Valorisation de la mission soignante : et si le job crafting était la clé ?

vendredi 5 août 2022, par Susie Bourquin

Il est des situations particulières où une alchimie advient. Pendant la crise inédite du Covid 19, le personnel soignant a fait preuve comme rarement d’un sens de la débrouille, d’un sens du devoir et d’une cohésion exceptionnelle, rivalisant de créativité pour surmonter les difficultés et continuer à prendre en charge les patients. Comment expliquer cet « état de grâce » ? Christelle Routelous, professeure à l’Institut du management de l’École des hautes études en santé publique (EHESP), s’est intéressée de près au phénomène de job crafting, c’est-à-dire à la personnalisation de l’activité professionnelle. Un concept d’avenir auquel l’EHESP a consacré une étude et qui pourrait aider à répondre à la crise de l’attractivité.

Pourquoi avoir mené cette étude sur le concept de façonnage de l’emploi ou job crafting au sein des établissements médico-sociaux ?

Dans le cadre des enseignements que je donne aux élèves directeurs d’établissements sociaux et médico-sociaux, je leur ai passé une commande de façon à observer sur le terrain la manière dont fonctionne l’organisation du travail et la manière dont les manageurs accompagnent les équipes, dans l’idée de rechercher les constituants de ce qu’on appelle un management sain, un management où l’on prend soin de ses collaborateurs, comme on prend soin des résidents. Le projet a été lancé avant l’arrivée du Covid mais la crise s’est installée et nous avons adapté notre étude au contexte. Les élèves avaient donc deux entretiens à mener : l’un avec un soignant et l’autre avec un encadrant directeur, à partir d’une grille de questions standardisée. L’objectif était bien de comprendre comment se passait le travail et le management pendant la crise du Covid.

Quels sont les principaux constats ?

A émergé d’abord la question de nouvelles tensions de rôles, au-delà de celles qui existaient déjà dans le secteur. Sur la question de la surcharge de travail, s’est surajoutée celle du un manque de temps du fait du manque accru de personnel. Et surtout un investissement cognitif très élevé à cause de la gestion de protocoles des risques de contamination et du confinement en chambre, ce qui a accru encore la charge mentale du travail. On a également vu émerger de nouvelles tensions liées aux conflits de rôles car sont apparues des attentes incompatibles entre elles entre le manque de temps et le besoin de stimulation des résidents isolés, ou des contradictions entre les valeurs des soignants et la restriction du droit à la liberté qu’ont subi les résidents. Autant de mesures contraires à l’éthique soignante qui ont majoré les conflits de rôles. Enfin, on a vu apparaître de nouvelles tensions de rôle liées à l’ambiguïté des standards (favorisée par des informations scientifiques peu disponibles au début de la crise, par le manque d’équipement de protection et le manque de compétences sur le risque infectieux) : autant d’éléments qui, là encore, ont amplifié la charge mentale et le stress des soignants.

Face à ces nouvelles tensions, pourtant, on s’est aperçu que deux stratégies ont été mises en place : que l’on va appeler le façonnage ou Job Crafting, à la fois du rôle (du périmètre du travail) mais aussi des ressources.
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Susie Bourquin
Journaliste Infirmiers.com
susie.bourquin@infirmiers.com
@SusieBourquin


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