« Il nous faut agir au plus vite pour endiguer la troisième vague psychiatrique »

mercredi 9 décembre 2020, par Bernadette Fabregas

« Le pouvoir existe quand les Hommes agissent ensemble ». Les psychiatres Rachel Bocher, Marion Leboyer, Serge Hefez et Marie-Rose Moro, mais aussi la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury, reprennent d’une même voix cette affirmation de la philosophe allemande Hannah Arendt, pour exprimer la nécessité d’agir au plus vite afin d’endiguer une troisième vague aujourd’hui avérée et liée à la crise sanitaire, celle de la santé mentale. Il y a en effet urgence à prendre toute la mesure de cet enjeu de santé publique qui doit s’imposer plus que jamais comme une priorité nationale.

Seniors, jeunes enfants, adolescents, étudiants, salariés, familles en situation de précarité, personnes qui ont eu la Covid 19... L’impact de cette crise sanitaire n’est pas encore quantifiable mais il est réel pour tous, et constaté tous les jours par les soignants. Et ce n’est qu’un début, rappelle le psychiatre Serge Hefez. Cette situation inédite plonge en effet le monde dans un état de sidération, engendrant malaise et souffrance morale. Les symptômes sont là : fatigue, insomnie, anxiété, addictions, troubles du comportement alimentaire, dépression mais aussi colère quand il ne s’agit pas de violences...

La philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury souligne en effet combien cette crise de la Covid19 met en exergue notre fragilité d’humain et montre les limites de notre capacité à résister à cette épreuve où le compagnonnage avec la mort devient réel. Apprendre à vivre avec l’incertitude du lendemain est aussi inédit qu’angoissant, marquant tant le corps que l’esprit de chacun, d’autant que le confinement réduit encore nos possibilités de ressourcement. Notre sens de la sociabilité est affecté, l’hyperanxiété et le mal-être l’accompagnent de fait.

Des nouveaux patients qui n’ont jamais été malades mais, exposés aux conditions très stressantes et très anxiogènes de la pandémie, ils développent des signes anxio dépressifs qu’il faut traiter

Concernant les adultes, les conséquences psychiques de la Covid sont là et bien là explique la psychiatre Marion Leboyer. Les chiffres parlent d’eux-mêmes au regard des études nationales et internationales menées en population générale : 30% supplémentaires de dépression, 20 % concernant les troubles anxieux. Les raisons sont nombreuses : peur, incertitudes, isolement social, chômage... Les personnes âgées en institution privées de visites ont également beaucoup souffert de cet isolement social ; certaines n’y ont pas résisté basculant alors vers un syndrome de glissement. De plus, les patients avec des pathologies psychiatriques que nous suivons sont eux aussi fragilisés, la crise aggravant encore leurs troubles avec un risque de rechute important.
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Bernadette Fabregas
Rédactrice en chef Infirmiers.com
bernadette.fabregas@infirmiers.com
@FabregasBern


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