La téléconsultation a acquis une bonne image mais...

mardi 11 février 2020, par Bruno Benque

Les français ne reçoivent globalement qu’une information partielle sur la téléconsultation. C’est ce qui ressort de la nouvelle enquête Harris Interactive sur ce thème, une étude où les jeunes, les personnes aisées et les franciliens apparaissent comme les principaux promoteurs de cette pratique. Si l’image de la téléconsultation est en nette amélioration, le déremboursement constituerait un frein significatif à son développement.

Après une première étude en 2019, Harris Interactive a réalisé une nouvelle vague de son baromètre visant à mieux comprendre la perception qu’ont les Français de la pratique de la téléconsultation.

Une information sur la téléconsultation encore partielle pour la majorité des français

Depuis janvier 2019, la consultation médicale est davantage présente à l’esprit des Français, avec un taux de 92% déclarant en avoir déjà entendu parler et une progression de 9 points pour la connaissance de la pratique de la téléconsultation. La plupart d’entre eux font de la téléconsultation une ressource collective pour les lieux où les médecins manquent, comme les déserts médicaux. Mais, revers de la médaille, la majorité des Français (54%) se sent toujours globalement mal informée à son sujet, un taux en recul de 8 points par rapport à l’an dernier. Les français savent notamment que les téléconsultations sont réalisées par des médecins diplômés et agréés par l’Ordre des Médecins (89%, +5 points), permettent d’obtenir une ordonnance (76%, +6 points) ou qu’elles sont remboursables par la Sécurité sociale (78%, +5 points).

Un plébiscite chez les jeunes, les plus aisés et les franciliens

Mais dans la pratique, l’information n’est pas complète. 61% d’entre eux en effet pensent savoir qu’elle est réalisée au même tarif qu’une consultation classique et 54% seulement estiment qu’elle permet d’obtenir un rendez-vous à n’importe quel moment de la journée ou de la nuit. Dans le même ordre d’idées, 42% des personnes sondées estiment qu’une téléconsultation peut avoir la même valeur qu’une téléconsultation classique. Cela ne les empêche pas de se déclarer favorables au développement de la téléconsultation en France (68%, +5 points), notamment chez les plus jeunes (78% des moins de 35 ans), les Français les plus aisés (73%) ou ceux habitant en région parisienne (75%).

Un accès plus facile au médecin et un désengordement des urgences

La téléconsultation est d’autre part perçue comme remède à certaines difficultés du système de santé (63%, +3 points) et comme une assurance d’un accès plus facile aux médecins (83%), en permettant de désengorger les services d’urgence (77%, + 5 points) et en luttant contre les déserts médicaux (78%, +5 points). Fait remarquable cette anée, le milieu rural fait plus confiance en la téléconsultation (74%, + 9 points) qui garde globalement une bonne image et une crédibilité significatives au sein de la population. Du coup, 58% des personnes interrogées déclarent qu’ils pourraient y recourir (+6 points), principalement, et sans surprise, les plus jeunes (69%), les Français les plus aisés (67%), les habitants de région parisienne (66%), auxquels il faut ajouter les parents (66%) ou les Français qui ont l’habitude de changer de médecin (75%).

Le déremboursement apparaîtrait comme un frein important

Dès lors, près de 9 Français sur 10 pourraient envisager un recours à la téléconsultation (88%, + 3 points) dans au moins un cas de figure comme le renouvellement d’une ordonnance, l’éloignement ou pour demander un conseil médical. Quant à remplacer la consultation physique en l’absence de leur médecin traitant, ils sont 57% à déclarer qu’ils préfèrent consulter un autre médecin généraliste à son cabinet. Parmi les principaux leviers permettant d’encourager les Français à téléconsulter, on trouve en premier lieu la perspective de gagner du temps et de ne pas se déplacer (30%), particulièrement chez les jeunes et les cadres ou professions libérales. À l’inverse, 19% des Français ne s’estiment sensibles à aucun des arguments en faveur de la téléconsultation (25% chez les 50 ans et plus).

Parmi les freins, on trouve l’impossibilité de se faire ausculter par le médecin (50%), d’avoir un contact direct avec leur praticien (36%) ou la crainte d’être moins bien pris en charge qu’avec une consultation classique (30%), mais pas de contrainte technique à part entière, l’outil numérique semblant être maîtrisé. Mais un frein majeur pourrait enrayer le recours à la téléconsultation, l’arrêt du remboursement par la Sécurité sociale.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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