À l’approche des assises de la psychiatrie, la FHF dévoile ses propositions pour le secteur

vendredi 21 mai 2021, par Anne Perette-Ficaja

Les Assises de la psychiatrie devraient avoir lieu d’ici l’été. L’opportunité pour la Fédération Hospitalière de France, qui pilote un groupe d’experts dédié à la psychiatrie et à la santé mentale, de consacrer au secteur une Webconférence. Objectif : établir une cartographie du domaine et évoquer les perspectives que l’organisation préconise, tant sur le plan de l’économie de la santé que sur celui de l’organisation ou encore des enjeux auxquels répondre de manière concrète dès le début de l’année prochaine.

Couramment considérées comme le « parent pauvre » de la santé, la psychiatrie et la santé mentale souffrent de divers maux. Dans un atelier consacré le 19 mai au diagnostic et aux nécessaires évolutions du secteur, la Fédération Hospitalière de France en a dressé le bilan et exposé les axes d’amélioration qu’elle juge indispensables pour répondre aux besoins de santé et aux droits des patients. Des propositions qui trouvent leurs racines dans le travail mené depuis plus de deux ans par un groupe d’experts piloté par la FHF et dont les recommandations devraient être mises en oeuvre au début 2022.

La psychiatre en quelques chiffres
1 personne sur 4 est touchée par des troubles psychiatriques chaque année selon l’OMS
25 % des Français sont concernés par des troubles psychiques au cours de leur vie
En France, on compte 13 115 psychiatres en activité (soit 19 pour 100 000 habitants)
Les principales pathologies sont :
- la schizophrénie (1 à 2 % des adultes)
- la dépression (8 millions de Français)
- les troubles bipolaires (entre 1,2 et 5,5 % de la population)
- les troubles anxieux (1 femme sur 5 et 1 homme sur 10)
20 % des personnes touchées par le Covid-19 développent un trouble psychiatrique post-infection
(Sources : ATIH, DREES, IGAS, Ordre des médecins, SAE)

Des dysfonctionnements préexistants

En rendant les troubles psychiques plus prégnants et en accroissant les besoins, la crise sanitaire a créé les conditions d’un tournant décisif pour la psychiatrie, a relevé d’emblée Zaynab Riet, Déléguée générale de la FHF. Une accentuation, certes, mais les dysfonctionnements étaient bel et bien présents avant l’épidémie de Covid-19. Parmi eux, le financement de la psychiatrie publique, dont les dotations annuelles augmentent environ quatre fois moins rapidement que celles allouées au secteur privé à but lucratif alors qu’elle prend en charge 84 % de l’activité générale de la spécialité. Un écart qui se poursuit à l’heure actuelle et qui crée une psychiatrie à deux vitesses et creuse la sous-dotation déjà constatée, regrette Aurélien Sourdille, adjoint au Pôle finances de la Fédération.

Sur le plan des pathologies et en complément de celles classiquement observées, la prise en charge de plus en plus fréquente d’individus en situation d’« état-limite » complique le travail des équipes soignantes et requiert une mobilisation collective accrue. Défini par le Pr Jean-Louis Senon, psychiatre et Président du groupe de travail FHF, comme un fonctionnement situé entre la psychose et la normalité, l’état-limite se manifeste par des troubles comportementaux (intolérance à la frustration, difficultés d’insertion, instabilité...) et des difficultés relationnelles considérables. Il nécessite de restaurer, grâce à un travail de mise en mots, les repères perdus - et notamment celui de l’image parentale. Vient enfin l’attractivité de la profession, en berne depuis des années, et qui n’occupe aujourd’hui que la 40ème (sur 44) place du choix des internes après classement national (ECN).
Lire la suite dans www.infirmiers.com...

Anne Perette-Ficaja
Directrice des rédactions paramédicales
anne.perette-ficaja@gpsante.fr
@aperette


Partager cet article

Vous recrutez ?

Publiez vos annonces, et consultez la cvthèque du site EMPLOI Soignant : des milliers de profils de soignants partout en France.

En savoir plus