Tâches administratives : le besoin d’une meilleure intégration dans la pratique du soin

lundi 12 décembre 2022, par Audrey Parvais

Le ressenti face au fardeau administratif ne serait pas lié à une augmentation de ces activités d’écriture, mais plutôt à leur mauvaise intégration dans l’organisation des soins, selon une étude. Avec, toutefois, un point de vigilance sur le rapport à l’informatique, associé à un phénomène de déshumanisation des soins.

Avec le renforcement du droit des patients, acté notamment avec la loi Kouchner et l’exigence de traçabilité demandée aux établissements et professionnels de santé, le poids des tâches administratives liées aux soins se serait accru, alourdi par les impératifs consistant à réduire les durées d’hospitalisations. Depuis plusieurs années, les professionnels de santé sont ainsi nombreux à se plaindre de cet accroissement du travail d’écriture, qui les tiendrait à l’écart de leurs patients et engendrerait une perte de sens. Pourtant, ce n’est pas tant la charge qui aurait augmenté que son intégration dans le travail soignant qui manquerait d’efficacité et de sens. C’est du moins ce qu’il est ressorti d’un séminaire organisé par l’École supérieure des sciences économiques et commerciales et l’École polytechnique sur le sujet*.

Un temps d’écriture qui n’a en réalité pas beaucoup évolué

70% du travail infirmier relèverait du travail administratif, observe Mathias Waelli, directeur exécutif formation Management en santé, MCF à l’Université de Genève, qui liste 4 sortes de tâches administratives : travail de coordination, gestion des lits, transfert des soins et la création de connaissances pratiques. Celles-ci seraient invisibilisées par les infirmiers dans la description de leurs activités comme ne relevant pas du soin et considérées comme un réel fardeau. « En réalité, en 20 ans, le temps passé auprès des malades n’a pas changé », estime-t-il pourtant, jugeant que tout serait donc une question de perception.

Afin d’identifier les facteurs qui influencent ce ressenti, un programme de recherche baptisé Quarts (pour Qualité et reporting du travail de soins) a été lancé sur deux unités, l’une de réanimation et l’autre de gériatrie longue durée. Avec pour objectif de comparer les perceptions au travail réel effectué. Chacune des activités associées à du travail administratif a été chronométrée sur 3 jours. L’étude démontre que, en réanimation, « le travail administratif est un travail très intégré », constate Mathias Waelli. « La traçabilité, par exemple, est perçue comme du travail administratif mais jugée utile. Elle permet de dire que le soignant a bien fait son travail. » À noter que le travail d’écriture s’effectue au lit du patient, pendant l’acte de soin et permet de l’objectiver.

En revanche, au sein du service de gériatrie, cette activité se retrouve complètement déconnectée du soin, avec l’impression chez les professionnels « de ne faire que de la paperasse ». « Les résultats montrent que, selon le contexte de l’activité, le mode d’organisation du travail, ces activités peuvent être intégrées et considérées comme du soin », relève-t-il. La question de la perception de ces tâches administratives serait donc liée à l’organisation de travail.
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Audrey Parvais
Journaliste
audrey.parvais@gpsante.fr


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