Recherche documentaire : les BU coopèrent désormais avec les CDI des instituts de formation

mercredi 7 janvier 2015, par Bruno Benque

Les documentalistes en écoles paramédicales ont une véritable mission de soutien aux étudiants, dans leurs démarches de recherche documentaire. Après avoir présenté, dans un premier châpitre, le réseau Île de France et le SIDOC, nous ouvrons aujourd’hui la deuxième partie de notre dossier qui leur est consacré, dans lequel Christine Paillard, Documentaliste au sein de l’IFSI de Nanterre, aborde les recommandations de bonne pratique documentaire et décrit les passerelles existant désormais entre les bibliothèques universitaires et les centres de documentation des instituts de formation paramédicale.

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Les publications du SIDOC et la norme ISO 690 pour la bibliographie

Le groupe de documentalistes publie, propose un modèle bibliographique pour les étudiants, édite des recommandations de pratiques documentaires, créé une charte documentaire. Ces publications s’inscrivent dans une logique collaborative professionnelle. Les documentalistes IDF ont proposé une norme éditoriale universelle et traduite (AFNOR, 2010) pour initier la démarche scientifique d’une bibliographie, niveau licence, pertinente pour les sciences infirmiers. Il existe de nombreuses normes en médecine, en psychologie, ou en lettres par exemple. Nous suggérons aux étudiants la norme ISO 690 pour sa neutralité interdisciplinaire, sa certification internationale et parce que rien de particulier, en Île de France, ou ailleurs, n’était proposé dans les apprentissages jusqu’en 2009. L’ARS IDF a accepté de publier cette norme pour la région dans son guide (2014).

Les recommandations de bonnes pratiques documentaires

La recherche informationnelle se complexifie, la multiplication des bases de données et moteurs de recherche, ainsi que les niveaux de lecture grand public, professionnel, ou scientifique, impliquent l’acquisition de nouvelles compétences [1], voire de métacompétences- [2]. Ce projet s’inscrit dans la continuité d’une réflexion professionnelle avec, par exemple, le document « Introduction à la maîtrise d’information » édité par l’Unesco [3], qui décrit les divers aspects de l’évaluation de l’information. La recherche documentaire réfléchie est le fruit d’un apprentissage visant l’autonomie du chercheur qui ne peut faire effectuer sa recherche par une autre personne que lui. Voici par exemple quelques points importants de ces recommandations, mises en ligne intégralement sur le site du SIDOC [4]

  • Savoir identifier et définir avec précision l’information nécessaire pour satisfaire le besoin ou résoudre le problème ;
  • Savoir organiser, analyser, interpréter et évaluer l’information, y compris la fiabilité des sources ;
  • Savoir préserver, stocker, réutiliser, enregistrer et archiver l’information pour une utilisation future.

Les documentalistes franciliens ont formalisé leurs actions informationnelles dans une cohérence interprofessionnelle (Fadben [5], RNDH [6], IABD [7], ADBS [8]…). Il se dégage alors des pratiques pédagogiques et techniques communes, notamment pour améliorer l’accessibilité à l’information. La charte documentaire est l’outil permettant, entre autres, de développement des collections.

A quoi sert une charte documentaire ?

Une charte a pour objet de définir les conditions d’exercice du droit et de l’accessibilité à l’information, à définir les missions des acteurs d’un centre de ressources, et à s’inscrire dans le respect de la législation et de la réglementation en vigueur et des dispositions particulières relatives à la formation du public ciblé. Une charte comporte plusieurs points essentiels, que sont les questions d’ouverture, d’acquisition et de traitement de la documentation, ou les moyens techniques, humains et financiers mis à la disposition des professionnels. D’une manière générale, un Centre de Documentation et d’Information (CDI) doit s’inscrire dans un ensemble organisé dont l’objectif est de fonctionner en réseau et répondre ainsi au mieux aux questions documentaires des étudiants. Le développement des collections d’un CDI doit être ainsi représentatif de l’ensemble des connaissances et des productions éditoriales générales et comporte aujourd’hui des ressources électroniques et audiovisuelles.

Les Bibliothèques universitaires (BU) et les centres de ressources des instituts de formation paramédicale (IFP)

Les IFP ont aujourd’hui des conventions avec les universités, et petit à petit, chacun élabore des passerelles pédagogiques pour la validation des unités d’enseignement. Pour les documentalistes, il s’agit de créer des passerelles professionnelles pour aller vers une cohérence documentaire et permettre ainsi d’introduire des pratiques bibliothéconomiques vers les instituts qui n’ont pas encore de connaissances en matière de politique documentaire.

Pour la région Île-de-France, les documentalistes se sont saisis des changements pour créer du sens au regard des difficultés documentaires rencontrées, selon les universités, comme par exemple l’accessibilité aux ressources électroniques, cela au regard de la loi et au des conventions signées avec le Ministère de l’Enseignement Supérieur de la Recherche, qui n’est pas une tutelle. La question du budget donc est au cœur des enjeux afin de rendre accessible une information pertinente vers le public paramédical. Les documentalistes ont un réel rôle d’intermédiaire à promouvoir entre les Services Communs de la Documentation (SCD) et les directeurs(trices) des instituts, afin de pouvoir envisager une fluidité documentaire institutionnelle. Nous sommes allés à la rencontre de nos collègues des Bibliothèques universitaires (BU), et avons participé à des réunions productives avec les DUSI (Département universitaire des sciences infirmières), à l’exemple de Paris-Diderot ou Paris-Descartes qui ont eu le discernement et le tact d’écouter notre volonté d’avancer ensemble et selon nos moyens. D’autres universités semblent créer des liens, comme Versailles- St Quentin. L’avenir est en effet à la concertation et à la formalisation des pratiques documentaires, selon des logiques identiques, afin d’aller vers une mobilité documentaire francilienne riche de sens. Une coopération devant être reconnue comme officielle pour formaliser des réflexions quant aux ressources électroniques. L’un des enjeux est de viser une mutualisation de nos pratiques, ainsi qu’une mobilité documentaire en santé.

Christine Paillard
Documentaliste IFSI Nanterre
christine.paillard@ch-nanterre.fr


[1« Être compétent dans l’usage de l’information signifie que l’on sait reconnaître quand émerge un besoin d’information et que l’on est capable de trouver l’information adéquate, de l’évaluer et de l’exploiter ». (American Library Association, 1989)

[2Attitude intellectuelle visant l’analyse de compétences déployées dans divers aspects d’une activité humaine.

[3Woody Horton, Fores. Introduction à la maîtrise d’information [en ligne]. Paris : Organisation des États-Unis pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), 2008. [Consulté le 11/02/2014]. Disponible à l’adresse : http://www.uis.unesco.org/Communication/Documents/157020F.pdf

[4Les recommandations des pratiques documentaires sur le site du SIDOC : http://sidoc.fr/sites/default/files/recommandationspratiquesDoc.pdf :

[5Fédération des associations des enseignants-​​documentalistes de l’Éducation Nationale

[6Réseau national des documentalistes hospitaliers

[7Inter-association Archives Bibliothèques Documentation

[8Association des professionnels de l’information et de la documentation


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