Discussions autour des missions des médecins coordonnateurs

lundi 15 décembre 2014, par Bruno Benque

Selon Laurence Rossignol, les médecins coordonnateurs en EHPAD pourraient prescrire prochainement les médicaments des résidents, ce qui n’est pas du goût du corps médical. Sur fond de querelle entre les gestionnaires d’EHPAD et les médecins, la question devrait faire débat, à moins que la désertification médicale ne règle le problème à brève échéance.

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A l’occasion des 12èmes Assises nationales du médecin coordonnateur, qui se sont déroulées les 25 et 26 novembre 2014, Laurence Rossignol, secrétaire d’Etat à la famille et aux personnes âgées, a émis l’idée de donner pus de prérogatives à ces médecins salariés des EHPAD, notamment en leur donnant le droit de prescrire des médicaments aux résidents.

Des prescriptions en situation d’urgence ou de risques vitaux

La loi en vigueur leur permet de réaliser ces prescriptions en situation d’urgence ou de risques vitaux, l’essentiel des ordonnances étant établies par les médecins généralistes qui passent dans l’établissement pour consulter leurs patients. La Secrétaire d’Etat a argumenté sa déclaration en évoquant un taux de 53% de médecins coordonateurs favorables à cette disposition et en indiquant que cela pourrait faire partie des mesures de lutte contre la crise des vocations pour cette fonction. Le fait est que, si l’on en croit certaines enquêtes, ni les médecins coordonnateurs, ni les médecins généralistes ne vont dans son sens. Les uns prétextant que cela ne favorise pas la coordination des soins, les autres craignant de se voir ainsi rejetés des EHPAD.

Corps médical et gestionnaires une nouvelle fois en désaccord

Cette mesure semble toutefois relever de la limitation des coûts de prise en charge des résidents en EHPAD. Elle permettrait ainsi aux directions de restreindre le panel de médicaments susceptibles d’être prescrits et de favoriser, quand cela est possible, les génériques par exemple. Et, si l’on va plus loin dans le raisonnement, si les médecins généralistes sont moins présents dans les EHPAD, ils pratiqueraient moins de consultations, ce qui représente une charge, quoique minime, pour la société. Reste que les mécecins coordonnateurs sont avant tout des médecins, et que la prescription fait partie de leurs compétences. A l’heure où les infirmières cliniciennes ou celles aux pratiques avancées ont le droit de réaliser des ordonnances dans certaines conditions, notamment pour la prise en charge de pathologies chroniques, il semble tout à fait discutable que des médecins ne puissent pas satisfaire à cette mission.

Des médecins qui ne prescrivent pas, des infirmières qui prescrivent, les patients doivent avoir des difficultés, quelquefois, à s’y retrouver. Peut-être que Laurence Rossignol devrait prendre conseil auprès de son collègue Thierry Mandon, Secrétaire d’Etat à la simplification ! Quoi qu’il en soit, étant donné l’état de la démographie médicale, qui décline dans les campagnes, mais aussi dans les villes, comme le montrent les récentes études concernant l’Ile de France, nous aurons besoin bientôt de toutes les forces vives pour assurer un suivi thérapeutique cohérent des personnes âgées...et des autres.

Bruno Benque
Rédacteur en cher adjoint www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com


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