Les pauses au travail rendent plus efficace

jeudi 12 octobre 2017, par Bruno Benque

Le Docteur en psychologie cognitive Cyril Couffe vient de réaliser une étude montrant les bienfaits de la pause au travail. Ses recherches sur des étudiants d’une part, et sur des salariés d’autre part, ont objectivé une attention plus soutenue dans des groupes ayant respecté une pause de 60 secondes tous les quarts d’heure, contrairement à leurs collègues qui n’en bénéficiaient pas.

Et si, entre deux sessions de mise en place des plannings, de mise en conformité avec les manuels qualité, ou de lecture des innombrables mails dont nous sommes les destinataires, on s’accordait, de temps en temps, une pause ?

Les bienfaits de la pause au travail

Des chercheurs planchent actuellement sur les conséquences que ces décrochages pourraient avoir sur nos comportements ainsi que sur notre concentration, voire sur notre efficacité. Cela nous permettrait peut-être, en perdant un peu de temps, d’en gagner au bout du compte. C’est en tout cas la notion sur laquelle travaille Cyril Couffé, Docteur en Psychologie cognitive, neuropsychologue et membre de la Chaire Talents de la Transformation Digitale à l’École de Management de Grenoble (GEM), qui vient de réaliser une étude sur les bienfaits des pauses au travail.

Le mode « par défaut » du cerveau

Dans ses recherches, il identifie des modes de fonctionnement différents du cerveau, parmi lesquels un mode par défaut où un ensemble de neurones s’activent quand on ne fait rien. « Pour contrecarrer la surcharge mentale, nos recherches montrent qu’il faut activer volontairement le mode par défaut, déclare Cyril Couffe. S’autoriser une errance mentale, laisser ses pensées vagabonder. Idem pour les sentiments et les sensations : ne pas les brider ». Le chercheur a réalisé 2 études, l’une auprès d’étudiants de la GEM, et la seconde auprès d’une soixantaine de salariés d’uneentreprise.

Des étudiants plus attentifs après un décrochage

Dans la première étude, il a demandé à 3 groupes d’étudiants de réaliser, pendant 45 minutes, une tâche relativement complexe de gestion de planning. Le 1er groupe, appelé le « groupe contrôle », ne bénéficiait d’aucun temps de pause, contrairement aux deux autres qui bénéficiaient d’une pause de 60 secondes, tous les quarts d’heure. Durant cette pause, le second groupe devait écouter simplement un texte, et le troisième groupe devait mémoriser précisément le contenu du texte, supprimant ainsi toute possibilité d’errance mentale. Il a ensuite observé que l’errance mentale permet d’observer une très nette différence, non seulement sur les capacités attentionnelles, mais aussi en termes de gain d’énergie et de disponibilité.

Une nette différence d’attention entre deux groupes

La seconde étude, conduite auprès d’une soixantaine de salariés travaillant en open space, comportait une première session de 45 minutes, sans aucune pause, avec la réalisation d’un travail habituel. La seconde session de 45 minutes comportait deux pauses de 60 secondes tous les quarts d’heure, pendant lesquelles ils devaient écouter les mêmes textes que les étudiants , sans restitution. Le test neuropsychologique auquel ils ont été soumis ensuite ont objectivé une nette différence d’attention au travail entre les deux groupes de salariés.

Mes chers collègues, il est donc temps de faire une pause ! Et si, d’aventure, votre hiérarchie s’étonne de votre inactivité, faites lui prendre connaissance de cette étude. Mais attention, selon la formule consacrée, elle est à consommer avec modération...

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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