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CHS de Cadillac : une assemblée générale prévue le 8 janvier prochain

mardi 7 janvier 2014, par APM-International

Une assemblée générale sera organisée le 8 janvier 2014 au centre hospitalier spécialisé (CHS) de Cadillac, suite à l’agression d’une infirmière, le 31 décembre 2013, par un patient de l’unité pour malades difficiles (UMD) de l’établissement, a-t-on appris le 6 janvier de sources syndicales.

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L’intersyndicale FO, SUD, CGT et CFDT a donc décidé l’organisation de cette assemblée générale. « Nous verrons alors ce que nous mettrons en oeuvre en fonction des positions de chacun et de l’avis des agents », a expliqué lundi à l’APM Alain Martin, du syndicat FO. FO a déposé jeudi un préavis pour une grève illimitée à partir de mardi « par anticipation », a précisé le syndicaliste. Ainsi, si la grève est votée lors de l’assemblée générale de mercredi, elle pourra commencer aussitôt.

L’agression d’une infirmière par un patient a eu lieu dans la soirée du 31 décembre, dans l’unité « Ey » de l’UMD, ont confirmé le 6 janvier à l’APM les représentants des syndicats FO, SUD et CGT et le directeur du CHS, Jacques Laffore. Ce patient a frappé l’infirmière avec un pichet en métal. « Il en avait après cette infirmière depuis plusieurs jours. Il a pu être maîtrisé grâce à l’aide d’autres patients », a raconté Alain Martin, qui a été appelé dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier par un agent de l’UMD. Admise aux urgences du CHU de Bordeaux le soir même, l’infirmière agressée a pu quitter l’hôpital 24 heures plus tard, a indiqué à l’APM Jacques Laffore. Elle bénéficie d’un arrêt de travail de plus de trois mois. « J’ai exprimé à cette professionnelle remarquable tout mon soutien et ma sympathie », a assuré le directeur.

Dans un communiqué diffusé le 6 janvier 2014, l’agence régionale de santé (ARS) Aquitaine a précisé que le patient avait agressé en fait « deux personnels soignants, dont une infirmière plus gravement ». Le 3 janvier, dans l’après-midi, l’ARS a diligenté une mission d’inspection sur les lieux. « L’inspection s’est déroulée sur la base d’entretiens avec le directeur et les personnels de l’établissement. La démarche a été complétée par l’examen des documents retraçant l’organisation de l’établissement, les pratiques professionnelles et la prise en charge des patients », a indiqué le communiqué de l’ARS. L’équipe d’inspection n’a mis en évidence « aucune situation alarmante » mais noté « la très grande réactivité du personnel au décours de l’évènement, ce qui a permis de limiter la gravité de la situation », a ajouté l’agence. Outre la mise en place d’une cellule d’aide médico-psychologique, l’ARS Aquitaine a fait des recommandations à la direction de l’établissement « pour développer des espaces d’échange et de communication entre infirmiers et médecins et améliorer l’efficience de la surveillance au plus près des patients par la mise en place d’un BIP de détection des alertes ».

L’ARS communiquera à la direction « un rapport d’inspection définitif [...] auquel l’établissement sera appelé à apporter des réponses », a complété le communiqué.

Par ailleurs, une enquête interne a été menée le 6 janvier après-midi dans l’unité par le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l’établissement.

Les syndicats pointent le manque d’effectifs

Les syndicats joints par l’APM mettent en cause le manque d’effectifs associés à la féminisation des équipes dans les différentes unités fonctionnelles composant l’UMD. Le règlement intérieur des UMD impose un infirmier par tranche horaire pour six patients. Le service du CHS Cadillac, avec 18 patients et trois infirmiers, respecte cette réglementation. « En juillet 2012, pour des raisons d’économies, le nombre de patients dans les unités est passé de 19 à 18. Ce qui a permis à la direction de passer de quatre à trois infirmiers. Dans le courant de l’année 2013, nous avons rempli trois fiches d’événements indésirables sur les répercussions de cette décision sur la sécurité, la gestion de la violence et les animations. Nous n’avons eu aucune réponse, ni de la direction, ni du CHSCT », a affirmé Laurent Messier de SUD, syndicat qui ne siège pas au CHSCT. Par ailleurs, « ces normes ne sont pas adaptées à la réalité du terrain et à la gravité des patients », a estimé Laurent Laporte, de la CGT. « Nous sommes passés de 88 à 84 infirmiers, ce qui est plus que si nous avions réduit mécaniquement le nombre d’infirmiers en fonction du nombre de patients », a assuré le directeur. L’UMD du CHS compte quatre unités de 18 patients et une unité de 10 patients.

Les syndicats dénoncent aussi « le déséquilibre hommes-femmes » engendré dans les services par cette nouvelle organisation, qui aboutit à « des échanges hommes-femmes » entre unités de l’UMD, selon les termes de Laurent Messier, et « à des glissements de tâches des aides-soignants hommes », a également expliqué Alain Martin. « Nous faisons en sorte que le rapport hommes-femmes ne soit pas trop déséquilibré, mais nous devons faire avec le phénomène de féminisation des instituts de formation infirmiers », a estimé le directeur. Au moment de l’agression, trois infirmiers et un aide-soignant étaient présents dans l’unité, une femme et trois hommes, ont indiqué le représentant de FO et le directeur du CHS.

L’équipe de direction réfléchit maintenant à des mesures « qui seront affinées en fonction des éléments des enquêtes du CHSCT et de l’ARS », a précisé Jacques Laffore. A partir du mercredi 16 janvier, le système d’alerte sera modifié. « Aujourd’hui notre système d’alerte mobilise un soignant derrière un écran d’ordinateur. Demain, le système sera plus souple et permettra de rendre ce soignant plus disponible auprès des patients », a résumé le directeur. Des réflexions sur les matériaux utilisés dans l’UMD et l’organisation du travail sont également en cours.

Par ailleurs, Alain Martin a confirmé à l’APM l’information parue dans la presse locale samedi selon laquelle le patient agresseur avait été transféré dans une autre unité, où travaille comme aide-soignant le compagnon de l’infirmière blessée. « Nous avons proposé à cette personne de permuter avec un autre collègue et de ne pas rester dans cette unité. Elle a souhaité y rester », a expliqué le directeur.

L’Ordre infirmier pointe l’urgence « d’effectifs renforcés »

L’ordre national des infirmiers (ONI), dans un communiqué en date du 3 janvier au soir, a estimé que cette « agression d’une rare violence [...] relan[çait] le débat sur la sécurité des conditions d’exercice pour les professionnels de santé ».

Pour lui, cet événement « rappelle les difficultés des conditions d’exercice de la profession [infirmière], notamment en psychiatrie, et le besoin urgent d’effectifs renforcés sur de nombreux territoires ». L’instance plaide pour « que la prise en charge de la santé mentale, avec un focus particulier sur la question des personnels (normes, formation, etc.), soit mise au coeur du débat préparatoire à la stratégie nationale de santé afin que des dispositions législatives et réglementaires soient prises dans le courant 2014 ». Elle appelle notamment à « une considération particulière des 10 UMD ».

En septembre 2013, à la suite de plusieurs agressions de professionnels hospitaliers, le gouvernement avait annoncé des mesures, dont l’actualisation des conventions entre les établissements de santé et les services des forces de sécurité de l’Etat. L’ONI s’était notamment dit favorable à davantage de formation des soignants à la gestion de l’agressivité des patients .

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