Les diététiciens appellent à la reconnaissance de leurs compétences

lundi 12 mars 2018, par Bruno Benque

Le métier de diététicien, profession de Santé depuis 2007, tarde à se faire reconnaitre, tant du grand public que des tutelles. Les actes de consultation ne sont pas conventionnés et la formation à cette profession est la dernière à ne pas avoir intégré le processus LMD. Pour l’AFDN, il fait en finir avec l’éducation du patient et la prévention à deux vitesses.

L’Association Nationale des Diététiciens Nutritionnistes (AFDN) a initié, le 1er février 2018, une conférence de presse afin de faire connaitre cette profession et sa position centrale dans la prévention en Santé et dans la prise en charge thérapeutique des patients.

Des compétences peu connues du grand public

Car les compétences et les activités de ces professionnels de Santé, reconnus comme tels depuis le Loi n° 2007-127 du 30 janvier 2007 relative à l’organisation de certaines professions de santé, sont encore mal connues. C’est d’ailleurs ce qui ressort des témoignages recueillis auprès du grand public et enregistrés dans un micro-trottoir dédié. Le but de cette conférence de presse était de montrer notamment que le diététicien est le seul professionnel paramédical expert en nutrition, tant en ville qu’en institutions.

Participation aux soins, prévention, éducation, rééducation

Le diététicien a une connaissance scientifique et technique de l’alimentation et ses processus physiologiques. Ses compétences mobilisent des savoirs dans les domaines de la biochimie, de la biologie, de la psychologie comportementale, de la physiologie, des régimes thérapeutiques. Il intervient en soins thérapeutiques en établissement de Santé, où il éduque ou rééduque le patient sur la manière de s’alimenter en fonction de sa pathologie et de son état de santé, dans les collectivités territoriales, où il contribue à l’évaluation et au contrôle de l’équilibre nutritionnel et de la qualité́ des repas, ainsi que dans l’industrie agro-alimentaire ou pharmaco-diététique où il participe au contrôle qualité et à la recherche appliquée.

La consultation diététique tarde à obtenir le conventionnement

Malgré sa mission de santé publique, la profession peine encore à faire reconnaître l’acte de soin diététique comme acte conventionné. Déjà, en 2011, la Haute Autorité de Santé avait inscrit le suivi diététique dans les parcours de soins de 11 maladies chroniques. Mais à ce jour, la consultation diététique n’est toujours pas prise en charge, ce qui a un impact délétère sur la prévention et entraîne une aggravation des pathologies. Les professionnels du secteur ont néanmoins reçu l’appui du Haut Conseil en Santé Publique qui, dans le cadre du PNNS 2017-2021, a plaidé en faveur de l’amélioration de la prise en charge financière des pathologies nutritionnelles.

La dernière formation de Santé hors du processus LMD

L’AFDN travaille également depuis plusieurs années à refondre la formation de diététicien pour la mettre en cohérence avec les besoins en santé et l’évolution des sciences de la nutrition. Malgré les accords de Bologne de 1999, malgré la réingénierie de la formation des professions paramédicales opérée en France depuis 2007 et malgré la rédaction en 2011 entre l’AFDN et le ministère de la Santé d’un nouveau référentiel d’activités et de compétences, la formation initiale au métier de diététicien n’a pas évolué et les programmes n’ont pas été modifiés, restant à un niveau Bac+2. La formation de diététicien est donc une des seules formations paramédicales en France à n’avoir pas été intégré au processus LMD, ce qui n’est pas le cas dans les autres pays de l’Union européenne.

En finir avec les processus de prévention à deux vitesses

Pourtant, l’association a participé à toutes les réunions sur la réforme de la formation initiale de la profession. Les contributions attendues ont été rendues. En novembre 2011, l’AFDN et le ministère en charge de la Santé ont rédigé un référentiel d’activités et de compétences de la profession. Le nouveau référentiel n’a pas été repris par le ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et la rédaction d’un référentiel de formation n’a pas été mise en œuvre.

Espérons que cette conférence de presse permettra à ces professionnels essentiels à la Santé publique d’avancer dans leur quête de reconnaissance afin que, notamment, la prévention nutritionnelle soit la même pour tous les citoyens et non pas pour ceux qui peuvent la financer, faite de prise en charge par l’Assurance maladie.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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