Place à l’imagerie médicale équitable

vendredi 8 octobre 2021, par Bruno Benque

L’imagerie médicale française agit pour des pratiques écoresponsables et équitables. C’est en tout cas ce que ses représentants tenteront de communiquer lors des JFR 2021 qui se sont ouvertes ce 8 octobre 2021. Et il y a de quoi faire, entre le gaspillage des produits de contraste ou des matériels à usage unique, le tri des déchets ou l’économie circulaire. Quant à l’imagerie équitable, elle couvre notamment la continuité de la prise en charge radiologique pour tous.

La notion d’écoresponsabilité est très à la mode dans le domaine sanitaire, notamment dans les projets d’établissements hospitaliers. Et dans ce contexte, les sociétés savantes médicales se mettent au diapason, comme le fait la Société Française de Radiologie.

L’écoresponsabilité dans les pratiques radiologiques

Les Journées Francophones de Radiologie diagnostique et interventionnelle (JFR) qui viennent de s’ouvrir ce 8 octobre 2021 sont en effet consacrées à l’imagerie équitable, une tendance qui peut prendre plusieurs formes. Elle couvre en effet un champ assez large, puisqu’elle traite autant de l’égalité d’accès aux soins radiologiques que de l’écoresponsabilité ou que des atouts de l’innovation technologique pour des pratiques moins polluantes.

L’imagerie médicale équitable c’est tout d’abord la prise en charge radiologique des personnes les plus fragiles qui renoncent aux soins faute de moyens, la lutte contre les déserts médicaux ou une surveillance accrue de la sensibilité des femmes de plus de 45 ans aux maladies cardio-vasculaires. Sur le plan de l’écoresponsabilité, cela implique la valorisation de l’économie circulaire pour éviter les gaspillages, en particulier des matériels à usage unique, de la pollution numérique ou du tri des déchets.

Utiliser juste ce qui est nécessaire en produits de contraste

Les produits de contraste, très utiles pour déterminer les pathologies circulatoires ou tissulaires notamment, sont également dans le collimateur. Ainsi, le gadolinium, utilisé exclusivement pour ajouter du contraste dans les examens IRM, prend une forme instable très toxique lorsqu’il est rejeté dans la nature. Et l’on en consomme environ 1000 tonnes par an dans le monde. Des présentations d’éminents spécialistes donneront, durant ce congrès, quelques solutions pour éviter d’en gaspiller.

Le Pr Hélène Kovacsik, qui préside l’événement cette année, est à l’origine du choix de cette thématique, suite à l’observation des habitudes de travail de ses congénères qui, dans leur pratique quotidienne, ne semblent pas très sensibles à de tels problèmes. Elle dénonce ainsi les packs stériles qu’elle utilise en imagerie interventionnelle, qu’elle souhaiterait plus personnalisés selon l’examen pratiqué. Au CHU de Montpellier où elle exerce, ces problématiques sont prises en compte, de même que le tri des déchets qui représente, en plus d’être écologique, représente un retour sur investissement pour l’établissement.

Elle dénonce enfin l’importation de modalités d’imagerie lourde venues de Chine alors que les constructeurs européens sont parmi les meilleurs du monde. Comme quoi, chacun dans son domaine peut influer sur l’écologie et faire bénéficier aux générations futures d’une planète encore vivable et viable.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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