Ma Santé 2022 : les principales annonces relatives à la formation

mercredi 19 septembre 2018, par Bruno Benque

La stratégie Ma Santé 2022 présentée le 18 septembre 2018 par le Président e la République comprend un volet important relatif à la formation des professionnels de Santé. Si l’accès aux études médicales fait l’objet d’une révolution, l’ensemble des mesures annoncées était attendu par la communauté des acteurs. Il était question d’information des futurs étudiants, de formations mettant l’accent sur l’interprofessionnalité, la simulation ou le tutorat. Quelques nouveautés sont également incluses dans ce document comme la prise en compte des enseignants-chercheurs paramédicaux ou la présence de patients experts dans les instituts.

Le Président de la République Emmanuel Macron a donc présenté, le 18 septembre 2018, sastratégie de transformation du système de Santé dénommé Ma Santé 2022.

Des mesures attendues sur tous les fronts su système de Santé

Des annonces ont ainsi été faites,attendues pour la plupart, avec pour objectifs principaux d’améliorer la qualité et la pertinence des soins, de renforcer l’organisation territoriale des prises en charge des patients, de revoir les modes de financement et de régulation des activités sanitaires ou de renforcer les usages numériques. Mais nous souhaitions faire un focus sur les mesures décidées sur le champ de la formation des professionnels de Santé. Même si la plupart d’entre elles sont orientées vers les cursus médicaux, c’est l’ensemble des formations qui devraient être impactées par quelques évolutions.

Des étudiants paramédicaux informés dès le lycée sur les métiers de la Santé

Depuis quelques années, et notamment depuis la suppression des concours d’entrée aux écoles paramédicales, les étudiants qui se présentent en première année n’ont souvent que peu d’informations sur le cursus qu’ils entament. Certains abandonnent même en cours d’année, convaincus qu’ils se sont trompés de filière. Ma Santé 2022 souhaite ainsi mieux informer et mieux orienter en amont les futurs étudiants sur les différentes filières de formation en santé et sur les métiers de la santé. Il s’agit de donner aux lycéens, dès la seconde dans le cadre de la loi sur l’orientation et la réussite des étudiants (loi ORE) et de ParcoursSup, les clés de ces métiers.

Une révolution concernant l’accès aux études de médecine

Le Ministère de la Santé souhaite également que les étudiants en santé, une fois leur formation commencée, soient informés sur la diversité des métiers et des modes d’exercice, s’aguerrissent dans des lieux de stage en dehors de l’hôpital afin qu’ils comprennent mieux les différents modes d’exercice, dans un objectif global de décloisonnement des professionnels de Santé. Dans le même ordre d’idées, la suppression du numerus clausus est acté pour l’accès à la formation médicale, remplacé par un cursus de licence « premier cycle » en trois ans, commun à toutes les formations médicales et assimilées. Le nombre d’étudiants admis sera lié aux capacités d’accueil de chaque université.

Une licence commune à l’ensemble des filières de Santé

Du côté des paramédicaux, Ma Santé 2022 envisage de renforcer l’universitarisation des professions de santé et de créer des licences communes aux filières médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie, kinésithérapie, médico-techniques ou rééducation, en commençant par des modules ou UE en commun. Les étudiants devraient être orientés au terme de chaque année de licence (L1, L2, L3) vers des filières métiers. Des passerelles entre les licences, basées sur les UE validées, sont également envisagées, le tout ayant comme but de renforcer l’interprofessionnalité pour créer une culture commune de travail en équipe et en réseau. Le projet de créer, pour aller plus loin, une licence commune, tant en formation initiale et continue, serait l’aboutissement de ce processus.

Les enseignants-chercheurs enfin pris en considération

La recherche est également évoquée dans ce document, avec un format pédagogique homogène pour les formateurs en Santé, la création d’un support professionnel permettant d’avoir une activité de recherche et de formation et la possibilité de conserver une activité de soins en parallèle. Le fossé qui s’est creusé ces dernières années entre les activités des cadres managers et formateurs notamment pourrait être comblé, à terme, par cette mesure. Et, comme le CEFIEC le demande depuis longtemps, la création d’une filière d’enseignants-chercheurs pour les professions de santé hors médecine est envisagée dans la réforme.

Compétences non techniques, tutorat et simulation

Enfin, sur le volet opérationnel des formations de Santé, les formats pédagogiques devraient être revus, incluant des compétences dites « non techniques » telles les approches relationnelles ou les prises en charges complexes, avec un accès généralisé à la simulation dès la formation initiale et la mise en place d’un tutorat personnalisé, opérationnel et obligatoire sur la totalité de la durée des études pour un suivi et un accompagnement des étudiants dans leur orientation et leur parcours professionnel. D’autre part, comme le souhaitait Stéphane Michaud dans une récente interview, les formations de santé et les évaluations des étudiants intègreront le point de vue et la perspective du patient, avec la présence de patients experts dans les structures pédagogiques.

L’ensemble de ces mesures semblent aller dans le sens de l’histoire et correspondent, pour la plupart, aux attentes des formateurs et des associations de professionnels de Santé. Elles préfigurent le vaste chantier qui attend les acteurs de la formation en Santé pour les rendre opérationnelles et pour les appliquer sur le terrain.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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