Plusieurs débouchés proposés pour les formateurs et directeurs d’instituts de formations paramédicales

lundi 25 mars 2024, par Bruno Benque

L’IGÉSR et l’IGAS ont récemment publié un rapport qui fait le point sur le devenir des formateurs aux métiers paramédicaux dans un contexte d’universitarisation de ces formations. Ce document préconise notamment la création d’un statut bi-appartenant d’enseignant-chercheur pour les uns et propose plusieurs axes de réflexion pour les formateurs ou directeurs refusant le statut d’enseignant-chercheur. D’autres formes de statuts inspirés de l’enseignement supérieur sont également, le cas échéant, à créer. Mais il est certain que la dichotomie semble définitive entre les formateurs et les managers qui partagent encore l’appellation cadre de santé.

Dans le cadre des travaux relatifs à l’universitarisation des formations paramédicales, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche et le ministre de la Santé et la prévention ont demandé à l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) et à l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR) d’établir un état des lieux concernant les volets recherche et encadrement des formations paramédicales.

Un rapport fait le point sur le devenir des formateurs aux métiers paramédicaux

Ces deux institutions ainsi ont réalisé, suite à une enquête débutée en février 2023, un Rapport afin de formuler des préconisations sur les statuts des personnels encadrants des structures de formation et des enseignants-chercheurs. Ce travail couvre l’ensemble des professions paramédicales réglementées qui ont été réparties en trois groupes, les infirmiers diplômés d’État et les trois spécialités infirmières tout d’abord, les professions de la rééducation et de la réadaptation ensuite, et les professions médico-techniques parmi lesquelles les manipulateurs d’électroradiologie, les techniciens de laboratoire médical, enfin.

Création d’un statut bi-appartenant d’enseignant-chercheur

Parmi les diverses observations formulées dans ce document, les auteurs font des recommandations susceptibles d’améliorer l’attractivité du statut d’enseignant-chercheur et de favoriser la constitution d’un vivier par un accompagnement précoce. Ainsi, à partir d’une base légale spécifique pour les enseignants-chercheurs paramédicaux titulaires et non titulaires il propose d’ouvrir un statut bi-appartenant clinique attractif et mixte, hospitalier ou ambulatoire, de créer un statut d’enseignant clinique universitaire (ECU) à l’image des chefs de clinique universitaires ou de « faciliter les orientations précoces vers la poursuite d’un cursus master puis doctorat ».

Plusieurs axes de réflexion pour les formateurs ou directeurs refusant le statut d’enseignant-chercheur

Le rapport formule ensuite des recommandations pour accompagner la poursuite de l’universitarisation et favoriser l’indispensable complémentarité et le besoin de diversité des compétences par des réponses statutaires adaptées. Il préconise d’autre part la création d’un statut universitaire pour les directeurs d’instituts comme pour les formateurs, qui n’ont pas vocation à devenir enseignants-chercheurs. Dans cette optique, plusieurs axes de travail émergent, comme le recrutement, par voie de détachement, sur des contrats à durée indéterminée (CDI) répondant à la Loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) du Code de l’éducation. Cela permet aux présidents d’université de recruter des contractuels pour assurer des fonctions de recherche, d’enseignement ou d’enseignement et de recherche.

D’autres formes de statuts inspirés de l’enseignement supérieur à créer

Un autre débouché concerne l’ouverture de l’accès aux fonctions d’ingénieurs et personnels techniques de recherche et de formation (ITRF), un statut qui peut offrir « des perspectives intéressantes et cohérentes en termes de métiers et compétences », sur des missions couvrant l’ensemble des activités pédagogiques, administratives et de recherche des formateurs et des directeurs. Les rapporteurs indiquent cependant qu’il n’existe pas de branche d’activité professionnelle (BAP), ni de famille d’activité professionnelle ou d’emplois-type pouvant les accueillir, sauf à en créer une spécifique susceptible de « répondre aux besoins RH liés à l’universitarisation des formations paramédicales ».

Une dichotomie définitive entre les formateurs et les managers ?

Les derniers référentiels de compétence et pédagogiques édités en 1995 semblent résolument appartenir au passé. Les activités, les besoins ou les perspectives professionnelles des cadres de santé formateurs se situent désormais dans un environnement universitaire de plus en plus prégnant. Cette perspective semble définitivement affirmer la dichotomie séparant les fonctions pédagogique et managériale du métier de cadre de santé. Elle sera, à n’en pas douter, en première ligne lorsque les réflexions relatives l’élaboration des nouveaux référentiels débuteront, entérinant définitivement la création de deux filières distinctes.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@gpsante.fr
@bbenk34.


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