Réforme des études médicales : suppression de la PACES, et après ?

mardi 19 novembre 2019, par Bruno Benque

Alors que les textes législatifs viennent de valider la suppression de la PACES pour accéder aux études de Santé, un article publié par le Lab « Prospective des métiers » de LISA revient sur les évolutions à attendre de cette réforme. Il y est question de la régulation démographique des étudiants au niveau territorial, des pré-requis pour accéder à ces formations, ainsi que du coût vraisemblablement en hausse pour ces nouveaux cursus.

La Première Année Commune des Études de Santé (PACES), qui avait été créée en 2010 notamment pour élargir l’éventail des savoirs dispensés à l’entrée des études de médecine, n’est plus.

La PACES est supprimée neuf ans seulement après sa création

Le législateur, en lien avec les réformes en cours, et notamment le projet « Ma Santé 2022 », lui a tordu le cou le 4 novembre 2019, par le biais d’un Arrêté du 4 novembre 2019 relatif à l’accès aux formations de médecine, de pharmacie, d’odontologie et de maïeutique et de deux décrets, l’un portant sur l’accès aux formations dans leur globalité, l’autre portant sur l’accès à la première année spécifiquement. Dans le sillage de cette réforme, le numerus clausus, définissant le nombre d’étudiants susceptibles de passer cette première étape, au niveau national, tant décrié par certains pour son immobilisme, est également supprimé.

Valider au préalable un parcours santé spécifique

Pour les acteurs impliqués dans le Laboratoire d’Idées Santé Autonomie (LISA), et plus précisément ceux qui animent le Lab « Prospective des métiers », cette réforme simplifie la vie des étudiants et de leurs familles. Dans un article publié le 18 novembre 2019, ils remarquent qu’au sortir de Parcoursup, les étudiants doivent s’engager dans un cursus qui leur permette de valider un « parcours d’accès spécifiques santé ». Pour les auteurs, cette procédure ménage « une plus grande diversité disciplinaire que la PACES et une docimologie différente... On pourra entrer en deuxième année de médecine après une première année universitaire en santé ou une première année de licence d’économie, de droit, de biologie, de philosophie, etc. »

Des régulations démographiques territoriales

Mais l’évolution majeure de cette réforme consiste, comme nous l’avons évoqué plus haut, à la suppression du numerus clausus. Ce sont les universités et les Agences régionales de santé (ARS) qui évalueront le nombre d’étudiants à intégrer au sein de leur territoire, selon les besoins spécifiques de celui-ci. Cette nouvelle donne risque de créer des déséquilibres d’une région à l’autre, aucun cadre n’ayant été donné aux décideurs régionaux quant à l’évaluation des besoins. « Entre ceux qui craignent l’inflation des effectifs et ceux qui craignent la déflation, poursuit LISA, la réponse sera dans le dialogue raisonné et prospectif sur le territoire. Et il y a fort à faire en la matière pour documenter les évolutions de la démographie professionnelle sur le terrain. »

Des coûts de formations vraisemblablement en nette hausse

Le seul écueil à craindre de cette évolution est d’ordre économique. La PACES était réputée peu coûteuse, ramenée au nombre d’étudiants qui se présentaient en première année et à l’écrémage qui en résultait. Mais les nouvelles modalités d’accès aux études de Santé prédisent une augmentation significative du coût des études. LISA l’explique comme suit : « Si vous changez de modèle, si vous avez vocation à valoriser tous les parcours, qu’ils permettent d’accéder en deuxième année de médecine ou pas, si vous diversifiez l’enseignement ou les méthodes d’évaluation… alors il faut des moyens, non seulement des moyens de transition d’un système à l’autre mais des moyens pérennes. »

La France se doit d’assurer le financement de cette réforme, dans un secteur de la Santé qui utilise une partie importante de son budget et qui ne doit pas faire l’économie d’une formation de qualité pour ses professionnels. Comme le disent les auteurs LISA en fin d’article, « Bien plus qu’un coût, l’investissement dans la formation est un atout essentiel pour la régulation du système de santé. »

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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