L’ostéopathie à l’étude pour la prévention des troubles musculo-squelettiques

lundi 8 janvier 2018, par Bruno Benque

À côté des risques psychosociaux, les troubles musculo-squelettiques font l’objet d’une attention soutenue de la part des tutelles. L’ostéopathie pourrait figurer parmi les outils de référence pour la prévention de ces troubles. C’est en tout cas ce que Matthieu Petit avance dans une série d’articles publiés dans www.managersante.com.

Selon les domaines d’activité ou les rythmes de travail auxquels ils sont soumis, les personnels soignants sont touchés à des degrés divers par les troubles musculo-squelettiques (TMS).

Les personnels soignants des EHPAD durement touchés par les TMS

Au même titre que les risques psycho-sociaux, ils sont à la résultante d’une charge de travail trop importante et sont responsables de nombre d’arrêts de travail. Nous relations dans nos colonnes la situation d’une majorité des infirmiers et aides-soignants exerçant en EHPAD qui sont impliqués au premier chef par ces pathologies. Des actions de prévention sont mises en place pour eux, illustrées par des formations dispensées par des ergonomes ou par l’installation de dispositifs d’aide à la mobilisation des patients dépendants.

L’ostéopathie pour prévenir les TMS ?

Mais l’ostéopathie ne serait-elle pas, elle aussi, indiquée pour prévenir les TMS ? Matthieu Petit, Ostéopathe Diplômé de l’Institut Supérieur d’Ostéopathie de Lille et Intervenant pour la Prévention des Risques Professionnels, répond par l’affirmative. Il explique, dans une série d’articles publiés dans www.managersante.com, que les douleurs pouvant survenir dans les périodes de surcharge de travail sont la résultante des gestes répétitifs effectués avec une force musculaire sous-maximale et sollicitant un seul contingent de fibres musculaires jusqu’à saturation. Les TMS s’accompagnent, ajoute-t-il, de perturbations des processus de régulation, avec interaction des mécanismes intramusculaires et des mécanismes impliquant le système nerveux, qui font perdurer les symptômes au delà de l’exposition aux facteurs de risques..

Une étude à grande échelle en cours sur les personnels soignants

L’ostéopathie semble donc toute indiquée pour prévenir et palier aux TMS des soignants. Pour nous en convaincre, Matthieu Petit décrit les résultats d’un mémoire de fin d’études réalisé par des étudiants de 5e année de l’école d’ostéopathie d’Avignon (IFO-GA) destiné d’évaluer l’apport de l’ostéopathie auprès des salariés présentant des douleurs d’origine professionnelle. L’étude proposait deux consultations d’ostéopathie espacées d’un mois sur des patients volontaires accompagnées d’un questionnaire TMS sur les contraintes professionnelles et de l’évaluation de la douleur à l’aide de l’échelle visuelle analogique (EVA). Ce processus appliqué à des salariés de l’agro-alimentaire ayant montré des premiers résultats positifs, il a été étendu de manière plus large aux personnels soignants.

Il utilisera le questionnaire SATIN, élaboré par l’INRS et le laboratoire de psychologie de l’Université de Lorraine en 2012 et qui cible les conditions de travail et la santé, dans le cadre de la promotion du bien-être au travail et de prévention des risques psycho-sociaux. Il permet d’effectuer un diagnostic et aide à la mise en place d’une intervention. Nous suivrons avec attention les résultats de cette nouvelle étude une fois qu’elle aura été appliquée à un grand nombre de professionnels.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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