Don d’organes et transplantations touchés en plein cœur par la crise

vendredi 7 mai 2021, par Inès Kheireddine

En 2020, les greffes d’organes ont baissé de 25% (1) par rapport à l’année précédente. Les services de prélèvement d’organes, de tissus et de transplantations figurent parmi les victimes collatérales de la crise sanitaire.

Les infirmiers coordinateurs de prélèvement de tissus et d’organes recensent les donneurs potentiels ; les infirmiers coordinateurs de greffe gèrent quant à eux la transplantation. Ces deux métiers indissociables ont connu une chute de leur activité depuis le début de l’épidémie. Aujourd’hui, face à la baisse de donneurs et à des règles supplémentaires imposées par le Covid-19, ils apprennent peu à peu à travailler avec cette nouvelle donnée.

Redéploiement du personnel et suspension temporaire de la greffe rénale
À l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris) qui a transformé certains de ses services en espace de réanimation, l’unité de Viviane Justice, infirmière coordinatrice de prélèvement d’organes et de tissus depuis vingt ans a fortement été impactée : Nous sommes quatre coordinateurs. Lors de la première vague, deux collègues ont été mobilisés en réanimation. Aux Hospices Civils de Lyon, le service de coordination de prélèvement a aussi connu un redéploiement du personnel : Habituellement, nous sommes sept infirmiers. Au premier confinement, une collègue a été transférée en réanimation et trois autres ont été déployés à la cellule dédiée au Covid-19. Nous sommes restés à trois pour assurer l’activité de notre unité, relate Béatrice Bodet, infirmière coordinatrice de prélèvement.

Du personnel réquisitionné dans des services sous tension, des services hospitaliers saturés, mais aussi la chute du nombre de donneurs à cause des confinements ou de la crainte d’une contamination au Covid-19 : On a recensé deux donneurs sur la période du mois d’avril au mois de juin de l’année 2020 contre huit environ avant la pandémie, se souvient Viviane Justice. La nécessité de faire de la place en réanimation constitue aussi un frein pour de potentiels donneurs comme l’explique Sophie Bodet : Il faut prouver par un examen clinique qui peut prendre entre 24 à 72 heures que la personne est en état de mort encéphalique. Pour cela, il faut bloquer un lit. La situation est trop tendue. On ne peut pas se le permettre. Restées à deux dans leur service de quatre personnes lors de la première vague, Viviane Justice et sa collègue Christine Spussia se sont vite rendu compte que leur activité allait chuter : Au tout début, on ne cherchait pas à comprendre, tous les gens qui étaient étiquetés Covid-19 étaient réfutés au prélèvement, se rappelle Christine Spussia. L’Agence de la biomédecine nous a demandé d’arrêter l’activité de greffe rénale, poursuit Viviane Justice.

En effet, si toutes les greffes d’organes ont baissé depuis le début de l’épidémie, les transplantations rénales ont particulièrement accusé le coup (-29 % en 2020) par rapport à l’année 2019, selon l’Agence de la biomédecine.
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Inès Kheireddine
Journaliste infirmiers.com
ines.kheireddine@gpsante.fr


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