Fin de vie et directives anticipées : une mission pour les IPA ?

vendredi 5 février 2021, par Marine Bourgninaud

La loi Leonetti prévoit que chaque personne a le droit de rédiger ses directives anticipées (DA) afin que ses dernières volontés soient respectées. En 2016, la loi Leonetti-Claeys renforce la parole du patient en rendant les DA contraignantes : l’expression de la volonté du malade s’impose au médecin, sauf en cas d’urgence vitale. Peu de Français y ont eu recours, notamment par méconnaissance ou freins culturels. Afin de faire connaître cette pratique, les enjeux bio-psycho-sociaux des DA doivent être appréhendés avec le patient : l’infirmier de pratique avancée peut avoir un rôle central dans le déploiement des DA, voire l’émergence de la planification préalable de soins.

La fin de vie est une période anxiogène et inéluctable. Grâce aux lois sur le droit des malades et la fin de vie de 2005 et 2016, de nouvelles pratiques ont été encadrées en France pour que cette période puisse être coordonnée aussi bien pour les patients, leurs proches et les professionnels de santé. Quels dispositifs existent actuellement en France et quels sont les professionnels concernés ?

Que dit la loi sur les directives anticipées ?
La loi Leonetti du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, prévoit que toute personne majeure peut rédiger des directives anticipées pour le cas où elle serait un jour hors d’état d’exprimer sa volonté. Ces directives sont révocables à tout moment et peuvent être rédigées par une personne en bonne santé ou atteinte d’une maladie grave. Elles permettent à une personne d’exprimer ses volontés par écrit sur les décisions médicales à prendre lors de sa fin de vie, sur les traitements ou actes médicaux qui seront ou ne seront pas engagés, limités ou arrêtés. Dans la loi, il est indiqué que la personne peut parler des directives anticipées avec son médecin et/ou ses proches et qu’il est utile de les joindre à son Dossier Médical Partagé (DMP). Actuellement, les directives anticipées sont plutôt évoquées lors d’une consultation d’annonce, notamment en oncologie, mais également par l’équipe mobile de soins palliatifs. Un sondage réalisé en 2017 par l’IFOP a révélé que 42 % des Français ignorent l’existence des DA et que seuls 14 % d’entre eux y ont eu recours pour diverses raisons (procédure jugée complexe ou illégitime, refus de penser à sa propre fin de vie...). L’information permettrait aux personnes qui le souhaitent de rédiger leurs DA et ainsi faciliter la prise en charge de leur fin de vie. A part le médecin, auprès de quels professionnels de santé le patient pourrait-il s’informer sur cette pratique ?
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Marine Bourgninaud
Infirmière M. Sc.
Coordinatrice de parcours de santé
Etudiante en pratique avancée
Hôpital de la Pitié Salpêtrière


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