Agir sur la Santé respiratoire des populations

jeudi 23 mai 2024, par Bruno Benque

Les pathologies respiratoires sont en augmentation et n’ont pas fini de progresser sous l’effet notamment des évolutions environnementales. Pour essayer d’améliorer la situation, la Cour des comptes énonce, dans un rapport dédié, l’importance de la prévention et des coopérations pluridisciplinaires pour la prise en charge de ces pathologies. Elle émet, de plus, des recommandations ciblant une meilleure prévention, un soin adapté et des stratégies de mise en œuvre des politiques publiques plus efficaces.

La Présidence de la commission des affaires sociales du Sénat a saisi la Cour des comptes afin qu’elle évalue l’efficacité des politiques de prévention et de lutte contre les principales maladies respiratoires que sont la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), l’asthme et le cancer du poumon.

Des pathologies respiratoires qui n’ont pas fini de progresser

La Cour des comptes vient de publier le Rapport résultant de son enquête dans ce cadre, document dans lequel elle établit en préambule un taux de plus de 10 % de la population française atteinte d’une pathologie affectant le système respiratoire. La BPCO y tient une place très importante, avec 3,5 millions de patients touchés, suivie par le cancer du poumon, qui affecte 160 000 individus.

Ces deux pathologies sont en constante augmentation depuis vingt ans, sous l’effet du tabagisme et du vieillissement de la population, de même que l’asthme sous l’effet quant à lui de facteurs environnementaux, surtout dans la population féminine. Les politiques publiques de prévention des risques de maladie respiratoire, historiquement concentrées sur la lutte contre le tabagisme, puis sur une meilleure qualité de l’air extérieur, ne sont visiblement pas suffisantes.

Mettre l’accent sur la prévention et favoriser les coopérations pluridisciplinaires

La Cour des comptes rappelle que la prévention doit désormais prendre en compte l’ensemble des déterminants de santé d’un individu au cours de sa vie pour être efficace, les expositions comportementales, environnementales et socio-économiques – l’exposome - et du temps de latence avant toute manifestation de leurs conséquences sanitaires étant responsables de ces maladies respiratoires, comme d’autres pathologies, et que le réchauffement climatique est susceptible d’aggraver la situation.

Sur le plan thérapeutique, la BPCO est perçue comme la conséquence inéluctabledu tabagisme, sans thérapie efficace. Le cancer du poumon, quant à lui, bénéficie d’une prise en charge plus structurée, en établissements spécialisés mais souvent à un stade avancé de la maladie. Pourtant, l’éducation thérapeutique et l’activité physique adaptée sont plébiscitées mais encore trop peu accessibles aux patients en proximité des lieux de vie. D’autre part, des initiatives existent, favorisant l’exercice coordonné d’équipes pluridisciplinaires structurées autour de la prise en charge globale des patients mais elles semblent encore insuffisantes.

Sur le plan légal, la Cour des comptes cible le plan national santé environnement, le PNSE, qui s’ajoute à d’autres plans, relevant de nombreux ministères, ce qui ne garantit pas la cohérence entre tous les objectifs poursuivis. Ceci affecte « la lisibilité de la politique poursuivie et, par conséquent, son efficacité, son pilotage et le suivi de la dépense publique afférente ».

Des recommandations ciblant la prévention, le soin et les stratégies de mise en œuvre

Ce Rapport comporte, comme la plupart des documents de ce type, un certain nombre de recommandations relatives à prévention et au soin. Elles engagent tout d’abord à mettre en place une stratégie de prévention individualisée au moyen de l’espace numérique de santé, en adressant aux patients à risque pour les maladies respiratoires des messages de prévention individualisés. Elles promeuvent ensuite les dispositifs numériques favorisant l’autonomie des patients, notamment des jeunes asthmatiques.

Sur le thème de la stratégie et du pilotage de cette politique, les recommandations visent à intégrer dans la Stratégie nationale de santé des objectifs sanitaires chiffrés en santé respiratoire, et à les mettre en cohérence avec ceux du Plan national santé environnement. Elles souhaitent voir doter le Plan national santé environnement, d’objectifs sanitaires mesurables pour l’asthme, la BPCO et le cancer du poumon, ainsi qu’un indicateur de suivi de la dépense.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@gpsante.fr
@bbenk34.


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