Les ingénieurs biomédicaux souhaitent s’intégrer à leur environnement

jeudi 7 septembre 2023, par Bruno Benque

Les 27ème Journées d’ingénierie biomédicales se tiendront du 27 au 29 septembre 2023 à Bordeaux. Nous avons rencontré, pour l’occasion, la Présidente de l’Association Française des Ingénieurs Biomédicaux (AFIB) pour une revue de l’actualité de ces professionnels indispensables à la bonne marche des établissements de Santé modernes. IL y est question de décloisonnement, d’écoresponsabilité, de RSE, mais également de qualité de vie au travail.

Les Journées de l’ingénierie biomédicale se dérouleront cette année dans votre ville de Bordeaux. J’imagine que cela est un confort pour vous, Présidente de l’AFIB ?

Valérie Moréno : C’est en effet un confort car, premièrement, il y a l’avantage de la proximité et, d’autre part, nous reconstituons l’équipe organisatrice qui avait œuvré pour la mise en place de ce même événement en 2021. C’est donc un plaisir de s’y remettre et de se retrouver, d’autant qu’elle comprend des ingénieurs biomédicaux (IBM) des secteurs public et privé, ce qui lui confère une grande richesse. Car même si nous exerçons le même métier, les modes de fonctionnement et les environnements sont très différents.

Qu’est-ce qui fait l’actualité des ingénieurs biomédicaux aujourd’hui ?

V.M. : La thématique récurrente pour tous les établissements de Santé, en matière d’équipement biomédical, est l’informatisation des processus et des problématiques inhérentes à la connexion des appareils. Les systèmes d’imagerie médicale, mais aussi les scanner d’anatomo-pathologie qui produisent des images numériques désormais, ou les dispositifs de bloc opératoire notamment sont tous connectés. Nous devons faire en sorte qu’ils soient reliés au réseau, interopérables et avons une responsabilité quant à l’assurance de la sécurité numérique de l’établissement. Les IBM doivent donc se former afin d’acquérir le langage et les bonnes pratiques dans ce contexte.

La Masterclass dédiée à cette thématique que vous aviez organisée lors des Journées 2022 avait d’ailleurs connu un franc succès. Quel sera le sujet principal de la Masterclass 2023 ?

V.M. : Nous allons traiter cette année du décloisonnement et l’agilité des IBM. Il s’agit d’inciter nos collègues à participer à des projets structurants au sein de leurs établissements et d’adapter leurs pratiques à leur environnement. Et l’une des thématiques phares dans cette évolution est la Santé écoresponsable. L’AFIB a d’ailleurs formé un groupe de travail Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) qui a réalisé une enquête auprès de nos collègues, via un questionnaire. Il s’agit de faire un état des lieux et d’identifier ce qui est déjà fait dans ce cadre. J’ajoute que nous aurons également, en session plénière internationale, deux retours d’expériences, l’un d’un IBM en zone de conflit, l’autre d’un IBM attaché à l’OTAN.

On entend parler ces derniers temps de difficultés d’approvisionnement de matières première qui ralentissent la fabrication et la livraison des appareils biomédicaux à cause du contexte géopolitique. Qu’en est-il dans les faits ?

V.M. : Ce problème existe en effet, mais pas pour toutes les spécialités ni pour toutes les marques. Cela dépend, en fait, de la situation géographique des sites de production. Il faut, par exemple attendre 6 à 8 mois pour obtenir certains échographes, et plus d’un an pour certains scanners. L’AFIB a également un groupe de travail sur ce thème, qui a identifié des cas de rupture dans l’approvisionnement des consommables captifs (tubulures connectées à un appareil biomédical, sondes endovasculaires, etc.).

Les Journées 2023 proposeront une session sur l’épuisement au travail des IBM. Les causes sont-elles les mêmes que pour les soignants ?

V.M. : Ce sujet a été identifié lors des Journées 2022 à Lille, où nous avions ressenti une souffrance, avec des gens qui venaient nous voir pour attirer notre attention sur la baisse de la qualité de vie au travail. C’est en fait un vrai sujet que nous essayons de traiter, les IBM managers se sentant en danger et ressentant une forme de pression qui n’existait pas auparavant. Les causes sont multiples, mais nous observons, comme pour les soignants, que les ressorts de créativité qui se sont manifestés lors de la crise sanitaire se sont estompés et que le retour au quotidien soit plus contraignant qu’avant le COVID. C’est en tout cas un sujet que nous allons explorer plus avant.

Pour finir, qu’attendez-vous des Journées d’ingénierie biomédicale de Bordeaux en 2023 ?

V.M. : Je souhaite que cet événement soit toujours aussi qualitatif et intéressant que les précédents. Le programme est riche et les moments de convivialité indispensables. Les cadres de santé sont bien entendu les bienvenus, le décloisonnement passe aussi par là...

Propos recueillis par Bruno Benque
Rédacteur en chef
www.cadredesante.com
bruno.benque@gpsante.fr
@bbenk34.


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