Rapport de l’IGAS : quelles attentes pour quels enjeux ?

vendredi 14 janvier 2022, par Audrey Parvais

État des lieux de la pratique avancée, reconnaissance statutaire des IADE… Publié le 5 janvier, le rapport IGAS nourrit les attentes de la profession infirmière mais suscite également un certain nombre de questionnements quant à son évolution et sa place dans le système de santé.

Très attendu par la profession infirmière, infirmiers en pratique avancée (IPA) et infirmiers anesthésistes (IADE) en tête, le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), intitulé « Trajectoires pour de nouveaux partages de compétences entre professionnels de santé » et publié mercredi 5 janvier, soulève un certain nombre de problématiques liées à la coopération interprofessionnelle en santé. Si les premiers effets de l’instauration des protocoles de coopération font l’objet d’une analyse, c’est toutefois l’état des lieux de la pratique avancée (PA) qui interroge, avec comme corollaire la reconnaissance en son sein de l’exercice des IADE. Car sur ce point, les conclusions de la mission sont sans appel : Confrontée dès l’origine à de fortes oppositions, la PA infirmière n’a pas pu se développer à la hauteur des objectifs fixés, constate-t-elle dans sa synthèse. Un paradoxe, alors qu’elle note parallèlement un impact très positif de l’installation des premières IPA en matière de qualité de suivi et de soins des patients comme d’amélioration des conditions d’exercice des médecins impliqués.

Agir rapidement pour la PA

Cette situation, elle l’explique par plusieurs freins, à commencer par un modèle économique inadapté et sous-dimensionné, une dépendance au médecin dans l’accès direct au patient, qui contrarie son essor, et un manque de compréhension quant aux missions propres aux IPA. Et de pointer également du doigt la persistance de certains réflexes corporatistes, déjà à l’œuvre lors de la rédaction du décret actant la création de la PA, dans le cadre de la loi de modernisation du système de santé. Un constat partagé au sein de la profession. La mission de l’IGAS porte un regard lucide sur l’implantation des IPA et les difficultés qu’ils rencontrent, réagit Patrick Chamboredon, le président de l’Ordre National des Infirmiers. Nous avions demandé que le contrat soit plus souple, que l’adressage des patients puisse relever d’un accès direct… Mais l’arbitrage ne nous avait pas été favorable à l’époque. Et deux ans après [la mise en place effective de la PA en 2018], on se rend compte que les professionnels ne peuvent pas exercer. Nous partageons le constat de la mission sur les freins à l’implantation des IPA et l’analyse qu’elle en fait, abonde de son côté Tatiana Henriot, présidente de l’Union Nationale des Infirmiers en Pratique Avancée (UNIPA). Il y a actuellement un vrai problème de compréhension, notamment chez les médecins, qui nous perçoivent comme des concurrents. Alors que les médecins avec lesquels nous collaborons comprennent très bien notre plus-value ! Autant d’obstacles qui mettraient la profession en danger, 3 ans seulement après sa création.
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Audrey Parvais
Journaliste
audrey.parvais@gpsante.fr


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