Amélioration de la QVT : l’UIPARM fait ses propositions

samedi 5 mai 2018, par Bruno Benque

Alors que les conditions de travail, dans les établissements de soins, sont de plus en plus tendues, les professionnels paramédicaux doivent aujourd’hui s’engager dans une réflexion pluridisciplinaire dans le but de les améliorer. Dans ce contexte, l’Union InterProfessionnelle des Professionnels de Rééducation et médico-techniques (UIPARM) a publié un Livret vert dans lequel elle développe quatre propositions sur les thèmes de l’attractivité, la pluridisciplinarité, la mobilité choisie et la formalisation de leurs nouvelles missions.

L’Union InterProfessionnelle des Professionnels de Rééducation et médico-techniques (UIPARM) a publié le 2 mai 2018, un Livret vert donnant sa vision des déterminants qui feront, dans un avenir proche, avancer la Qualité de Vie au Travail (QVT).

Quatre propositions pour favoriser la qualité de vie au travail en établissements de soins

Pour l’UIPARM, la pluridisciplinarité des métiers paramédicaux sera un des prérequis pour la QVT dans les structures de soins. Son livret vert édicte ainsi quatre propositions qui sont autant de projections innovantes dans un contexte quelque peu sclérosé. La QVT ne peut être atteinte que si des notions comme les risques psychosociaux, par exemple, se réduisent à la portion congrue. Ils sont, la plupart du temps en milieu professionnel, engendrés par des conditions d’emploi et des facteurs organisationnels et relationnels qui influent sur le fonctionnement mental. « Ce livret « vert » - et « vers » - « écologique » et « expérientiel » voire « espérientiel » - présente quatre propositions en vue de l’attractivité, la fidélisation par - et pour - la qualité de vie au travail. », annonce le communiqué de lancement de ce document diffusé par l’UIPARM. 

Attractivité de l’hôpital et pluridisciplinarité

Le premier item concerne les modalités de recrutement des personnels paramédicaux. Ils devront respecter, selon l’UIPARM, le concept de « double appétance-compétence ». Appétence par la création d’un lien, dès la formation initiale, entre les étudiants et les professionnels en poste afin que ces derniers fassent la promotion de leur métier ou de leur institution pour favoriser l’attractivité des établissements hospitaliers ou médico-sociaux pour ces professionnels en herbe. Double compétence, parce que les professions paramédicales sont devenues hyperspécialisées, mais que, paradoxalement, elles sont intimement liées les unes aux autres. L’UIPARM, qui rappelle que la mutualisation des compétences est un levier du management hospitalier, prône ainsi le recrutement des paramédicaux « sur la base d’un intérêt pour deux types d’activité – deux modalités techniques (ex : imagerie conventionnelle versus en coupe...), deux profils patients (ex : MCO versus SSR), deux secteurs de soins (spécialité médicale versus chirurgicale) ».

La mobilité choisie pour développer les compétences individuelles et collectives

Le développement des compétences collectives et individuelles par la formation, les démarches transversales et la recherche paramédicale entre autres, favorisent les pratiques dans des secteurs variés, à l’hôpital comme à la ville. Pour l’UIPARM, cela facilite la mobilité des professionnels, qui hésitent souvent à changer d’environnement pour diverses raisons. Elle préconise donc un accompagnement de ces professionnels dans ce qu’elle appelle une mobilité choisie afin d’inciter les acteurs libéraux notamment à revenir exercer à l’hôpital. Ils pourraient ainsi enrichir la collectivité de leur expérience et, en retour, bénéficier des progrès techniques ou organisationnels qui en font l’apanage. « L’hôpital doit être vecteur de richesse collective, d’organisation apprenante et de plaisir professionnel pour ses acteurs en mouvement », déclarent sur ce point les auteurs du Livret Vert.

De nouvelles missions qui doivent être coordonnées et valorisées

Cette vision prospective de l’évolution des métiers de la Santé ne pouvait pas s’abstenir de traiter les nouvelles missions qui ont, peu à peu, élargi le champ d’action des acteurs paramédicaux. Les coopérations, les pratiques avancées, l’éducation thérapeutique ou les missions transversales relatives aux vigilances sanitaires ou à la démarche qualité ont fait émerger de nouveaux métiers qu’il faut désormais organiser et coordonner. S’il s’agit, localement, d’une des missions dévolues au cadre de santé, l’hôpital se doit d’intervenir au niveau de l’établissement pour homogénéiser les actions et faire collaborer les acteurs. C’est la dernière disposition majeure proposée par le Livret vert qui souligne que « l’hôpital doit pouvoir valoriser les nouvelles missions des professionnels, par des reconnaissances institutionnelles et statutaires … (et) accompagner les engagements de ses acteurs, de leur agilité à s’adapter et à façonner les périmètres évolutifs de leurs métiers et participer à - induire - leur fidélisation en deçà et au delà des périmètres classiques de leurs professions. »

L’ensemble de ces propositions sont teintées d’optimisme - d’utopisme diront certains -, ce qui n’est pas de trop dans l’univers morose du système hospitalier tel qu’il est décrit souvent. Ce discours issu des secteurs de la rééducation et du médico-technique tranche en tout cas, une nouvelle fois, avec les déclarations souvent alarmistes des acteurs infirmiers. Question de culture sans doute…

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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