Nuit après nuit, l’hôpital perd des soignants

vendredi 27 mai 2022, par la Rédaction infirmiers.com avec AFP

Une charge de travail toujours plus lourde et des primes insuffisantes : l’hôpital public peine à trouver des volontaires pour les nuits de garde et la vie à contre-courant qui va avec.

Dans une lettre adressée aux deux candidats à la Présidentielle, dans l’entre deux tours, l’équipe soignante avait alerté sur ses difficultés. A la Pitié-Salpêtrière, dans un service dédié à la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (AVC), l’équipe de nuit ne compte plus que deux infirmières titulaires sur six. Les démissionnaires étaient là depuis 10 ans, 15 ans, confie Sophie Crozier, neurologue dans ce service de pointe.

Un cas loin d’être isolé : partout sur le territoire, des services d’urgences sont forcés de fermer quand la nuit tombe, faute de personnel suffisant. Et ce ne sont pas les seuls services menacés : On est censé avoir une équipe de nuit de 12 infirmières et infirmiers mais ils ne sont aujourd’hui plus que deux, détaille par exemple Jordan Le Solliec, infirmier dans le service d’immunologie clinique de l’hôpital Saint-Louis, à Paris (AP-HP). Après avoir travaillé de jour, il a rejoint l’équipe de nuit de janvier à avril, travaillant de 19h le soir à 07h du matin, trois journées par semaine. Par choix. Mais j’avais hâte que ça se termine, raconte-t-il. L’infirmier de 29 ans pointe du doigt la fatigue, les perturbations de la vie sociale, le manque de balades, de sport... Et la pression supplémentaire qu’il a parfois ressentie dans le service, avec seulement deux médecins de garde pour l’hôpital et un nombre de patients par infirmier plus important qu’en journée.

Plus d’autonomie la nuit

Si le travail de nuit a toujours été difficile, s’accordent à dire les soignants, certains trouvent malgré tout leur avantage dans une présence hiérarchique moins importante, synonyme de plus d’autonomie pour les infirmiers expérimentés. De plus, les petites plages de repos durant la nuit qui permettaient d’avoir suffisamment d’énergie pour une petite vie sociale la journée, pouvaient pour certains soignants compenser les difficultés du travail de nuit, note le sociologue Marc Loriol, membre de l’Idhes, laboratoire de recherche en sciences sociales.
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La Rédaction infirmiers.com avec AFP


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