La pertinence des soins est l’affaire de tous

mercredi 6 décembre 2017, par Bruno Benque

Deux enquêtes commandées par la Fédération Hospitalière de France (FHF) sont très révélatrices des progrès que doivent faire les professionnels de Santé en matière de pertinence des soins et des actes médicaux. Si des disparités régionales importantes sont mises à jour sur ce thème, il convient sans doute d’en affiner l’analyse. Les français, quant à eux, se prononcent contre les actes inutiles et formulent des propositions pour y remédier.

La pertinence des soins et des actes médicaux est un critère majeur de la qualité de la prise en charge des patients et de l’économie de la Santé. La Fédération Hospitalière de France (FHF) en a fait, depuis quelques années, un de ses chevaux de bataille.

La FHF très active sur le champ de la pertinence des soins

En 2010 déjà, elle avait émis une série de propositions en faveur de la pertinence des actes médicaux et a continué dans cette optique en signant, en mai 2017, la charte d’engagement, en France, de la campagne internationale Choosing Wisely® / Choisir avec soin destiné à évaluer des prescriptions en termes de balance bénéfice/risque et de pertinence. Elle travaille également à la pertinence des actes, des activités et des structures avec la Fédération des spécialités médicales. Dans ce contexte, la FHF a publié, le 26 novembre 2017, deux nouvelles enquêtes, l’une auprès des soignants et des patients d’une part, l’autre pour évaluer les disparités régionales concernant la pertinence des actes médicaux.

Les français se prononcent contre les actes médicaux injustifiés

La première enquête, réalisée par Odoxa, montre que les usagers et les professionnels de santé, sont d’accord pour ne pas gaspiller les ressources de l’Assurance Maladie pour des actes inutiles. 77% des Français pensent en effet que lutter contre ces actes médicaux injustifiés constituerait un moyen efficace de faire faire des économies à notre système de santé. On apprend également que 34% des médecins estiment à 20% le nombre des actes et examens médicaux non justifiés. Pour améliorer la situation, 81% des français sont pour l’obligation d’un second avis avant la réalisation d’actes chirurgicaux lourds ainsi que pour la mise en place d’un service téléphonique de régulation des urgences. Ils souhaitent d’autre part, à 87%, que les hôpitaux rendent publics leurs résultats en matière de qualité et de pertinence des soins et pour la responsabilisation des patients et des professionnels de santé. Ils demandent enfin, en majorité, qu’une alternative à la tarification à l’acte soit trouvée.

Des disparités régionales importantes en pratique médicale

La seconde enquête mise à jour par la FHF est un atlas sur les variation de pratiques réalisé par HEVA. Elle objective des écarts majeurs entres régions sur la pratique médicale en 2016, concernant 5 actes : la césarienne, le pontage coronaire, la chirurgie du rachis, l’endoprothèse vasculaire et les interventions sur le cristallin. Les cartographies réalisées montrent que le recours à ces actes pour 100 000 habitants varie de façon très importante entre les régions.Ainsi, pour la chirurgie du rachis par exemple, le taux de recours en Ile de France est compris entre 102 et 128, alors qu’il varie de 177 à 192 en Bourgogne Franche-Comté. Pour la pose d’endoprothèse vasculaire sans infarctus du myocarde, la différence est significative entre la Bretagne, qui affiche un taux de recours entre 160 et 214, alors que l’Alsace Champagne Ardenne Lorraine montre un taux compris entre 272 et 353 !

Des données à analyser plus finement

Ces variations sont, on le constate, très importantes mais doivent faire l’objet d’analyses plus poussées. Il est de notoriété publique que les habitudes des français, leur hygiène de vie ou leur niveau socio-économique, qui sont en partie responsables de leur état de Santé, ne sont pas équivalents selon le territoire concerné. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles les moyens alloués aux établissements de Santé sont appelés à s’adapter à l’environnement régional et aux parcours de Santé des populations. Ceci étant posé, ces deux études montrent bien que la pertinence des soins et des actes médicaux doit être améliorée, afin que le système de Santé puisse être optimisé et gagner en qualité.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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