Des leviers à activer pour améliorer les finances des hôpitaux

jeudi 8 novembre 2018, par Bruno Benque

Comme nous vous l’annoncions il y a quelques jours dans nos colonnes, les quatre Présidents des Fédérations hospitalières ont donné une conférence de presse commune afin de diffuser leurs attentes en termes budgétaire pour l’année 2019. Entre les dépenses de Santé qui ne cessent d’augmenter, les crédits hospitaliers gelés et les baisses de tarification des séjours hospitaliers, il existe des leviers à actionner pour améliorer les finances des hôpitaux. Et pour améliorer la qualité de vie au travail des professionnels soignants.

Les établissements de Santé, tous types de gouvernance confondus, n’en terminent pas avec leurs difficultés de fonctionnement, tant sur le plan économique que social.

Les fédérations hospitalières unies pour alerter sur la situation économique des établissements

Cette situation a incité les 4 fédérations hospitalières, FEHAP, FHF, FHP et Unicancer, à s’associer le 6 novembre 2018 pour organiser une conférence de presse commune. Il s’agissait, pour elles, d’alerter l’opinion publique sur leur problématiques et de dénoncer un budget hospitalier insuffisant. Elles assurent pourtant être plutôt rassurées par le contenu du Plan « Ma Santé 2022 » ? Mais alors, quels sont les points de désaccord avec la politique sanitaire dans l’hexagone ?

Des dépenses de Santé qui progressent plus vite que l’ONDAM

Pour le le Pr Patrice Viens, président d’Unicancer, « les moyens ne sont pas en cohérence avec la volonté politique affichée. Il faut donner aux établissements de santé les moyens financiers indispensables pour remplir leurs missions au service des patients, prodiguer à tous et partout la même qualité de soins et investir pour opérer les transformations indispensables de nos structures. » Les responsables des Fédérations ont précisé lors de cette conférence de presse, pour étayer leur propos, que les dépenses de Santé progresseront en 2019 de 4,5%, sous l’effet notamment de l’accroissement démographique et du vieillissement de la population. Quand on sait que l’Objectif National de Dépenses d"Assurance Maladie (ONDAM) n’a prévu qu’une hausse de 2,5%, on comprend mieux leur inquiétude et l’obligation qui leur sera faite, sans doute, de réaliser de nouvelles économies de fonctionnement.

« L’effort qui est demandé aux établissements de santé se chiffre à plus de 800 millions d’euros. Cela intervient dans un contexte de fragilité économique pour tous les établissements de santé. Si nous souscrivons au plan « Ma Santé 2022 », il faut que nos établissements aient les moyens de gérer les prochaines années avant que les effets de ce plan ne se fassent sentir », a ajouté dans ce cadre le président de la FEHAP Antoine Dubout.

Retrouver une marge de manœuvre pour mener à bien leur mission

La restitution des crédits hospitaliers gelés au titre de la réserve prudentielle constitue également, pour eux qui ont respecté les niveaux de dépenses prescrits par les tutelles, un cheval de bataille. Frédéric Valletoux, Président de la FHF, a ainsi précisé sur ce thème que, de plus, « les établissements de santé ont sous-exécuté d’au moins 105 millions d’euros leur objectif de dépense en 2018." Ce sont ainsi quelques 520 millions d’euros qui doivent revenir aux établissements de Santé au titre de l’exercice 2018. Ils ont mis en doute, dans le même temps, la pertinence du mécanisme de réserve prudentielle des soins de ville, pas assez dimensionné à leurs yeux, ainsi que les niveaux de tarification des séjours hospitaliers. Lamine Gharbi président de la FHP, a abondé sur ce sujet : « Après six années de baisse consécutive des tarifs, nos établissements de santé ont besoin de retrouver des marges de manœuvre pour mener à bien leur mission de soin et avoir une vraie politique sociale ».

Une série de demandes ciblées susceptibles de donner de l’air aux hôpitaux

Comme elles l’avaient promis en amont de cette journée, les fédérations ont communiqué une série de doléances au Président de la République et au Premier ministre, parmi lesquelles la restitution intégrale des crédits hospitaliers gelés en 2018 au titre de la réserve prudentielle, la mise en place d’une véritable régulation financière des dépenses de la médecine de ville, une augmentation a minima de 1% des tarifs hospitaliers, rendue possible au regard de l’évolution de l’activité ou la participation des fédérations hospitalières aux travaux sur l’évaluation de la pertinence et de la qualité des soins et son impact sur le financement des établissements de santé.

Souhaitons qu’ils soient entendus, il y va de la pérennité de la qualité de prise en charge des populations, mais aussi de la qualité de vie au travail des professionnels qui œuvrent au quotidien dans leur parcours de soins.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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