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Comment le Danemark a renforcé son système de Santé autour du médecin généraliste

jeudi 31 mai 2018, par Bruno Benque

Le système de santé danois a été réformé il y a une dizaine d’années, pour devenir l’un des plus performants au monde. Pour faire un parallèle avec la situation française, Anne Smetana, Directrice de la Santé au Danemark, était l’invitée principale de l’Agora FHF organisé le 30 mai 2018 lors de la Paris Healthcare Week. Elle a expliqué comment, en peu de temps, ce système en difficultés s’est transformé en une organisation pérenne.

L’Agora FHF organisé le 30 mai 2018 à l’occasion de la Paris Healthcare Week (PHW) proposait un débat sur les réformes des systèmes de Santé initiées parallèlement au Danemark et en France.

Des déterminants de santé communs aux différents pays développés

Une invitée de marque, Anne Smetana, Deputy Director Healthcare Denmark, avait été conviée afin d’exposer la situation telle qu’elle est dans son pays et les réformes qui ont fait du système de Santé danois l’un des plus performants au monde. Elle déclara, en préambule, que le Danemark, qui compte 5,8 millions d’habitants, était confronté, comme les autres pays dits développés, aux défis démographiques, aux modes de vie à risque ou nouveaux traitements très coûteux. La détection précoce des maladies critiques y fait également l’objet de campagnes de communication, de même que la prise en charge des maladies chroniques qui touchent un tiers de la population.

Des intervenants admiratifs des réformes initiées au Danemark

Ce pays a donc fait le choix d’une réforme en profondeur en 2007, avec une philosophie de base promulguée auprès de ses habitants : « Vous êtes malades, mais restez chez vous ! » Pour atteindre cet objectif visant, nous l’avons compris, à ôter un peu de la pression qui s’exerce sur les hôpitaux, et notamment sur les services d’urgence, le secteur primaire a été placé en première ligne.

Anne Smetana était accompagnée, lors de ce débat, de Laurence Vanceunebrock-Mialon, Députée de l’Allier et Présidente du groupe Amitié France Danemark, qui s’est montrée intéressée par la capacité des danois à se prendre en charge, de Cédric Argos, Directeur Général adjoint de la Région Île-de-France et Ambassadeur du système de Santé danois en France, qui a loué le redressement spectaculaire de ce dernier en peu de temps, et de Frédéric Valletous, Président de la FHF, qui a fait un parallèle avec la réforme qui avait été instituée au Québec, pour le même résultat.

Une collaboration étroite et encadrée entre tous les acteurs de la prise en charge

Alors, que s’est-il passé au Danemark en 2007 pour transformer un système en difficulté et lui donner les attributs d’une organisation pérenne ? « Tout d’abord, les politiques ont été très courageux, a déclaré Anne Smetana. Ils ont cherché un consensus et fait fi des guerres de clochers en créant 5 régions géographiques divisées elles-mêmes en 98 municipalités de 50 000 habitants, dans lesquels a été initié un transfert des professionnels des hôpitaux vers les municipalités, selon les besoins. » Dès lors, l’installation des professionnels libéraux est encadrée, ainsi que leur volume d’activité. La logistique et la communication ont été renforcées, avec le déploiement d’un Système numérique très développé.

D’autre part, des exigences de 2% par an de productivité ont été instaurées, et les acteurs hospitaliers, les médecins généralistes, les municipalités, mais aussi les industriels ont été amenés à collaborer très étroitement. Les établissements de Santé, souvent dans un état vétuste, ont fait l’objet d’un plan d’investissement de reconstruction prenant en compte l’essor de l’ambulatoire dans les projets architecturaux.

Directeur d’hôpital, emploi précaire au Danemark !

Le système de Santé danois est financé à 80% par les impôts, le gouvernement entrant dans 75% de ce flux financier, avec seulement 5% basés sur l’activité. Ce sont les régions qui reçoivent ce financement, dont 20% est attribué par les municipalités, pour faire fonctionner le système. Des accords budgétaires annuels sont défini avec les régions et les municipalités, avec des mécanismes de contrôle des entrées et des dépenses très formalisés. « Si les budgets sont dépassés, les directeurs d’hôpitaux courent un grand risque de se faire renvoyer ! », a ajouté Anne Smetana. La couverture des populations est universelle, avec accès gratuit et égal aux soins, degré élevé de décentralisation

Le médecin généraliste, la clé de voûte du système

Une question de la salle exposait le cas où un patient tombe malade un vendredi soir à 19h à Copenhague. Elle a répondu sans détours : « Il est obligé de téléphoner au généraliste qui assure la permanence et qui fait un diagnostic en allant le voir. Ce dernier décide ensuite s’il doit être hospitalisé ou pas. » Le médecin généraliste est donc la clé de voûte du système aujourd’hui. Cette méthode est-elle transposable en France ? L’ensemble des intervenants s’accordait à répondre par l’affirmative, mais seulement si l’on arrive à passer outre les trop nombreux « philosophes » qui ralentissent les réformes…

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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