques questions plus ou moins embarrassantes, notamment sur la question du niveau de rémunération des cadres de santé ou sur les problématiques que pourrait engendrer, au sein des services, le management d’infirmiers de pratique avancée aux prérogatives étendues. Mais ceci n’est encore que de la prospective et nous y reviendrons très certainement dans un futur proche…

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


Partager cet article