Grande conférence de Santé : les infirmiers attendent des évolutions

mercredi 10 février 2016, par Bruno Benque

Les organisations syndicales infirmières vont profiter des travaux de la Grande conférence de Santé pour faire valoir leurs revendications quant à l’élargissement des compétences de ces professionnels de santé. Mais le lobby médical ne semble pas l’entendre de cette oreille.

Alors que la Grande conférence de Santé a commencé ses travaux et se réunit le 12 février 2016, la communauté infirmière souhaite y prendre une part active afin de formaliser les missions de ces professionnels en lien avec leurs pratiques modernes.

Faire évoluer le décret d’actes infirmiers

Le Syndicat National des Professionnels Infirmiers, par la voix de son Secrétaire général Thierry Amouroux, regrette que le décret d’actes infirmiers n’ait pas été réactualisé depuis 2004, alors que les techniques médicales évoluent sans cesse, et la prise en soins s’est modifiée. « La loi autorise les infirmières à vacciner l’ensemble de la population », remarque-t-il dans un communiqué. Mais le décret d’application ne concerne que la grippe, et les personnes âgées ou les personnes atteintes de pathologies chroniques. « Là on nage en plein délire, s’insurge-t-il. Nous sommes compétents pour vacciner une personne fragile, mais surtout pas son entourage en bonne santé ! » Cet argument est imparable et est frappé du sceau de la logique.

Élargir le champ de la pratique infirmière avancée

Les attentes concernent également le champ de la pratique avancée infirmière. Le communiqué du SNPI rappelle que la nouvelle loi de santé prévoit, dans son article 119, et comme c’est déjà le cas dans 25 pays, la création en France du cadre légal de l’infirmière de pratique avancée (IPA). Mais il s’évertue à la mettre sur le même plan que les infirmières dites spécialisées (IADE, IBODE, Puer), ce qui n’est pas forcément du goût des premières qui justifient d’un cursus universitaire formalisé. Il souhaite néanmoins l’ouverture rapide de négociations pour constituer un référentiel de formation et un statut à ce nouveau métier. Et il verrait bien les IPA accueillir dans leurs rangs des infirmières dites “praticiennes” aux compétences élargies au diagnostic, à la prescription et à l’interprétation d’examens entre autres, comme c’est le cas quelquefois à l’étranger. Mais là ce n’est pas gagné du tout !

La patte du lobby médical

Car on imagine mal la communauté médicale laisser une part de ses prérogatives aux infirmiers, même aux compétences élargies. Sur le champ de la pratique vaccinale citée plus haut, on sent déjà la patte du lobby médical pour limiter l’intervention infirmière aux seules personnes âgées et fragilisées par des pathologies chroniques. Alors, peut-on imaginer des infirmières praticiennes pratiquer des diagnostics et des prescriptions sur ces mêmes populations ? On peut toujours rêver…du moins dans le contexte actuel.

Bruno Benque
Rédacteur en chef cadredesante.com


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