Quatre nouveaux protocoles de coopération proposés aux paramédicaux à l’AP-HP

mardi 22 mars 2022, par Bruno Benque

L’AP-HP vient d’ouvrir quatre nouveau protocoles de coopération aux professionnels paramédicaux, ce qui porte leur nombre à six. Ces protocoles concernent notamment le repérage par échographie des veines et artères périphériques, l’adaptation des traitements AVK chez les patients anticoagulés, le suivi des enfants épileptiques ou la prise en charge des toxicités issues des médicaments anticancéreux.

La démographie médicale étant ce qu’elle est et les besoins des populations en termes de « cure » et de « care » ne cessant de s’accroître, les prérogatives des professionnels paramédicaux s’étendent inexorablement pour que la continuité de la prise en charge des patients puisse garder une certaine continuité.

L’AP-HP ouvre quatre nouveau protocoles de coopération locaux

Dans ce cadre, les protocoles de coopération destinés à favoriser les transferts d’activités et actes de soins qui répondent à des besoins de santé se développent. Ils permettent, dans un cadre formalisé, au niveau local ou national, de proposer aux professionnels paramédicaux de développer de nouvelles compétences tout en garantissant un haut niveau de sécurité et de qualité. Rappelons également que la mise en place de ces protocoles ouvre droit à une prime de 100€ bruts par mois pour les personnels délégués engagés.

Et c’est pour répondre à des besoins spécifiques que l’’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) vient de mettre en place quatre nouveaux protocoles de coopération locaux qui ont reçu un avis favorable de la commission des soins infirmiers, de rééducation et médico-techniques et de la commission médicale d’établissement de l’institution parisienne.

Des infirmiers impliqués dans le suivi des enfants épileptiques

Le premier de ces protocoles a pour intitulé le« suivi des enfants et adolescents atteints d’épilepsie par l’infirmier/l’infirmière, en complément de la consultation médicale ». Il concerne les infirmiers et infirmières ou puériculteurs et puéricultrices (IDEP) et les infirmiers et infirmières de pratique avancée (IPA) du domaine « pathologies chroniques stabilisées » qui assureront des consultations de suivi d’enfants atteints d’épilepsie, qui auront été vus au moins une fois par le médecin délégant.

Il s’agit d’améliorer la prise en charge de ces patients en diminuant les délais d’attente pour une consultation de suivi dans une structure de proximité afin de diminuer la survenue d’évènements aigus, éviter les passages aux urgences et réduire les hospitalisations, mais également de réaliser l’adaptation de la posologie des antiépileptiques, le renouvellement de prescription du traitement d’urgence et la prescription de certains traitements ou examens de biologie liés au suivi de l’enfant atteint d’épilepsie.

Délégation de suivi et prise en charge des toxicités issues des anticancéreux

Le protocole local de coopération de « suivi des patients traités par anticancéreux oraux (ACO) à domicile, délégation médicale de suivi et de prise en charge des toxicités » fait également partie des nouveaux protocoles signés par l’AP-HP, pour actualiser un protocole déjà autorisé par un arrêté régional de 2012 proposé aux infirmiers et pharmaciens par les professionnels délégants qui sont oncologues, hématologues, radiothérapeutes, voire spécialistes d’organes.

L’objectif global de ce protocole est de faciliter le parcours de soins et de sécuriser la prise du médicament afin de diminuer l’iatrogénie et les interactions médicamenteuses, améliorer l’observance aux traitements et la coordination ville-hôpital des professionnels de santé, mais aussi d’évaluer cliniquement et orienter le patient, de prescrire certains médicaments et examens de biologie, ou de gérer la reprise des traitements ACO discontinus notamment.

Adaptation du traitement AVK des patients sous anticoagulants

Le troisième protocole local de coopération de la série a pour thème la « surveillance et l’adaptation par l’infirmier du traitement anticoagulant de patients sous anti-vitamine K (AVK) », en présentiel ou en télésuivi. Les effets attendus de ce protocole sont l’amélioration de la surveillance des patients traités par anticoagulant pour optimiser l’observance du traitement et diminuer la morbi-mortalité, en prévenant les accidents thromboemboliques ou hémorragiques. L’infirmier pourra, dans ce cadre, ajuster le traitement anticoagulant, renouveler les ordonnances médicamenteuses et de biologie.

Des IDE et des MERM pour repérer par échoguidage les veines et les artères périphériques

Enfin, le dernier protocole local de coopération concerne l’« utilisation d’un échographe par l’IDE ou le Manipulateur d’Èlectroradiologie Médicale (MERM) pour le repérage par échoguidage des veines ou artères des membres supérieurs et inférieurs ». IDE, IPA, IPDE et MERM contribueront ainsi à l’amélioration de la prise en charge globale des patients ainsi qu’à la prévention du risque infectieux lié aux actes invasifs. Ils offriront également un meilleur confort au patient en diminuant la douleur procédurale (induite par des tentatives multiples) lors de la réalisation de prélèvements veineux et artériels ou de pose de dispositifs de perfusion.

L’AP-HP propose désormais aux personnels paramédicaux six protocoles de coopération locaux qui devraient sans doute améliorer l’attractivité de l’institution et fidéliser les agents déjà en poste. Rappelons enfin que l’ensemble de ces protocoles sont réservés à des professionnels certifiant déjà d’une expérience significative dans les différentes spécialités qu’ils couvrent.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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