Obésité : ne pas galvauder le prérequis psychologique de la prise en charge

jeudi 3 mars 2022, par Bruno Benque

Les procédures endoscopiques mini-invasives élargissent la gamme d’options de traitement disponibles pour les patients atteints de la maladie chronique complexe de l’obésité. Alors que nous aborderons demain la Journée mondiale contre l’obésité, il est bon de rappeler que l’endoscopie bariatrique, comme la chirurgie du même nom, n’est qu’un outil complémentaire à l’adoption d’un mode de vie propice à la préservation de son corps et de sa Santé.

À la veille de la Journée mondiale contre l’obésité, nous souhaitions aborder ici ce fléau moderne et identifier les nouveaux processus de prise en charge des patients qui en sont atteints.

L’endoscopie, forme mini-invasive de la chirurgie bariatrique

Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 650 millions d’adultes et une proportion croissante d’enfants dans le monde souffrent d’obésité. La maladie est largement reconnue comme une pandémie et est associée à de nombreux cancers et troubles métaboliques tels que le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, l’hyperlipidémie, la stéatose hépatique, l’hypertension et l’ostéoporose.

Alors que les modifications du régime alimentaire et du mode de vie, les médicaments et la chirurgie bariatrique étaient les piliers traditionnels du traitement de l’obésité, la dernière décennie a vu l’émergence de plusieurs procédures utilisant l’endoscopie. « Les procédures endoscopiques comblent le fossé entre la médication et la chirurgie, précise le Dr Roberto Simons-Linares, Directeur des activités d’endoscopie bariatrique à la Cleveland Clinic, centre médical universitaire polyvalent à but non lucratif fondé en 1921 à Cleveland (Ohio – USA). En règle générale, plus l’approche est invasive, plus la perte de poids est importante. »

Une alternative pour les patients inéligibles ou non convaincus

À la base de la prise en charge de l’obésité chronique, viennent tout d’abord les médicaments et les modifications du mode de vie, qui peuvent ne pas fonctionner pour de nombreuses personnes. La forme la plus invasive de l’arsenal thérapeutique est bien entendu la chirurgie, qui est très efficace, mais pour laquelle tout le monde n’est pas éligible. Mais cette chirurgie bariatrique ne bénéficie pas à tous, soit par défaut d’accès à un centre reconnu, soit par choix personnel. C’est la raison pour laquelle les procédures endoscopiques, moins invasives, offrent d’importantes options de traitement supplémentaires pour l’obésité.

L’éligibilité à la chirurgie bariatrique est déterminée en examinant l’indice de masse corporelle (IMC) du patient ainsi que les éventuelles comorbidités liées au poids telles que l’hypertension artérielle ou le diabète. Pour être éligibles à la chirurgie bariatrique, les patients doivent avoir un IMC de 40 ou plus, ou un IMC de 35 et plus s’ils ont des comorbidités. « Les individus sont classés comme obèses lorsque leur IMC est de 30 ou plus, ce qui laisse de nombreux patients inéligibles à la chirurgie bariatrique, de sorte que les procédures endoscopiques offrent une alternative viable », poursuit le Dr Simons-Linares.

Procédures définitives ou temporaires

L’endoscopie bariatrique est réalisée en ambulatoire, selon trois procédures distinctes. La sleeve gastroplastie endoscopique, tout d’abord, donne un résultat équivalent à la sleeve chirirgicale, à savoir suturer l’estomac pour réduire sa taille à celle d’une banane, et se veut permanente. La pose d’un ballon intra-gastrique ensuite, permet d’occuper l’espace stomacal, ce qui induit la satiété. Il est utilisé pendant six mois, période au bout de laquelle il est retiré par endoscopie. Vient enfin l’introduction, par endoscopie, d’une tubulure d’aspiration aspiration, qui permet à un patient d’éliminer jusqu’à 30 % du contenu gastrique après un repas. Il peut être retiré après une perte de poids suffisante. Sans compter les procédures d’évaluation, voire de réparation de la poche gastrique ou de l’anastomose, dans les cas où un patient a pris du poids après une chirurgie bariatrique.

Le pré requis psychologique, base d’efficacité contre l’obésité chronique

Le Dr Simons-Linares assure évaluer l’état des patients en collaboration avec une équipe multidisciplinaire pour déterminer a stratégie thérapeutique des patients obèses chroniques et déterminer leur éligibilité, ainsi que pour déterminer la présence de comorbidités ou de troubles de l’alimentation, notamment. Car la base de tout traitement de ce type est bien le mode de vie, en premier lieu l’alimentation. « L’obésité est une maladie complexe avec de nombreuses formes et causes différentes, donc aucun traitement unique ne fonctionnera pour tout le monde et parfois une thérapie combinée est nécessaire, conclut le Dr Simons-Linares. Nous savons que de multiples facteurs génétiques, biologiques, développementaux, comportementaux et environnementaux contribuent à la prise de poids et au développement de l’obésité. »

C’est la raison pour laquelle cette Journée mondiale contre l’obésité sera l’occasion de voir intervenir des acteurs du monde de la psychologie, voire de la psychiatrie, qui sont les thérapeutes de première ligne pour ce type d’affection. Faire adopter aux patients un mode de vie plus en rapport avec leur santé corporelle, et au-delà, physiologique, est un prérequis à ne pas galvauder si l’on veut réussir dans cette entreprise. L’endoscopie bariatrique, comme la chirurgie éponyme, n’est qu’un outil d’accompagnement…

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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