Les compétences informationnelles pour les paramédicaux (PART II)

mardi 13 juin 2017, par Christine Paillard

Les apprenants en santé doivent définir clairement leur besoin d’information et discerner les pistes méthodologiques les plus appropriées donner du sens à leurs savoirs. Mais une démarche documentaire constructive a notamment pour objectif de mettre en cohérence un ensemble de tâches destinées à développer des compétences rédactionnelles pertinentes.

Le guide sur la maîtrise d’information, édité par l’UNESCO, propose une description intéressante des enjeux informationnels dans la formation.

Une démarche documentaire paramédicale constructive

Des recommandations peuvent faciliter l’organisation documentaire et permettre de créer un parcours de confiance, de poser son cadre organisationnel, spatio-temporel, visant ainsi une autonomie documentaire. Cela permet de baliser son projet pédagogique comme un véritable parcours d’autoformation. Pour Nicole Tremblay [1], l’autoformation relève d’une « situation éducative (pédagogique ou andragogique) (...) favorable à la réalisation d’un projet pendant lequel la plus grande motivation d’une personne est d’acquérir des connaissances (savoir) et des habiletés (savoir-faire) ou de procéder à un changement durable en soi-même (savoir être). Pour ce faire, cette personne assume un contrôle prépondérant en regard d’une ou de plusieurs dimensions de son projet : contenu, objectifs, ressources, démarche et évaluation ». Pour Joffre Dumazedier [2], l’autoformation apparaît comme « un mode d’auto développement des connaissances et des compétences par le sujet social lui-même selon son rythme avec l’aide de ressources éducatives et de médiations sociales les plus choisies possibles ».

Les modes d’organisation bousculés par les progrès technologiques

La recherche documentaire implique bien un parcours métacognitif dont l’enjeu est de prendre conscience de ses besoins. Un cheminement est lié aux méta-compétences. Il se construit avec des outils techniques, en prenant en compte les questions organisationnelles, informationnelles, relationnelles. Rechercher des résultats d’études, des théories, des concepts, ne relève pas d’une simple utilisation de l’ordinateur mais suppose un apprentissage réflexif qui implique aussi des interactions constructives avec les bibliothécaires-documentalistes en santé. Comme le souligne Frédéric Haeuw [3], « l’irruption technologique bouscule les modes d’organisation antérieurs et peut être l’occasion de remises en cause parfois profondes des organisations ».

Mettre en cohérence un ensemble de tâches

Prendre conscience de ce contexte ne devrait pas être un obstacle. L’élaboration d’un tableau de bord permet de repérer les failles temporelles pour viser non pas la perfection d’une communication écrite, mais la mise en cohérence d’un ensemble de tâches au regard d’un développement intellectuel, dans une logique éditoriale. Reconnaître le besoin documentaire est la première étape de la mise en œuvre de cette motivation à valeur intrinsèque et extrinsèque. Selon Philippe Bernoux [4], parler de motivation revient à s’interroger autant sur l’organisation que sur les individus qui la composent : « l’individu va déterminer son comportement en fonction de ses intérêts par rapport à ce que l’entreprise peut lui offrir. Il va définir une stratégie pour arriver à ses fins. [...] Bien entendu, son comportement doit s’harmoniser avec celui du groupe, qu’il influencera aussi [...]  ».

Un besoin imperceptible pour développer des compétences rédactionnelles

Cette prise de conscience informationnelle invite l’étudiant-chercheur vers la découverte de lui-même mais aussi vers une transformation sociale certaine, dans la mesure où l’acquisition de savoirs implicites et la réalisation d’objectifs institutionnels conduisent à une évolution de son environnement professionnel et personnel. Les valeurs motivationnelles interviennent dans ce processus déterminé par de constantes évolutions. L’autonomie documentaire est encore une donnée invisible dans le champ pédagogique de la santé, mais bien réelle dans la qualité des publications scientifiques.

Pour aller plus loin

Christine Paillard. La recherche documentaire paramédicale. Noisy-le-grand : Setes éditions. 2014.

Christine Paillard
Documentaliste en IFSI
Présidente du SIDOC


[1TREMBLAY, Nicole Anne. L’autoformation pour apprendre autrement. Montréal : Presses de l’université de Montréal, 2003.

[2DUMAZEDIER Joffre. Aides à l’autoformation : un fait social d’aujourd’hui in : L’autoformation en chantiers, Education permanente n°122, 1997. Penser l’autoformation. Société d’aujourd’hui et pratiques d’autoformation. Lyon : chroniques sociales. 2002.

[3HAEUW Frédéric Technologies en formation et compétences des acteurs : adaptation ou transformation ? Revue Education permanente, n° 152, 2000.

[4BERNOUX, Philippe. La sociologie des organisations, initiation : Ed. Du Seuil Coll. Points, Inédit- Essais. 1985.


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