Une étude confirme l’utilité du big data pour améliorer la santé des populations

mercredi 14 août 2019, par Bruno Benque

Un travail de recherche initié à la Sanford University School of Medicine a démontré l’utilité du big data et de son traitement par intelligence artificielle pour développer une médecine préventive. Basées sur les changements physiologiques de plus de 100 personnes, des découvertes ont été réalisées sur des personnes asymptomatiques. La médecine pourra bientôt, semble-t-il, traiter des personnes avant qu’elles ne soient malades.

Les scientifiques de la Stanford University School of Medicine et leurs collaborateurs ont suivi une cohorte de plus de 100 personnes réparties sur plusieurs années, analysant la biologie de ce qui les constitue.

Améliorer la médecine grâce à la surveillance globale de chacun

Après avoir rassemblé de nombreuses données sur la composition génétique et moléculaire du groupe, les chercheurs tentent désormais de mieux comprendre ce que signifie être en bonne santé et comment des écarts par rapport à la norme individuelle peuvent permettre de détecter les premiers signes de la maladie. « Les résultats soulignent la nécessité d’un changement de paradigme, a déclaré le Pr Michael Snyder, professeur et titulaire de la chaire de génétique à la Stanford University School of Medicine. Je dirais que la façon dont la médecine est pratiquée est profondément imparfaite et pourrait être considérablement améliorée grâce à la surveillance globale de la santé de chacun ».

Au cours de l’étude, les chercheurs ont fait plus de 67 découvertes dans le domaine de la santé pouvant faire l’objet de mesures cliniques, dont l’hypertension, les arythmies, la cardiomyopathie et la détection du cancer à un stade précoce, entre autres. L’étude a associé des données issues de technologies mobiles, du séquençage du génome et du profilage microbien et moléculaire afin d’établir une sorte de base de données pour chaque sujet.

Un travail basé sur le suivi des changements physiologiques

Un article décrivant les résultats de la recherche a été publié le 8 mai 2019 dans Nature Medicine. Dans la plupart des recherches cliniques, la cohorte de participants a un socle commun sous-jacent, une maladie commune ou une particularité biologique quelconque. Dans cette étude, le facteur fondamental était la collecte à long terme de big datas, bien que de nombreux participants aient également présenté un risque accru de diabète. L’idée était de surveiller des personnes ordinaires, relativement en bonne santé, avoir une bonne idée de leurs constantes biologiques et de surveiller les changements qui pourraient suggérer une altération de la santé.

Certains participants ont été suivis pendant huit ans. La moyenne était d’environ trois ans. Sur les 109 participants, la majorité du groupe avait un résultat cliniquement exploitable. En d’autres termes, certains résultats, qu’il s’agisse d’une analyse de sang ou d’une montre intelligente, signalaient un problème de santé potentiel traitable ou gérable. Aucun de ces problèmes n’avait été détecté auparavant. « Nous avons identifié beaucoup de problèmes de santé parce que nous avons remarqué leur delta ou leur changement par rapport à l’origine, poursuit le Pr Snyder. Par exemple, nous avons trouvé neuf diabétiques en cours de développement en surveillant en permanence leurs taux de glucose et d’insuline. » Grâce au séquençage génétique, l’équipe a également identifié deux cas de potentielles malformations cardiaques, qui ont été prouvées à postériori. Et beaucoup d’autres maladies ont ainsi été mises à jour avant qu’elles soient symptomatiques.

Faire en sorte que la médecine ne traite pas que les personnes malades

En dehors de la santé des participants, les chercheurs pensent qu’ils ont peut-être même découvert de nouveaux biomarqueurs pour certaines maladies et éventuellement de nouveaux marqueurs moléculaires du risque de maladies cardiovasculaires, entre autres. Pour l’instant, ce sont des conclusions préliminaires, les chercheurs devront mener des études de suivi pour confirmer leurs soupçons.

" En fin de compte, nous voulons faire en sorte que la médecine ne traite plus les personnes malades, mais les garde en bonne santé, en prévoyant le risque de maladie et en détectant la maladie avant qu’elle ne devienne symptomatique. » Ce travail est un exemple de l’importance accordée par le Stanford Medicine Intitute à la santé de précision, son objectif étant d’anticiper et de prévenir les maladies chez les personnes en bonne santé et de diagnostiquer et traiter avec précision les maladies des personnes malades. Le Pr Snyder est membre de Stanford Bio-X, du Stanford Cardiovascular Institute, du Stanford Cancer Institute, du Stanford Institut de recherche sur la santé maternelle et infantile et du Wu Tsai Neurosciences Institute de Stanford.

Les départements de génétique et de médecine de Stanford ont également soutenu les travaux.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34
Texte tiré de l’article d’Hanae Armitage, de l’Office of Communication & Public Affairs de la Stanford University Medical School.


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