Les assistants de régulation médicale ont leur référentiel de formation

mercredi 12 juin 2019, par Bruno Benque

L’ensemble des acteurs évoluant dans le domaine des urgences médicales accorde une importance significative aux Assistants de régulation médicale dans l’organisation des services d’urgences. Mais pour que ces derniers apportent tout leur potentiel, un groupe de travail a œuvré pour établir un référentiel de compétences et de formation qui dispose du soutien du Ministère.

Alors que les services d’urgences sont en pleine crise, avec une grève touchant plus de 80 services, chacun y va de ses propositions pour tenter d’apporter des solutions à ce problème récurrent.

De l’importance de l’Assistant de Régulation Médicale aux urgences

C’est ainsi que la Ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn est intervenue lors du congrès annuel de la Société française de Médecine d’Urgence (SFMU), annonçant des mesures qui n’arrangeront certainement pas grand-chose à court terme. La Société savante a, quant à elle, mis l’accent dans son dossier de présentation du congrès sur l’importance de l’Assistant de Régulation Médicale (ARM) dans le parcours des patients aux urgences. Il est, selon les dires du Pr Christine Ammirati, Chef du pôle de médecine d’urgence au CHU d’Amiens et auteur d’un communiqué sur ce thème, est « le premier maillon de la chaine de prise en charge d’un appel d’urgence au SAMU-Centre 15 ». Mais pour qu’il puisse avoir une action efficace et pertinente, il doit faire l’objet d’une formation initiale solide. Celle-ci n’était, jusqu’en 2018, qu’une formation d’adaptation à l’emploi réglementaire pour les agents déjà en poste et recrutés, autant dire peu utile pour ces professionnels souvent expérimentés.

Une formation initiale espérée depuis longtemps par les professionnels du secteur

Mais aujourd’hui, la Société savante, ainsi que les syndicats professionnels et l’association Nationale des centres d’enseignements des soins d’urgence voient leur demande prise en compte par le Ministère de la Santé. L’ARM a pour missions essentielles de recevoir et participer au traitement des appels adressés aux SAMU – Centre 15, de mobiliser et suivre des moyens opérationnels nécessaires au traitement de la demande sur décision médicale, de prendre en charge des activités liées à la gestion administrative, la qualité, la sécurité et la vie du service ou de participer à la gestion des moyens lors de la mise en œuvre de dispositifs prévisionnels de secours, en situation dégradée et en situation sanitaire exceptionnelle. Cette définition des compétences nécessaires à ce métier très spécialisé confirme, s’il en était besoin, la nécessaire formalisation d’un référentiel de formation dédié.

C’est dans ce cadre que la DGOS a constitué un groupe de travail regroupant l’UNARM, la SFMU, l’ANCESU, SAMU-Urgences de France, l’AMUF (Association des Médecins Urgentistes de France), la FHF (Fédération Hospitalière de France), l’ANFH (Association Nationale de Formation Hospitalière) et les syndicats pour déterminer un référentiel de compétences et les modalités d’une formation initiale des ARM. Un référentiel scientifique avait déjà été proposé en 2016, dessinant les contours des quatre blocs de compétences qui sont établis aujourd’hui. La formation ainsi proposée dure un an soit 1470 h divisées en 735 h de théorie (21 semaines) et 725 h de pratique, avec la possibilité de créer des passerelles avec d’autres professions en formation continue.

Un cursus de formation déjà bien circonscrit

Le Bloc 1 a comme base le traitement d’un appel au SAMU-Centre 15 (10 semaines, 350h) et les interactions entre l’ARM et l’AMU dans la chaîne des soins, et définit les aspects « santé » de l’urgence médicale téléphonique et les aspects de communication. La mobilisation et le suivi des moyens opérationnels nécessaires au traitement de la demande sur décision médicale son au centre du Bloc 2 (4 semaines 140h). L’identification des services d’urgences, SMUR, réseaux de soins, réseaux ville –hôpital, transports sanitaires sapeurs-pompiers, etc. et de leur organisation sont ici enseignés, avec des stages pratiques dans ces structures pour mieux comprendre leurs missions.

L’enseignement du Bloc 3 concerne le traitement des informations liées à la régulation, à la qualité, à la sécurité et à la vie du service, complété par des modules sur les usages des logiciels métiers ou sur une sensibilisation à la qualité et sécurité des soins. Enfin, le Bloc 4 se concentre sur la gestion des moyens lors de la mise en œuvre de dispositifs prévisionnels de secours, en situation dégradée et en situation sanitaire exceptionnelle (70h, 15 jours). Le Pr Ammirati met en lumière ici l’efficacité des épisodes de régulation « déportée » sur le terrain en cas de pannes ou d’événements imprévus.

On parle souvent, depuis quelques années, de l’avènement de nouveaux métiers à l’interface du paramédical et du médical, du technologique ou de l’informatique. Si certaines idées qui ont émergé depuis semblent peu cohérentes, l’actualité nous conforte dans l’idée que l’ARM a toutes les chances de montrer sa pertinence. Nous espérons que la formation de ces professionnels sera mise en place dans un avenir proche afin de répondre aux effets pervers de l’affluence de patients dans les services d’urgences.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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