Les CHU prêts à s’intégrer davantage dans les parcours de soins

mercredi 12 décembre 2012, par APM-International

Les 32 centres hospitaliers régionaux et universitaires (CHR-U) ont la volonté d’aller sur la voie d’un plus grand décloisonnement de leurs établissements, tant en externe qu’en interne, et de s’intégrer davantage dans les parcours de soins, ont annoncé leurs représentants lors de la clôture des 13èmes Assises hospitalo-universitaires à Bordeaux début décembre 2012.

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A la fin de leur congrès qui s’est tenu sur le thème « nouveau patient, nouveau CHU », les trois conférences des directeurs généraux, des présidents des commissions médicales d’établissement (CME) de CHU et des doyens des facultés de médecine ont présenté 15 propositions destinées à adapter les CHU à leur nouvel environnement et à « changer de paradigme ».

Il s’agit de faire évoluer les CHU « dans un monde qui bouge beaucoup » tout en « conservant notre excellence sans faire de conservatisme », a résumé le président de la conférence des directeurs généraux, Alain Hériaud (CHU de Bordeaux), lors d’une conférence de presse.

Le CHU doit garder son rôle de « promoteur de la médecine française » et de « pilote » de la formation et de la recherche. Mais il peut évoluer sur des décloisonnements en externe et en interne, a ajouté le président de la conférence des présidents de CME, Guy Moulin (CHU de Marseille).

Le rôle du CHU est d’être au service du patient, de former les futurs médecins et d’effectuer de la recherche, a rappelé le Pr Dominique Perrotin (faculté de médecine de Tours), président de la conférence des doyens, en se disant « un peu agacé » par l’évocation permanente du problème des dépassements d’honoraires qui concerne au final peu de médecins hospitaliers.

Dans un contexte de développement des maladies chroniques et de vieillissement de la population, les CHU souhaitent ainsi « penser parcours de soins », c’est-à-dire « participer à leur juste place à la coordination de l’ensemble en créant un comité de liaison ville/hôpital et en enrichissant les liens avec la médecine de ville, y compris en matière de recherche ».

Ils entendent aussi inscrire le parcours de santé des personnes âgées en risque de perte d’autonomie parmi les priorités de leur projet d’établissement, et créer des pôles gériatriques dans les CHU où ils n’existent pas encore.

Ils comptent par ailleurs poursuivre la création de maisons médicales de garde à proximité des urgences de CHU, en associant médecine de ville, hôpital et université.

Alors que les CHU font face chaque année à une hausse des passages dans leurs services d’urgences (4 millions en 2011), ces maisons médicales de garde (MMG) qui prennent en charge des pathologies de premier recours non graves sont un moyen d’améliorer le fonctionnement des structures d’urgence hospitalières, ont estimé des congressistes lors de la présentation de la MMG du CHU de Bordeaux.

En associant l’université, il y a aussi l’idée que ces maisons puissent servir de terrains de stage de médecine générale pour les étudiants en médecine de deuxième cycle et pour les internes de médecine générale, ont-ils expliqué.

Les maisons médicales de garde sont à différencier des maisons de santé pluriprofessionnelles qui sont souvent créées à l’initiative des élus locaux avec l’aide des collectivités territoriales et des agences régionales de santé (ARS), pour lutter contre la désertification médicale, a souligné le Pr Perrotin, lors de la conférence. Seule celle de Coulommiers (Seine-et-Marne) a pour le moment un label universitaire, a-t-il précisé.

Parmi leurs autres propositions, les dirigeants des CHU affirment également la volonté de coopérer davantage avec les centres hospitaliers et les établissements du secteur médico-social.

De même, l’intensification des coopérations entre CHU pour des activités ultraspécialisées et les maladies rares est « nécessaire », a ajouté le Pr Perrotin en soulignant que certaines de ces activités, comme les greffes cardiaques, ne peuvent être réalisées « partout ».

Les dirigeants des CHU souhaitent resserrer les liens entre les CHU et les autres acteurs de santé pour atteindre des objectifs « plus ambitieux » en matière d’enseignement et de recherche.

S’agissant de la formation, ils souhaitent introduire dans la formation initiale des médecins, des compétences « génériques » sur le travail en réseau, les coopérations, la prévention ou encore l’éthique.
 

Développer davantage l’ambulatoire

Plusieurs autres propositions concernent l’organisation interne. Les CHU étant en retard dans le domaine de la chirurgie ambulatoire (23% des actes chirurgicaux), malgré une progression de 10% en 2011 par rapport à 2010, leurs dirigeants veulent promouvoir ce mode de prise en charge et réserver l’hospitalisation à temps complet aux situations les plus lourdes, notamment dans le cadre des missions de recours des CHU.

Il n’existe pas de réticences au développement de la chirurgie ambulatoire au sein des CHU, a assuré Guy Moulin. Mais il leur sera difficile d’atteindre un taux de 80% car leur rôle est aussi de prendre en charge des cas lourds, a-t-il observé.

Les dirigeants hospitalo-universitaires souhaitent aussi développer la conception de plateformes d’expertises pluridisciplinaires, prolongeant ainsi et renforçant la dynamique actuelle de regroupement des plateaux techniques.

Engagé dans une telle démarche, le CHU de Toulouse a ainsi développé une plate-forme d’évaluation de la fragilité des personnes âgées qui travaille étroitement avec les médecins de ville et a un projet de centre d’imagerie cardiaque, ont expliqué ses représentants lors du congrès.

Le centre d’imagerie cardiaque ne vise pas à regrouper physiquement l’ensemble des techniques d’imagerie cardiaque. Il consiste à faire en sorte que chaque discipline concernée (cardiologie, radiologie et médecine nucléaire) désigne des référents imagerie cardiaque, formés et titulaire du diplôme (DIU) de cette activité afin de créer une « surspécialité » et de permettre une discussion pluridisciplinaire sur des dossiers complexes, a précisé le Dr Martine Servat, chef de projet au CHU de Toulouse, lors des assises.
 

Un déficit de 300 milions prévu en 2012

« Conscients » qu’ils évoluent dans un contexte difficile financièrement, les CHU devront aussi poursuivre la réduction de leur déficit tout en veillant à ne pas « dégrader la qualité des soins », a indiqué Alain Hériaud, interrogé sur cette question.

Il a précisé que les CHU tablaient pour 2012 sur un déficit prévisionnel de 300 millions d’euros, après un déficit de 323 millions en 2011, soit 1,3% des recettes du budget principal.

Jusqu’à présent, les économies ont été recherchées sur les dépenses techniques ou logistiques, en évitant de toucher « au coeur de métier » des CHU. « Maintenant nous touchons à nos forces vives, c’est-à-dire aux ressources humaines, et sommes contraints de réduire les effectifs », a-t-il souligné.

Même si elles sont toujours « douloureuses », les restructurations doivent avoir « du sens », notamment un sens « hospitalo-universitaire » pour être mieux acceptées, a estimé le Pr Moulin.

san/ab/APM polsan
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