L’après COVID-19 devra entendre les soignants

lundi 23 mars 2020, par Bruno Benque

La crise sanitaire majeure que nous traversons met en exergue certains dysfonctionnements du système de Santé qui ont souvent été mis sous silence. C’est dans ce contexte que le Lab LISA a élaboré une série de propositions susceptibles de le renforcer et de mieux le préparer à la gestion des urgences sanitaires mais aussi des maladies chroniques. La revalorisation de l’action soignante y tient une part significative. Extraits...

Alors que l’économie mondiale est à l’arrêt dans la logique répercussion du confinement de nombre d’habitants de la planète Terre pour cause de pandémie généralisée, la récession guette l’ensemble des pays, développés ou en voie de l’être.

Favoriser la production locale de produits de Santé de première nécessité

Cette situation entraînera forcément une crise économique majeure à laquelle il faudra bien répondre pour éviter le chaos énoncé. Le Président de la République, dans son discours télévisé du 16 mars 2020, a traité de cette question en affirmant que l’État français injecterait les ressources financières nécessaires à un accompagnement de ses ressortissants, « quoi qu’il en coûte ». Le Laboratoire d’Idées Santé Autonomie (LISA) propose, dans ce cadre, quelques pistes à suivre pour cibler l’intervention de l’État afin d’éviter les dispersions et donner du sens à cette action.

La mondialisation est tout d’abord mise sur la sellette, puisqu’elle contribue à répercuter la crise économique partie de Chine sur l’ensemble du globe. Mais aussi parce qu’elle a entraîné, dans cette situation d’urgence sanitaire, une pénurie de masques de protection, de produits sanitaires ou de médicaments fabriqués à l’étranger. Une des premières mesures consisterait donc à promouvoir les fabrications nationales, voire européennes, pour ces produits de première nécessité.

Revoir les modes de financement des soins et investir massivement sur la télémédecine et la recherche

Concernant l’organisation sanitaire, le lab LISA souhaite, comme le Président de la République l’a évoqué lors de sa campagne électorale, que soit ramenée la T2A à de plus justes proportions, c’est-à-dire à moins de 50 % et que les budgets consacrés aux prises en charge des missions d’intérêt général des hôpitaux, les fameux MIGAC, mais également des éventuelles crises sanitaires, fassent l’objet d’une revalorisation substantielle. Dans le même ordre d’idées, il demande que soit mise en place une vraie coordination ville-hôpital, la seule susceptible de désengorger les services d’urgences des hôpitaux et d’aiguiller de manière pertinente les patients atteints de maladies chroniques.

Il s’agira, d’autre part, de lancer des plans d’investissement pour le développement de la télémédecine et de la e-pharmacie premièrement, pour l’élaboration d’un programme massif de financement de la recherche en santé pour attirer les talents, ou plutôt pour endiguer l’exode de ces derniers ensuite, et enfin pour développer le champ de l’accompagnement médico-social. Il faudra certainement, de plus, revoir les missions et les moyens alloués aux ARS afin de mieux les préparer aux épisodes d’urgence sanitaire, mais aussi « mieux articuler les compétences des acteurs du territoire (l’expertise des CHU et celle des ARS par exemple) et développer la formation en matière de gestion de l’urgence sanitaire et de santé populationnelle ».

Réviser à la hausse la position des soignants dans la gouvernance ainsi que leur rémunération

Mais ce texte fait également la part belle aux soignants. Les professions de santé pour recruter doivent tout d’abord, selon lui, se libérer de la « logique malthusienne » des numerus clausus et des quotas tout en donnant à l’Enseignement supérieur les moyens financiers de conduire les réformes. Il souhaite d’autre part donner une plus grande place aux soignants dans la gouvernance hospitalière, en particulier dans la coordination des parcours de soins intra-hospitalière ou dans les GHT. Nous avons souvent, dans ces colonnes, fustigé la méthodologie de recrutement des étudiants directeurs d’hôpitaux qui ne sont issus que très rarement du domaine soignant et sommes donc tout à fait en phase avec cette demande. Tout comme nous accompagnons avec ferveur le souhait de LISA de réévaluer les rémunérations de début de carrière des soignants afin, notamment, de « créer les conditions de l’attractivité à l’hôpital, dans les EHPAD et dans les nouvelles organisations des soins de ville ».

Et nous ne résistons pas à la tentation de retranscrire textuellement la conclusion de ce texte : « Peut-être faudrait-il songer à écouter aussi un peu plus, en routine, l’avis des soignants… »

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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