Ma Santé 2022 : la FHF approuve, mais...

samedi 22 septembre 2018, par Bruno Benque

La Fédération Hospitalière de France (FHF) a réagi de façon plutôt positive aux annonces relatives à la transformation du système de Santé du 18 septembre 2018. Si la réponse à la crise des urgences par la participation de la médecine de ville ou les dispositions relatives à la prévention, notamment, sont appréciées, la Fédération regrette que la douloureuse question budgétaire des hôpitaux n’ait pas été abordée.

Suite aux annonces du Président de la République du 18 septembre 2018, au cours desquelles il présentait les grandes lignes de la transformation du système de Santé guidées par la stratégie « Ma Santé 2022 », les commentaires sont allés bon train chez les acteurs du monde sanitaire.

Le Président Valletoux apprécie « le discours de responsabilité adressé à tous les professionnels »

Dans ce contexte, la Fédération Hospitalière de France (FHF) y est allée de son communiqué, dans lequel elle affirme que les dispositions prises pour améliorer le système de Santé sont une reconnaissance de la pertinence de plusieurs de ses propositions. La Fédération souhaitait en effet une réforme globale et systémique, faisant collaborer toutes les composantes du secteur, développant la gradation des soins et favorisant leur pertinence et leur qualité. C’était en tout cas le sens du propos du Président Frédéric Valletoux, interrogé après ces annonces : « Le constat posé par le Président de la République sur le système de santé rejoint nos analyses : l’hôpital, à qui on a demandé trop d’économies, souffre des dysfonctionnements du système de santé, par exemple sur la question des urgences…il faut apprécier le discours de responsabilité adressé à l’ensemble des professionnels, privés comme publics. C’est la volonté de remettre l’hôpital à sa juste place, au cœur du système, dans une approche territoriale qui privilégie les coopérations avec tous les acteurs. »

Répondre à la crise des urgences par la réorganisation de la médecine de ville

Au premier rang des évolutions attendues, on trouve bien évidemment la réorganisation de la médecine de ville et de la réhabilitation de sa mission de premier recours afin de tenter d’endiguer la crise des services d’urgences. Si ces derniers croulent sous le nombre de passages de patients souffrant de « bobologie », c’est en partie parce que la notion de médecin de famille s’est perdue dans les méandres de l’Histoire et que la solution privilégiée s’est déplacée vers l’hôpital.
Mais c’est aussi parce que les dispositifs de prévention ne font pas l’objet d’une promotion suffisante et que les soins spécifiques ne sont pas dimensionnés en fonction des besoins territoriaux. Sur ces points également, le Ministère et la FHF sont sur la même longueur d’onde, les expérimentations lancées sur cinq territoires et obéissant à cette approche populationnelle en attestent.

Pas assez de médecins rattachés à l’hôpital, selon la FHF

Dans ce cadre, les annonces proposant le développement des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) et la promotion de l’exercice partagé ville/hôpital, illustrée par le possible financement de médecins généralistes rattachés aux hôpitaux faisaient partie des propositions de la FHF, même si celle-ci souhaiterait aller au delà des 400 postes envisagés par le Ministère. Elle sera, sur ce point, vigilante, espérant un dimensionnement de cette mesure plus large. Comme elle le sera d’ailleurs sur certains autres points particuliers tels le financement de l’activité, des tarifs et de l’investissement hospitaliers ou le fonctionnement des structures médico-sociales et l’amélioration des conditions de travail de ses personnels.

La douloureuse question budgétaire des hôpitaux

Si la FHF se félicite de voir que ces points ont été pris en compte par le Ministère, elle reste sur sa faim concernant plusieurs autres évolutions dont elle aurait souhaité la prise en compte. Pour le Président Valletoux, « cette réforme manque encore de moyens et d’une véritable ambition pour l’hôpital ». La question budgétaire hospitalière n’est, selon la FHF, pas réglée, loin de là, dans une conjoncture qui contraint les établissements de Santé publics à toujours plus d’économie, 960 millions d’euros rien que pour l’année 2018. Et la Fédération de rappeler les nouveaux objectif sur la masse salariale à l’horizon 2020 (-1,2 milliard d’euros) alors que les tensions financières s’aggravent sous le coup, notamment, de certaines baisses tarifaires. Enfin, ce sont notamment le mille-feuille bureaucratique et le rôle des ARS qui sont montrés du doigt et qui n’ont pas fait l’objet, dans cette nouvelle réforme, des améliorations attendues.

« Agnès Buzyn s’est toujours engagée à ce que la réforme soit accompagnée financièrement, conclut Frédéric Valletoux. Inscrire des perspectives de long terme est nécessaire mais ne doit pas faire oublier que c’est aujourd’hui que les hôpitaux et structures médico-sociales vivent d’extrêmes tensions. »

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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