1er Baromètre des enjeux RH : des difficultés à répondre aux attentes des professionnels

vendredi 7 octobre 2016, par Bruno Benque

Les Directeurs, DRH et DAM des établissements publics de santé affiliés à la FHF ont été conviés à répondre au 1er baromètre des enjeux RH. Si des réponses contradictoires se font jour quant au climat social dans les services, ce document relate assez fidèlement les ressentis glanés ici ou là sur les difficultés éprouvées par les acteurs RH à répondre aux attentes de professionnels non-médicaux très engagés.

La Fédération Hospitalière de France (FHF) a publié une étude réalisée auprès des Directeurs, Directeurs des Ressources Humaines (DRH) et Directeurs des Affaires Médicales (DAM) des établissements publics sanitaires, sociaux et médico-sociaux adhérents à la Fédération Hospitalière de France.

Faire entendre la voix des professionnels des ressources humaines

Celle-ci qui s’inscrit dans le cadre d’un baromètre visant à dresser un panorama des préoccupations des DRH et des DAM et des défis auxquels ils sont confrontés ou à identifier des mesures et propositions concrètes à destination des pouvoirs publics et pour faire évoluer le service aux adhérents de la FHF. « Il était important que la FHF puisse faire entendre la voix des professionnels des ressources humaines, objectiver leurs besoins voire leurs difficultés dans la période de réforme profonde que connaît l’hôpital, et de les faire entendre auprès des pouvoirs publics. L’hôpital prend soin de nous, il faut prendre soin des professionnels », a déclaré Frédéric Valletoux, Président de la FHF.

Des réponses contradictoires sur le champ du climat social

D’emblée, à la question « Comment décririez-vous le climat social de votre établissement ? », 73% des médecins et 77% du personnel non médical le trouvent plutôt bon, avec seulement 4% des premiers et 7% des seconds qui pensent que la situation va se dégrader. Ils annoncent pourtant, pour 36% d’entre eux, que les conditions de travail des non médicaux vont se dégrader, pour 44% qu’ils sont en situation de précarité sociale et pour 49% que les situations d’insécurité augmentent. voilà une contradiction qui pose question.

Des pratiques RH évoluant vers les problèmes médico-économiques et juridiques

Parmi les sujets sur lesquels ils se mobilisent en priorité, la maîtrise de la masse salariale, l’optimisation des organisations de travail ou les GHT sont mis en avant alors que parmi les principaux enjeux de la RH aujourd’hui figurent de plus, pour les sondés, l’attraction et la fidélisation des professionnels de santé, l’amélioration de la qualité de vie au travail ou l’accompagnement des réorganisations. Quant à l’évolution de leurs pratiques, elles sont motivées par les contraintes médico-économiques pour 92% des sondés, ainsi que par les risques juridiques ou ceux liés à la perte de compétences.

Les RPS considérés comme un risque potentiel sérieux

Sur le champ de l’évaluation des risques professionnels, si 63% des réponses témoignent d’un participation du corps médical, et si le Document unique est formalisé pour 73% d’entre eux, ils sont 68% à déclarer l’absence de tout conseiller en prévention et 44% des manquements quant aux fiches individuelles d’exposition au sein de leur établissement. Il semble, en fait, que la prévention des risques psycho-sociaux (RPS) passe aujourd’hui avant celle concernant tous les autres risques.84% des sondés déclarent en effet avoir mis en place une démarche d’évaluation sur ce thème. Dans leur structure, les RPS constituent à 43% une notion abordée sous l’angle de la qualité de vie au travail, mais à 31% comme un risque potentiel sérieux pour lequel des actions correctives sont menées le plus souvent.

Les horaires en 12h n’impacteraient que peu la santé des professionnels

L’aménagement des temps de travail est un thème bien sûr important pour les acteurs des RH. 64% des sondés affirment, dans ce baromètre, avoir mis en place des horaires en 12h, avec un impact positif pour l’organisation du travail (68%) et, contrairement à d’autres études, pas de changement significatif quant à la santé des professionnels (72%). D’autre part, une majorité d’entre eux a mis en œuvre, complètement ou partiellement, l’arrêté du 13 novembre 2013 relatif à l’organisation et à l’indemnisation de la continuité des soins et de la permanence pharmaceutique dans les établissements publics de santé et les établissements publics d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

Peu de moyens pour reconnaître l’engagement des professionnels

La plupart des sondés témoignent par ailleurs d’un engagement fort des professionnels envers leur métier (97%) ou envers leur institution (75%) mais 75% affirment avoir peu ou pas de moyens adaptés pour reconnaitre leur engagement. Les attentes des professionnels s’affirment sur le champ de la rémunération et des avantages sociaux (45%) et celui de l’équilibre entre vie professionnelle et privée (41%, 65% pour les moins de 35 ans). Les perspectives d’évolution prennent peu de place dans ces attentes (17%), ce qui pourrait s’expliquer par les difficultés budgétaires (77%) ou techniques (46%) que rencontrent les acteurs RH à mettre en place le protocole PPCR.

Mis à part quelques contradictions ou quelques tendances non cohérentes avec le ressenti de la majorité des soignants, ce baromètre montre une nouvelle fois la nécessité de donner les moyens aux acteurs des RH hospitalières pour améliorer les conditions de travail des personnels non-médicaux, en activant notamment le levier de la reconnaissance ou celui de la rémunération.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com


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