Le burnout dans la formation soignante

lundi 23 janvier 2017, par Mathilde Pallas

Dans le cadre de son travail de fin d’études en Master II de sciences de l’éducation, Mathilde Pallas réalisé un mémoire sur la place donnée au burnout et à la prévention contre ce syndrome dans les formations soignantes initiale et continue. Les étudiants interrogés se montrent concernés par le sujet mais sont assez réservés sur les processus de formation dédiés à la prévention qui existent aujourd’hui.

Le burnout, ou syndrome d’épuisement professionnel, du personnel soignant toucherait plus de 20% des IDE dès 5 ans de pratique. Il se caractérise par 3 dimensions : l’épuisement émotionnel, la dépersonnalisation, le cynisme et le sentiment de non accomplissement au travail.

Des étudiants concernés par le sujet

Les symptômes de cet épuisement sont polymorphes selon le degré d’atteinte et la victime elle-même (sa personnalité). Le dépistage en est d’autant plus difficile. L’étude que j’ai menée pour l’obtention de mon Master II visait à me rendre compte de la prévention faite en formation initiale et en formation professionnelle. Après des recherches documentaires, elle s’est poursuivie par un questionnaire adressé aux étudiants de troisième année à l’IFSI. Cette première étape a permis de mettre en avant que les étudiants se sentent concernés par le sujet et en attente de contenus théoriques et d’outils pratiques. Le sujet ne semble pas, selon eux, avoir une grande place dans les apports qui leur sont faits. En outre, un tiers d’entre eux déclare être ou avoir été victime de ce phénomène.

La prévention, un aveu de faiblesse pour certains soignants

Dans un second temps, je me suis interrogée sur la formation professionnelle de l’infirmière en libéral. J’ai donc interviewé deux infirmières qui exercent en libéral afin de connaitre leur expérience sur leur choix de formation et ce qui le justifie. Il apparait que les risques psycho-sociaux sont sous-représentés dans la formation professionnelle. Plusieurs causes ressortent de mon étude : d’une part les infirmiers privilégient les soins techniques car selon eux, il existe une pression grandissante concernant leur technicité. Ils ressentent le devoir d’être performants techniquement et parfois au détriment de formations plus « secondaires » dont ferait partie la prévention de l’épuisement professionnel. Par ailleurs, pour les deux personnes interrogées, avouer avoir besoin de ce genre de formation équivaut à faire l’aveu d’une certaine faiblesse et par conséquent ne plus avoir l’image de super héros qui est celle des soignants véhiculée par la société. Pour finir, le contenu des formations existantes sur le sujet ne leur parait pas adapté à leur pratique quotidienne.

Mettre en place des groupes de parole ou des outils ludiques pour répondre aux besoins

Cette étude a donc permis de mettre en lumière les besoins en enseignements théoriques et pratiques des étudiants infirmiers pour se prémunir de ce phénomène. Car il est plus facile de lutter contre quelque chose que l’on connait. Au niveau de la formation professionnelle, la mise en œuvre de formations plus ciblées serait un début de réponse. Encore faut-il que le soignant fasse la démarche volontaire de se former sur le sujet, pour se prémunir, trouver des pistes pour se faire aider, mais aussi pour aider un confrère en difficulté. Peut-être pourrions-nous envisager aussi la mise en place de groupes de parole, d’ateliers… des outils plus accessibles et plus ludiques pour répondre au besoin grandissant d’aller vite et d’être efficace qu’ont les soignants.

Mémoire de Mathilde Pallas (PDF)

Mathilde Pallas
Master II en sciences de l’éducation « Responsable d’évaluation de formation et d’encadrement » obtenu en septembre 2015.
mathilde.pallas@gmail.com


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