La profession médicale intermédiaire est morte dans l’œuf

jeudi 26 novembre 2020, par Bruno Benque

La Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale a revue sa copie quant à la proposition de Loi instaurant la Profession Médicale Intermédiaire. Les députés ont semble-t-il entendu les avis des principaux intéressés et se tournent maintenant vers une extension des pratiques avancées et des protocoles de coopération. Une décision pleine de bon sens...

La création d’une Profession Médicale Intermédiaire (PMI), qui était sensée occuper l’espace entre les professions médicales à Bac +10, voire plus, et les professions paramédicales à Bac +3, a fait l’objet d’un nouveau débat par la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale.

Une profession intermédiaire rejetée par tous

Cette disposition, intégrée à l’Article 1er de la Proposition de loi nº 3470 visant à améliorer le système de santé par la confiance et la simplification, prévoyait de lancer une mission de réflexion menée par l’Ordre des médecins et l’Ordre des infirmiers, afin qu’ils fassent un état des lieux des possibilités de missions intermédiaires déjà existantes dans le cadre des protocoles de coopération. La méthode envisagée n’avait, on s’en souvient, pas rencontré un engouement significatif auprès des autres professons paramédicales et des cadres de santé, exclus, de fait, des discussions et, par là-même des futures négociations qui auraient été menées sur le sujet.

Un projet sensé être piloté par deux ordres antagonistes sur le sujet

Sur le champ médical, l’idée n’a pas non plus fait l’unanimité, loin de là. Les intersyndicales de praticiens hospitaliers (PH), la Conférence des doyens de facultés de médecine, de pharmacie, d’odontologie, des enseignants en maïeutique et celle des Présidents de CME de CHU contestaient la pertinence d’une telle initiative, demandant le retrait immédiat de l’article concerné. L’Ordre des médecins lui-même, pourtant concerné au premier chef pour mener la réflexion, déclinait l’invitation, préférant se concentrer, d’après la réponse qu’il a formulée, sur la mise en œuvre des pratiques avancées. Il s’agissait surtout de ne pas se mettre à dos l’ensemble de la communauté médicale, vent debout contre ce projet considéré par beaucoup comme une tentative de restriction des prérogatives des médecins.

Une refonte totale au profit d’une extension des pratiques avancées et des protocoles de coopération

La Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale a donc repris ses travaux sur ce thème, le 25 novembre 2020. Et il semble que les différents avis aient été entendus puisque le fameux Article 1er a tout simplement été retiré, du moins a-t-il fait l’objet d’une refonte en bonne et due forme. Il y est question désormais de faire une demande de rapport au Gouvernement qui « dresserait un état des lieux de l’exercice en pratique avancée et des protocoles de coopération. Il ferait des propositions permettant d’accélérer le déploiement de ces dispositifs, de les simplifier et de les améliorer, en particulier dans le double objectif d’un décloisonnement des professions de santé et d’un meilleur accès aux soins. » Voilà qui est plus conforme aux aspirations des uns et des autres et qui semble plus pertinent et plus rapide à mettre en œuvre qu’une réflexion pilotée par deux Ordres poursuivant des objectifs souvent opposés.

Et voilà qui répond également à la proposition que nous avions humblement formulée dans un précédent article publié dans nos colonnes. Mais ce n’est qu’une question de bon sens...

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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