Catherine Vautrin sur le terrain à peine nommée au ministère de la Santé

lundi 15 janvier 2024, par Bruno Benque

La nouvelle ministre de la Santé, issue de la droite conservatrice, hérite d’un ministère fourre-tout qui comprend le Travail et la Solidarité. Si ses prises de position passées sur l’avortement ou la fin de vie ne font pas l’unanimité au sein de la communauté soignante, elle a adopté tout de même une posture volontariste qui pourrait rassurer. D’autant plus qu’Agnès Pannier-Rusacher est pressentie pour l’épauler en tant que ministre déléguée.

Le Premier ministre Gabriel Attal a donc annoncé, le 11 janvier 2024, la composition de son premier Gouvernement, qui semble plus resserré que les précédents. Si resserré d’ailleurs que le ministère de la Santé est aussi celui du Travail et de la Solidarité.

Une nouvelle ministre de la Santé qui ne fait pas l’unanimité au sein de la communauté soignante

À la tête de ce nouveau ministère aux prérogatives très larges, il a nommé Catherine Vautrin, une femme politique issue de la droite conservatrice et qui a déjà occupé, entre 2004 et 2005, des fonctions ministérielles dans le Gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Autant dire qu’elle va susciter quelques doutes, voire quelque inquiétude, au sein de la communauté soignante, au vu de ses prises de position dans le débat sur l’avortement notamment, alors que ce sujet est pressenti pour figurer prochainement dans la constitution de la République française.

Des doutes quant à l’évolution du projet de Loi sur la fin de vie

L’évocation du combat de Simone Veil à l’occasion de sa prise de fonction le 12 janvier 2024 semble toutefois tempérer ses choix passés, puisqu’elle a qualifié les dispositions législatives relatives à l’avortement comme un « texte fondateur (qui) doit être gravé dans le marbre de notre Constitution ». Mais qu’en sera-t-il du projet de Loi sur la fin de vie, qui fait l’objet d’un débat parlementaire depuis quelques semaines ? Il est de notoriété publique que ce sujet est controversé chez les partisans de la droite conservatrice dont est issue la nouvelle ministre. Mais le Président de la République en a fait un thème majeur de ses combats à court terme ce qui devrait inciter la ministre à le suivre.

Une attitude résolument volontariste du Premier ministre sur le champ de la santé

S’il a créé un ministère qui s’apparente à un fourre-tout, le Premier ministre montre de l’engagement pour le système de Santé et pour l’hôpital en particulier puisque, en compagnie de sa ministre, il a réalisé, ce 14 janvier 2024, un déplacement au CHU de Dijon. Il y a rappelé que le Gouvernement prévoyait un investissement de 32 milliards d’euros pour l’hôpital, que la sortie du tout T2A était amorcée, de même que la coordination avec la ville. « Les soignants et l’hôpital sont un trésor national », a-t-il martelé à cette occasion. Catherine Vautrin, quant à elle, s’est montrée motivée pour prendre à bras le corps les problématiques liées au système de santé.

Une prochaine nomination pour un ministère délégué à la Santé ?

Cela n’est sans doute pas suffisant pour rassurer la communauté soignante, fortement dubitative devant l’instabilité que connaît ce ministère depuis l’avènement du président Macron. Alors, peut-être que la nomination possible - en tout cas pressentie – d’Agnès Pannier-Runacher à la tête d’un ministère délégué à la Santé sera plus convaincante. L’ancienne ministre de la Transition énergétique est connue pour avoir fait un passage par l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris, au sein de laquelle elle avait, durant la crise sanitaire, mené les négociations avec les laboratoires pharmaceutiques. Nous serons bien entendu attentifs aux évolutions qui enrichiront ce dossier dans les prochains jours.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@gpsante.fr
@bbenk34.


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