Recherche médicale : les antivax persistent et signent

lundi 6 septembre 2021, par Bruno Benque

Alors que les personnes s’opposant au pass sanitaire et celles refusant le vaccin, qui ne sont pas forcément les même, sont encore bien représentées dans la population, la campagne vaccinale bat son plein, malgré les fake news et autres manifestations contradictoires. On le sait aujourd’hui, cette frange de la population est plus sensible aux formes graves de la maladie. Ce que l’on sait moins, c’est qu’elle est la plus retissante à contribuer à la recherche médicale lorsqu’elle fait l’objet d’une hospitalisation à cause du COVID-19.

Le sujet de la non-vaccination contre le COVID-19, avec son corollaire du refus su pass sanitaire, occupe nombre de nos articles depuis quelques temps et l’actualité nous oblige malheureusement à le traiter à nouveau aujourd’hui.

Des « antivax » et antipass" encore bien représentés

Au centre de nos préoccupations, les professionnels de Santé qui refusent de se faire vacciner sous l’effet de convictions discutables comme préserver leur libre choix, garder l’intégrité de leur corps ou un recul insuffisant quant aux effets secondaires pouvant éventuellement être provoqués par les molécules contenues dans les vaccins. Mais les personnels soignants ne sont pas, loin s’en faut les seuls à faire valoir de telles croyances, puisque les « anti-vax », comme les personnes contre le pass sanitaire, sont bien représentées dans toutes les couches de la population - une représentation toutefois en baisse selon les dernières études -, en majorité d’ailleurs dans les milieux socio-économiques défavorisés.

Les menaces fleurissent contre les soignants participant à la campagne vaccinale

Nous sous renvoyons ici vers l’excellent dossier publié dans l’Express du 2 septembre 2021 pour ne pas faire l’amalgame entre ces deux groupes, les premiers étant évalués à 16% de la population, les autres représentant 36% de leurs congénères. Il est cependant courant de les regrouper puisque le résultat de leur action est contraire à tout ce que le passé nous a enseigné en termes de vie sociale et de responsabilité collective. Il faut dire que la « fake actuality » est à son comble ces derniers jours, sur les réseaux sociaux notamment, pour leur donner des arguments la plupart du temps fallacieux. Nous ne pouvons passer sous silence - au risque de leur faire de la publicité - les propos de certains pseudo-médecins ou pseudo-influenceurs qui lancent, dans des vidéos publiées sur la toile, des menaces envers les professionnels soignants qui participent à la campagne de vaccination ou envers les managers hospitaliers, évoquant des supplices tout droit venus du moyen âge, pour les décourager dans leur action.

Les antivax toujours plus concernés par les formes graves de la maladie...

Mais c’est un article de Valentin Hekirch intégré au dossier de l’Express de ce weekend qui nous a interpelé, car il met en exergue une problématique pas assez développées, à notre sens, par les observateurs. Les « antivax », on le sait aujourd’hui, sont les personnes les plus à risque de développer une forme grave de la Covid, même sans antécédent et même jeunes. Il n’est pas rare de les voir ainsi admis dans les services de soins intensifs pour être pris en charge. Ainsi, si l’on se réfère aux travaux de la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (DREES), sur la base des patients entrés à l’hôpital entre le 16 et le 22 août, "80 % des admissions en soins critiques et 76 % des admissions en hospitalisation conventionnelle sont le fait de personnes non-vaccinées, tandis que les patients complètement vaccinés représentent respectivement 14 % des admissions en soins critiques et 18 % des admissions en hospitalisation conventionnelle.

...et très nombreux à refuser de se prêter de participer aux travaux de recherche

Mais ce que l’on sait moins c’est que les « antivax », une fois qu’ils ont intégré les services de soins, sont 60 à 80% à refuser d’être inclus dans les travaux recherches contre le virus - un taux qui tombe à 20-30% -, selon l’infectiologue Florence Ader qui pilote l’essai européen Discovery. Or, les médecins disposent désormais de molécules qu’ils jugent intéressantes pour traiter les symptômes de la maladie, de quoi innover dans la prise en charge thérapeutique de ces patients. Mais ceux-là persistent dans leur égoïsme et dans leur désintérêt pour le progrès scientifique, celui-là même qui a permis d’élaborer, par le passé, des traitements qui peut leur sauver la vie aujourd’hui.

Ces nouveaux malades sont, en outre, décrits comme difficiles à gérer, tant dans leur comportement général que dans leur approche du monde sanitaire. De quoi ajouter encore à la fatigue et au désarroi des soignants qui leur viennent en aide au quotidien.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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