La gestion de la crise sanitaire par l’OMS évaluée par un comité international

jeudi 11 juin 2020, par Organisation Mondiale de la Santé

Sévèrement critiquée par Donald Trump pour sa gestion de la pandémie de COVID-19, l’organisation Mondiale de la Santé (OMS) a fait l’objet d’un rapport d’évaluation d’un panel de personnalités sanitaires. Ce rapport a été présenté lors de la 73ème World Health Assembly. Il remet notamment en question les interactions entre les États membres et l’OMS et suggère de réviser l’application des règles et principes internationaux existants.

La 73e World Health Assembly (WHA) s’est conclue le 19 mai 2020 avec l’adoption par ses délégués d’une résolution historique COVID-19 co-parrainée par plus de 130 pays.

Une assemblée de Ministres de la Santé et de chefs d’États de 14 pays

La résolution appelle à intensifier les efforts pour contenir la pandémie, la disponibilité de toutes les technologies et produits de santé essentiels, et une évaluation indépendante de la réponse mondiale à la pandémie, y compris les performances de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette initiative s’inscrit dans le contexte de la Maison Blanche accusant l’OMS de ne pas avoir agi assez rapidement pour contenir la propagation de l’épidémie de COVID-19. Le président américain Donald Trump a fixé un délai de 30 jours à l’OMS pour effectuer des réformes importantes ou risquer de perdre des fonds.

La WHA a réuni des ministres de la santé de la majorité des pays, 14 chefs d’État participant aux séances d’ouverture et de clôture. Leur message était clair : le monde a besoin de l’unité mondiale pour vaincre la pandémie, et cela s’est manifesté dans la résolution. « La résolution établit une feuille de route claire des activités et actions essentielles qui doivent être prises pour soutenir et accélérer la riposte aux niveaux national et international, a déclaré le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. Si elle est mise en œuvre, cela garantirait une réponse plus cohérente, coordonnée et plus juste qui sauverait des vies et des moyens de subsistance. »

Un rapport intermédiaire sur la réponse COVID-19 de l’OMS

Peu de temps avant la réunion de la HWA, un rapport intermédiaire sur la réponse de l’OMS aux urgences sanitaires de janvier à avril avait été publié par le Comité consultatif indépendant de surveillance (IOAC), dirigé par une ancienne directrice générale du Département britannique de la santé, Felicity Harvey, ainsi que six autres personnalités sanitaires de haut niveau. dirigeants ou conseillers du Japon, du Canada, du Liban, de l’Inde, de l’Afrique du Sud et des États-Unis. Il est toutefois souligné qu’il ne s’agit pas « d’une évaluation complète de la réponse de l’OMS au COVID-19 », mais plutôt d’une « compilation d’observations » des structures et des processus mis en place par l’OMS dans le contexte de la pandémie de COVID-19.

Ce rapport remet notamment en question les interactions entre les États membres et l’OMS et suggère de réviser l’application des règles et principes internationaux existants. Par exemple, l’IOAC :

  • Demande si les États membres considèrent la déclaration de la PHEIC [Urgence de santé publique de portée internationale] comme un déclencheur suffisamment clair pour agir ;
  • Souligne l’incohérence de la communication des données entre les États membres ;
  • Constate des contradictions entre les recommandations de l’OMS sur les voyages et les mesures restrictives effectivement mises en œuvre ;
  • Souligne que les paramètres existants pour la préparation nationale et internationale à la santé publique ne reflètent pas la complexité de la réponse à la pandémie nécessaire ;
  • Souligne que de nombreux États membres n’ont pas mis en œuvre les mesures nécessaires à temps.

Le financement des opérations portées par l’OMS en question

Un autre problème majeur mis en évidence dans le rapport est l’insuffisance du financement des programmes de l’OMS, sa proportion importante étant réservée aux contributions volontaires. L’IOAC recommande aux États membres de réviser le cadre actuel. Dans le même temps, compte tenu de l’intention du président Trump de suspendre définitivement le financement, l’agence des Nations Unies « cherche à résoudre ces problèmes de financement », a déclaré le Dr Tedros.

L’une des recommandations de l’IOAC se concentre sur la nécessité « d’une approche multilatérale pour gérer la réglementation mondiale et l’accès aux vaccins dès qu’ils sont disponibles et aux traitements ». Le rapport suggère que l’OMS encourage la mise en place d’un mécanisme de gouvernance multilatéral approprié pour garantir que cet objectif soit atteint.

L’évaluation des performances de l’OMS est bien accueillie par le CIOA, mais comme « la santé mondiale est une responsabilité partagée et que les États Membres doivent jouer leur rôle », la portée d’une telle évaluation « devrait couvrir à la fois les actions des États Membres et celles du Secrétariat de l’OMS ». Le comité estime toutefois qu’un tel examen devrait être effectué en temps opportun, car il pourrait actuellement nuire à la capacité de l’OMS de réagir efficacement à la pandémie. Un tel examen a également été mandaté par une résolution dirigée par l’Union européenne sur la réponse COVID-19.

Organisation mondiale de la Santé
Morceaux choisis, traduits de l’anglais


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