L’innovation, fil rouge des 23èmes Journées d’ingénierie biomédicale

mercredi 12 septembre 2018, par Bruno Benque

Les 23èmes Journées d’Ingénierie biomédicale de l’AFIB se tiendront à La Rochelle du 3 au 5 octobre 2018. En amont de cet événement, nous avons rencontré le Président de cette association, Marc Pommier, dans lequel il nous éclaire sur les caractéristiques et missions des ingénieurs biomédicaux d’aujourd’hui, leur positionnement dans le contexte de GHT ou les relations de ces professionnels avec les autres acteurs de l’hôpital, cadres de santé et DSI notamment.

Cadredesante.com : Quelles sont aujourd’hui les données démographiques essentielles concernant les ingénieurs biomédicaux (IBM) ?

Marc Pommier : Nous sommes quelques 550 IBM exerçant en France, la plupart au sein des établissements publics. Dans certaines structures privées de taille moyenne, ce poste n’est pas pourvu. J’ajoute que sur les 550 ingénieurs biomédicaux, 380 sont adhérents à l’Association Française des Ingénieurs Biomédicaux (AFIB).

CDS.com : Quelles sont les domaines d’activité majeurs des IBM aujourd’hui ?

M.P. : Notre cœur de métier est très varié puisqu’il comprend l’achat des équipements biomédicaux, leur maintenance, les vigilances, la veille technologique et l’aide à la décision lors de l’acquisition d’un dispositif médical. C’est donc une mission passionnante qui est très évolutive car les progrès technologiques entrainent de nombreuses transformations des pratiques médicales.

CDS.com : Geneviève Gaschard considérait, dans un entretien qu’elle nous avait accordé l’année dernière, que les GHT représentaient une chance pour les IBM. Partagez-vous cet avis ?

M.P. : Tout à fait ! Les GHT entrainent une large réflexion des acteurs hospitaliers sur la modernisation des équipements et sur leur déploiement optimisé au sein d’un territoire. Ils permettent également à des IBM isolés de pouvoir intégrer une équipe et de mieux assurer une spécialisation technique dans leur établissement. Et si, dans certains cas, les GHT entrainent des restructurations, je n’ai pas eu vent de quelconque suppression de poste mais des requalifications comme la fonction de Directeur du département équipement.

CDS.com : Quel genre de relations les IBM entretiennent-ils avec les cadres de santé ?

M.P. : Nous avons des contacts fréquents, dans le cadre notamment des projets médico-soignants ou des améliorations architecturales, qui nous apportent beaucoup dans l’évaluation des besoins des services. Leur rôle est également primordial pour diffuser les grandes lignes des contraintes qualité, dans la mise en place des contrats sur les niveaux de prestation ou pour organiser les formations des personnels à l’utilisation des dispositifs médicaux.

CDS.com : Les appareils biomédicaux modernes ont tous une composante digitale et sont tous connectés. L’IBM est-il donc appelé à prendre un peu des prérogatives du Directeur des Systèmes d’Information (DSI) ?

M.P. : Je ne crois pas. Le DSI a une fonction plus globale d’organisation des systèmes d’information, il agit en transversal notamment pour la bureautique, le Dossier patient ou l’archivage des données. L’IBM a uniquement en charge les logiciels de fonctionnement des dispositifs médicaux et les moyens de connexion de ces derniers au réseau hospitalier.

CDS.com : Le congrès de l’AFIB ouvrira ses portes le 3 octobre 2018 à La Rochelle. Combien de participants attendez-vous ?

M.P. : Nous accueillons en général pour cet événement quelques 250 personnes, ce qui représente la moitié de la population des IBM en France. C’est dire s’il constitue un moment privilégié pour notre profession. Cette année, l’accent sera mis sur l’innovation avec, par exemple, des travaux sur la médecine prédictive en oncologie, l’exosquelette, les reports de l’activité chirurgicale vers l’imagerie interventionnelle ou la cybersécurité. Ce congrès marque chaque année un élan de tous les IBM, qui se mobilisent en nombre pour échanger sur leurs problématiques, se perfectionner dans leurs pratiques et retrouver les partenaires industriels qui engendrent l’innovation. C’est aujourd’hui un fort vecteur de communication de l’AFIB auprès de nos collègues.

Propos recueillis par Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
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@bbenk34


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