Interagir au niveau de l’Être pour améliorer la qualité de vie au travail

lundi 11 mars 2019, par Laurent Bouffiès

Des trois niveaux de conscience évoqués dans un article publié récemment dans nos colonnes, l’Être est le plus évolué. Il est fondé sur des valeurs universelles et agit comme le moteur de la réalisation de soi. Dans les établissements de Santé, interagir au niveau de l’Être entraîne des effets positifs multiples en termes de qualité de vie et de bien-être dans le travail, tant pour les soignants que pour les patients. Explications.

Dans un article précédent, nous abordions l’influence de la conscience de soi sur le bien-être et le savoir-être. Nous décrivions alors le Rôle, la Personne et l’Être comme les trois niveaux de conscience de soi. Le niveau le plus évolué, l’Être, est inclusif et empathique sans être émotif.

La réalisation de soi comme moteur du verbe Être

L’Être est le réalisateur intérieur de la Pleine Conscience. Son langage en nous est fondé sur des VALEURS UNIVERSELLES accessibles par le ressenti intime et intuitif. Il est à priori indépendant du TEMPS et de l’ESPACE, inconditionnel, moins relatif et plus proche de l’Absolu que les créations sociétales de rôle et de personne. Il est plus UN que quelqu’un, échappant à toute définition et tout cadre de référence sociétal. Son moteur est le verbe ÊTRE, il vit le PRÉSENT avec le moins d’à priori limitants possibles venant de la personne ou d’attitudes formatées issues des rôles. Sa motivation majeure n’est pas le résultat ou le désir personnel, mais bien plutôt la RÉALISATION DE SOI, individuelle et collective. L’Être s’affranchit de la loi d’action/réaction, étant pleinement lui-même capable d’adaptations créatives véritablement inusitées. Mais comment se manifeste-t-il chez les personnels soignants ?

Vivre au niveau de l’Être dans le cadre des établissements de santé

Chaque être humain est potentiellement capable de vivre la conscience de l’Être. Mais, en fonction de leur passé et de leurs traumatismes psychiques, de leur milieu familial et éducatif, beaucoup d’êtres humains ne font qu’effleurer cette dimension durant leur vie, passant le plus clair de leur temps comme des automates dans les rôles plus ou mois imposés par la société ou dans leur personne arbitraire, en réaction permanente à ce qu’elle « perçoit » de l’environnement extérieur.

Dans le secteur de la santé et de la prévention du burn-out en entreprise, entre autres, à des fins de qualité de vie véritable, il me semble très utile de partager de manière pédagogique ce triptyque ÊTRE-PERSONNE-RÔLE et ces prises de conscience simples et de bon sens au sujet du facteur humain. Le simple bon sens nous dit qu’une équipe soignante qui privilégierait d’interagir au niveau de l’Être, entre elle ou vis à vis des patients, devrait naturellement s’attendre à des effets positifs multiples en termes de qualité de vie et de bien-être dans le travail, pour ses membres comme pour les patients.

Un climat propice au dépassement de soi et à l’autonomie de l’esprit

Il nous a semblé inspirant de mettre en scène ce triptyque de manière implicite, symbolique et imagée sur le thème du verbe à l’infinitif, à travers la collection OK Posters Gallery. En effet, la focalisation sur des verbes choisis, moteurs d’action de l’humain auxquels chacun peu se relier, permet de se connecter au présent dans la dimension de l’Être et nous rend un acteur autonome et efficient de notre quotidien.

Une dynamique managériale basée sur le verbe, de par sa simplicité et son appel à l’intuition, se distingue de la notion de méthode et d’outils externes de management, à acquérir au préalable par apprentissage intellectuel. Dans un séminaire de 2 jours par exemple, axé sur le verbe, les acteurs d’une équipe vont pouvoir déterminer quels sont les verbes d’action principaux qui caractérisent leur mission professionnelle et analyser quels sont ceux sur lesquels il faudrait se concentrer plus particulièrement. Lorsque ensuite ces verbes sont présents de manière inspirante sur les murs, cela crée un climat propice au dépassement de soi et à l’autonomie d’esprit. Il est aussi possible d’imaginer des « parcours » de retour à la santé, dont ces images peuvent constituer le fil conducteur, du fait du choix des verbes appropriés.

L’acceptation du changement, une vertu à cultiver

Pour les patients et leurs familles, l’ambiance générée par ces images crée une opportunité de se relier et de nourrir des discussions à un plan plus essentiel, propice à des relations plus profondes et à la guérison psychique des uns et des autres. Si l’on fait référence aux 5 étapes du deuil découvertes par Elisabeth Kübler-Ross, les images de notre collection amènent à ressentir intuitivement la dimension de l’être en nous (indépendamment des rôles, soignant ou patient par exemple) qui est propice à nous rapprocher de la 5ème phase désirable, celle d’acceptation. Les êtres humains qui sont en lutte avec une maladie au pronostic vital n’ont plus le temps et l’énergie de soigner leurs rôles formatés ou leur personne arbitraire, ils cherchent parfois un climat de silence psychologique, propice à la redécouverte de la dimension de l’être intérieur qui seule pourrait les apaiser véritablement et leur permettre d’accepter vraiment la situation.

Sans parler de mort physique, chaque changement réel qui intervient dans notre vie, nous demande de faire le deuil d’un point de vue parfois très structurel, ou d’abandonner une croyance qui peut être très ancrée. Le CHANGEMENT peut donc, de cette manière, être assimilé à une mort. Ce qui signifie que, dans notre société en mutation permanente, nous devons faire de nombreux « deuils » et que la vertu d’acceptation chère à Elisabeth Kûbler-Ross est à cultiver impérativement. Ceci explique pourquoi, pour illustrer le verbe ACCUEILLIR, au sens profond du terme, nous avons choisi l’ouvrage architectural magnifique et intemporel qu’est le Taj Mahal, qui est aussi un tombeau, symbole de deuil. Bien sur, si l’on regarde l’image seulement avec sa tête (son mental de personne) on peut n’y voir qu’un tombeau. Mais si, comme le Petit Prince, on la regarde avec le cœur (centre de l’Être)... on y voit avant tout la beauté éternelle !

Laurent Bouffiès
Sociologue, coach professionnel
laurent@okposters.fr


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