Les arguments anti-vaccination démontés un par un

vendredi 13 août 2021, par Bruno Benque

Alors que la constatation bat son plein sur le thème de l’obligation vaccinale, des arguments plus ou moins recevables sont martelés pour argumenter les motivation de ces irréductibles gaulois. Le Pr Judith Mueller démonte, point par point, l’ensemble de ces théories et croyances dans un texte publié dans le web magazine « The Conversation ». Morceaux choisis...

Depuis la déclaration du Président de la République, le 12 juillet 2021, qui sonnait comme les prémices de la Loi n °2021-1040 du 5 août 2021, l’obligation de se faire vacciner passe mal dans une frange de la population.

Théories et croyances des briseurs de campagne anti-Covid

Ces irréductibles gaulois, parmi lesquels quelques soignants encore trop nombreux pour les passer sous silence, émettent toutes sortes de théories, font part à qui veut bien les entendre de leurs croyances, issues pour la plupart de pseudo-scientifiques utilisant la caisse de résonance permise par les réseaux sociaux, pour argumenter leur refus de la vaccination, et par là même se posent en briseurs de campagne anti-Covid, alors que les nouveaux variants ne nous permettent pas d’entrevoir ne serait-ce que le début de la fin de la crise sanitaire.

Ceux-là devraient de toute urgence lire l’article élaboré par le Pr Judith Mueller, médecin épidémiologiste, professeur à l’École des hautes études en santé publique (EHESP) et chercheur à l’Institut Pasteur, dans le web magazine « The Conversation ». Elle reprend un par un les arguments des militants anti pass sanitaire et plus particulièrement anti-vaccination et y répond avec des arguments irréfutables.

Doutes sur le contenu des molécules injectées ainsi que sur les effets secondaires

À ceux qui pensent que la technologie des vaccins à ARN messager (ARNm) est trop récente, elle rétorque tout d’abord que cette technologie est développée depuis plus de vingt ans pour lutter contre d’autres maladies infectieuses et que l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM), a été accordée de manière plus rapide que pour toute autre molécule car l’Agence nationale de la sécurité des médicaments (ANSM) a reporté des étapes de contrôle secondaires pour répondre à l’urgence. Elle a pu ainsi étudier les résultats des étapes d’évaluation des vaccins candidats contre la Covid-19 au fur et à mesure de leur obtention par les laboratoires.

Certains récalcitrants estiment que l’on manque de recul pour être certain de ne pas faire l’objet d’effets secondaires et, pour certains autres, que l’on ne sait pas ce que contient le vaccin. Ceux-là sont-ils certains, lorsqu’il leur a été inoculé le BCG dans leur enfance, d’avoir reçu une information précise sur la molécule que ce vaccin contenait ? Lorsque l’on a injecté obligatoirement à partir de 1964 le vaccin contre la poliomyélite, avions-nous assez de recul sur ses effets alors qu’il avait été découvert seulement dix ans auparavant ? Mais pour revenir au vaccin anti-Covid et l’hypothétique manque de recul, le Pr Judith Mueller remarque dans son article que des centaines de millions d’adultes ont été vaccinés depuis six mois, ce qui permet d’en tirer un profil de sécurité pertinent. Quant au contenu des vaccins ARNm, elle peut être consultée par tout public.

Un impact réel de la vaccination sur les taux de transmission du virus

À l’argument selon lequel des personnes vaccinées peuvent tomber malades de la Covid elle répond qu’en effet les vaccins ne protègent pas à 100 %, mais aux environs de 80 % selon le variant du virus SARS-CoV-2 considéré, mais cela est extrêmement bénéfique pour réduire significativement les formes graves de la maladie et par conséquent diminuer d’autant les tensions dans les services soins intensifs. De la même façon, au sujet de l’efficacité des vaccins pour limiter la transmission du virus, elle renvoie les contestataires aux travaux qui suggèrent qu’une personne vaccinée avec un vaccin ARNm mais infectée transmet deux fois moins qu’une personne non-vaccinée ainsi qu’à l’étude qui montre une réduction de 80 % le risque d’infecter son entourage du variant Delta en se faisant vacciner.

Pour répondre enfin aux irréductibles qui prétendent que les gestes barrières suffisent, qui souhaitent rester maîtres de leur corps et garder leur liberté de décision, ou pire, qui préfèrent attendre et voir ce qui se passe, écoutons les mots du Pr Mueller : « Ce qui va se passer, c’est que les potentiel 20 % d’adultes non-vaccinés pas encore infectés vont l’être cet automne-hiver, avec la probabilité connue d’admission en réanimation et de décès. Le variant Delta étant trois fois plus infectieux que la souche originale, sa propagation pourra être aussi rapide qu’au printemps 2020, même avec 80 % des adultes vaccinés. C’est moins inquiétant pour les plus jeunes, davantage pour les plus de 40-50 ans… Les services de réanimation seront de nouveau en surcharge, avec un nombre quotidien de décès en augmentation. »

À bon entendeur, salut !

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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