Le Baromètre des salaires de la santé est paru !

vendredi 20 mai 2016, par Bruno Benque

Avec la publication de son Baromètre des salaires de la Santé, l’Appel Médical nous éclaire sur les évolutions salariales de différentes filières de soins depuis 2010. Si les IDE sont de plus en plus nombreux sur le marché de l’emploi, ce qui devrait entrainer un fléchissement salarial, les préparateurs en pharmacie et les techniciens de laboratoire font l’objet de la plus forte progression en termes se rémunération. Pour les kinésithérapeutes, les disparités sont encore énormes entre les salariés et les libéraux.

« Même légère, la reprise économique qui se dessine en France ne saurait faire oublier les contraintes économiques qui continuent de peser sur les établissements de santé, qu’ils soient publics, privés ou associatifs. Face à des budgets sous pression, ces établissements doivent répondre à une demande de soin qui ne se dément pas année après année. »

Un contexte budgétaire hospitalier toujours aussi tendu

C’est par ces mots que Christophe Bougeard, directeur général de L’Appel Médical, qui vient de publier le baromètre des salaires de la santé, brosse l’environnement des professionnels de santé en 2016. Alors que les besoins de personnels qualifiés augmentent significativement dans le médico-social, « Face à des budgets sous pression, ces établissements doivent répondre à une demande de soin qui ne se dément pas année après année, poursuit-il. Les tensions vont demeurer fortes sur le marché de l’emploi médical et paramédical. Les établissements de santé sont donc dans l’obligation de continuer à attirer des talents – ne serait-ce que pour remplacer les départs à la retraite. » Sur le plan salarial, le baromètre Appel Médical montre que, sur les cinq dernières années, toutes les professions n’ont pas été logées à la même enseigne.

Les IDE se bousculent pour entrer sur le marché de l’emploi

En 2015, les IDE gagnent en moyenne 2 198 € bruts par mois, un salaire en hausse de 5,1 % par rapport à 2010. Mais leur nombre a augmenté de 12 % depuis 2012 et le chômage a progressé dans certaines régions de France, notamment en PACA. Cette tendance s’explique en partie par le recul des ouvertures d’EHPAD sous convention tripartite. Sur le champ des soins à domicile, la tendance est toutefois à la hausse, avec un peu plus de 100 000 IDE en libéral ou exercice mixte. La Cour des Comptes, dans son dernier rapport (septembre 2015), a d’ailleurs pointé une augmentation des dépenses de soins infirmiers justifiant, selon elle, la mise en œuvre d’un plan d’actions pour y remédier. Ce sujet, ainsi que celui de la répartition des effectifs libéraux sur le territoire, sera à suivre d’ici la fin de l’année 2016.

Des métiers auxilliaires en nette progression

En 2015, les 390 000 aides-soignants (AIS) gagnent en moyenne 1 717 € bruts par mois, un salaire en hausse de 5,2 % par rapport à 2010, contre 1 588 € pour les 18 000 auxiliaires de puériculture, en hausse de 5,4 %. Pour les uns comme pour les autres, on constate en revanche une pénurie de profils disponibles, en particulier dans le secteur des établissements pour personnes âgées dépendantes ou dans les établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE). Dans un pays à la population vieillissante et qui compte 800 000 naissances annuelles - 23 % des enfants de moins de 3 ans sont confiés au moins une fois par semaine à un EAJE -, une pénurie s’annonce, d’autant que ces métiers sont confrontés à une attractivité relative et une faible fidélisation.

Les fortes rémunérations des métiers à haute technicité

Les IADE et IBODE sont les paramédicaux les mieux rémunérés de l’hôpital. En 2015, un IADE gagnait en moyenne 3 718 €, stable sur cinq ans, et un IBODE 3 222 €, en hausse de 4,5 % par rapport à 2010. Pour cette fonction, le décret de janvier 2015 relatif aux actes relevant de la compétence exclusive des IBODE est une avancée et une reconnaissance pour la profession. Cela va stimuler les demandes de formation et augmenter la qualification du personnel dans les blocs. On constate d’ailleurs que dans certaines écoles, le nombre d’inscriptions au concours est déjà en hausse. La rémunération des préparateurs en pharmacie s’est, quant à elle, élevée à 1 967 €, en hausse de 12 % par rapport à 2010. Il s’agit de la plus forte hausse de salaire constatée dans l’édition 2016 du baromètre.

Des disparités toujours énormes entre les kinésithérapeutes salariés et libéraux

Le métier de Technicien de laboratoire, avec, en 2015, un salaire moyen de 1 949 €, en hausse de 8,9 % par rapport à 2010, affiche la deuxième plus forte hausse de salaire tous métiers confondus. Enfin, côté kinésithérapeutes, le salaire moyen se monte à 2 635 € brut mensuels en 2013, en hausse de 7,1 % par rapport à 2010, mais bien en deçà des revenus des 80% qui exercent en libéral. ces chiffres montrent globalement une hétérogénéité des revenus des personnels paramédicaux salariés, des différences motivées par la durée de la formation initiale ou la technicité, les variations dans le temps provenant de la concurrence entre les établissements recruteurs. Nous remarquons enfin que, même si le baromètre n’en fait pas état, il semble que le salaire moyen d’un cadre de santé soit sensiblement inférieur à celui d’un IADE, selon son échelon. Ce critère n’a pas une importance majeure, mais il joue sans doute sur l’attractivité du métier de cadre de santé.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com


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