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Face aux contraintes et contradictions, les hôpitaux ne doivent pas baisser les bras

mardi 27 novembre 2012, par APM-International

Les dirigeants hospitaliers ne doivent pas baisser les bras face aux contraintes, voire aux injonctions contradictoires, auxquelles ils doivent faire face, ont estimé le 16 novembre 2012 plusieurs intervenants au sixième congrès du Syncass-CFDT à Tours.

 

 

Les dirigeants hospitaliers sont « condamnés » à vivre avec des contraintes et des contradictions, en particulier entre la réalité et le discours des politiques, a observé le délégué général de la Fédération hospitalière de France (FHF), Gérard Vincent, lors d’une table ronde sur ce thème.

Il a expliqué que les hôpitaux subissaient la contrainte de la conjoncture économique, cette contrainte risquant de s’accentuer les prochaines années à travers une réduction de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam).

Malgré les difficultés, les hospitaliers doivent faire en sorte que la qualité des soins reste bonne et que les conditions de travail ne se dégradent pas, les deux étant d’ailleurs « très liées », a-t-il souligné.

Sur les contradictions, Gérard Vincent a estimé que même si le secteur hospitalier « n’a pas le droit de se plaindre » avec un Ondam hospitalier prévu en 2013 à +2,5%, ses dirigeants se retrouvent dans une situation contradictoire face à une hausse de leurs charges de 3,2% ou 3,3% et, dans le même temps, un discours leur disant qu’il ne faut pas supprimer d’emplois.

Le délégué général de la FHF a également noté une contradiction entre les critiques faites sur le niveau trop élevé de l’absentéisme dans les hôpitaux et la suppression, à l’étude, du jour de carence dans la fonction publique.

L’instauration du jour de carence pour l’attribution d’indemnités en cas d’arrêt maladie d’un agent a été d’une « efficacité assez remarquable » sur l’absentéisme dans les hôpitaux, a-t-il souligné en faisant référence à une étude réalisée par la FHF à ce sujet.

Une contradiction existe aussi entre le discours demandant aux hospitaliers de « stopper l’inflation de l’activité » et le système de la tarification à l’activité (T2A) qui incite au contraire à la développer, a constaté Gérard Vincent.

Cette situation crée une distorsion entre les établissements qui peuvent développer leur activité et ceux, de taille petite ou moyenne, qui ne le peuvent pas.
 

Bouger les lignes

Mais face à ces situations, les établissements « n’ont pas le droit de baisser les bras », a-t-il insisté. Il a rappelé la vision de la FHF, décrite dans sa plateforme, qui vise à faire « confiance aux acteurs » et, pour cela, à « rénover le dialogue social » en mettant en place un dispositif fondé sur trois niveaux : les ministères de l’économie et de la fonction publique qui s’occuperaient des salaires, le ministère de santé qui resterait en charge des décrets de compétences et le niveau local.

La délégation au niveau local de certains sujets sociaux se ferait dans le cadre d’un accord-cadre national négocié entre la FHF, qui représente les employeurs, et les centrales syndicales, a-t-il précisé.

Reprenant les axes de la plateforme de la FHF, Gérard Vincent a également appelé les hospitaliers à « prendre le taureau par les cornes » et les a incités à « bouger les lignes » et définir des stratégies de groupe, par exemple pour regrouper des plateaux techniques ou des laboratoires de biologie. Il existe encore des « gisements énormes de productivité » dans le domaine de la biologie, a-t-il affirmé.

Il a également souhaité d’autres évolutions, comme l’ouverture des établissements sur leur environnement ou l’évolution de leur modèle de financement.

« On va souffrir mais il faut trouver des marges pour ne pas dégrader la qualité des soins et les conditions de travail des personnels », a-t-il insisté.
 

Définir un cap stratégique

La directrice générale de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Mireille Faugère, a estimé que la réalisation d’économies ne pouvait constituer un « levier » et qu’il fallait d’abord « redonner un cap stratégique, définir une ligne et dire qui on est ». Par exemple, la « ligne » de l’AP-HP est de « rester » le premier CHU en Europe, particulièrement dans le domaine de la recherche, et d’être « le CHU de l’Ile-de-France », c’est-à-dire un établissement inscrit dans son territoire, ouvert à ses partenaires et assumant aussi bien des missions de proximité que de recours, a-t-elle expliqué.

Pour la mettre en œuvre, l’AP-HP a choisi de s’appuyer sur ses 12 groupes hospitaliers (GH) et les pôles avec un pilotage médico-économique, et de travailler sur l’attractivité et la fidélisation des métiers ainsi que sur les conditions de travail à travers les organisations du travail, a expliqué sa directrice générale.

Le « challenge » est de ne pas faire ressentir la pression de manière comptable mais sous forme de projets ou d’initiatives à prendre, sans oublier de leur donner du sens, a-t-elle indiqué.

Estimant par ailleurs que les économies qui pouvaient être faites sans modifier les organisations ont été réalisées, la directrice générale de l’AP-HP a jugé qu’il restait en revanche « beaucoup de choses à faire » en matière d’organisations.

« Toutes les choses intelligentes ont été dites, mais le passage à l’acte est extrêmement faible », a-t-elle déploré en faisant notamment référence aux délégations de tâches aux personnels soignants.

Elle s’est dite également convaincue que des marges de progrès pouvaient être obtenues sur les processus, sujet peu abordé en France, contrairement aux pays anglo-saxons, a-t-elle noté.

Se disant également « frappée » de voir que le monde hospitalier s’exprime plus en « pouvoirs » qu’en « responsabilités », elle a suggéré de progresser dans ce domaine, non pas en termes « sémantiques mais en management ». Elle a proposé de « parler de responsabilité en disant ’je suis responsable de quoi dans mon travail au quotidien, de quelle production pour notre hôpital, pour la qualité et la sécurité des soins et pour les patients ».

Mireille Faugère, qui dirige l’AP-HP depuis septembre 2010 après avoir occupé un haut poste à la SNCF pendant plusieurs années, a reconnu l’ampleur de la tâche en indiquant qu’elle n’avait jamais rien vu d’aussi « complexe » que la gouvernance du monde hospitalier. Cette complexité crée un « paradoxe » entre la rapidité du changement économique et le rythme de transformation des hôpitaux, a-t-elle constaté. Elle s’est cependant voulue optimiste en remarquant que le monde hospitalier avait aussi la « chance formidable » d’avoir une image « positive » au sein de la population.
 
16 novembre 2012 - Sabine NEULAT-ISARD, au congrès du Syncass-CFDT
 
san/ab/APM polsan
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